Disclaimer : l’éditeur a été très décevant dans sa gestion de ICE (v2, retard, communication…), je me concentre sur le gameplay d’Artica sur ce post.
Testé à Cannes cette année. Moins d’une heure de partie à 4, 15 minutes d’explications de règles.
Les principaux éléments et mécaniques
Les cartes
On dispose de deux rangées de cartes :
- A gauche : les gestations longues ;
- A droite : les gestations courtes.
L’anatomie des cartes est la suivante :
- Un emplacement, gauche ou droite, lié à la durée de gestation
- Un coût, qui se paye en cartes (on a vu des coûts qui vont de 1 à 8 cartes, que l’on défausse pour jouer la carte)
- Un effet de pose : toujours une reproduction + parfois autre chose
- Un effet activable
- Une reproduction
- Des points de fin de partie
Le plateau joueur
On dispose de deux roues crantées qui tournent ensemble et permettent d’accueillir les animaux en gestation. À la suite d’une reproduction (et de la pose d’une carte), un jeton lié à la famille est posé dans la roue, à l’emplacement le plus à gauche. (il y en a 5 : poisson, oiseaux, invertébré, mammifères marins et mammifères terrestres, je crois). Ce jeton va « naître » lorsque la roue aura tourné un certain nombre de fois : 5 pour la gestation longue, 3 pour la courte. La bonne nouvelle, c’est que les deux roues avancent en même temps, donc vous faites progresser toutes vos gestations en même temps.
À noter que la gestation longue accueille également la « production » de la seule ressource du jeu : la flore.
Le plateau action
Si vous zoomez comme des cochons sur la photo, vous verrez un plateau central avec 3 roues et six emplacements vierges formant ensemble une grille de 3x3.
Chaque roue dispose de 4 actions, parmi les suivantes (certaines sont uniques, d’autres présentes sur deux roues) :
- Reproduction : vous choisissez une des deux colonnes de carte et mettez en gestation (case libre la plus à gauche de la roue) l’espèce au dessus de la pile. Cette carte est ensuite placée à l’arrière de la pile.
- Activation : activez l’effet d’une carte d’une des deux colonnes, la carte est ensuite placée à l’arrière de la pile.
- Piocher des cartes
- Jouer une carte (en défaussant/payant des cartes donc)
- Mettre deux Flores en production
- Faire tourner sa roue
- Déplacer des animaux sur la banquise (c’est une piste centrale avec des petits bonus)
- Dépenser une Flore pour placer tous ses animaux d’une même famille sur le plateau (bonus/malus de placement ET bonus de connexion partagé entre les joueurs concernés).
La mécanique principale
À son tour, le joueur actif place un jeton action sur un emplacement disponible parmi les 6 (on fera ça 5 fois par manche, donc à la fin il ne reste que deux options, les jetons restant en place). Lorsqu’il place son jeton, il choisi UNE SEULE des deux roues connectées et la tourne d’un QUART de tour. C’est très important car c’est cela qui limite les options.
Le joueur actif peut faire les deux actions connectées, dans l’ordre de son choix.
Tous les autres joueurs réalisent une seule des deux actions. S’ils ne peuvent en faire aucune, ils piochent 1 carte.
Cette phase est simultanée, sauf en cas de pose de jetons sur le plateau (1 action sur les 12 quarts de roues).
Déroulement de la partie
On fait 4 manches, chaque joueur réalise en tout 25 actions : 10 en étant 5 fois le joueur actif, et 15 en étant le joueur passif (à 4).
À l’issue des manches on a un scoring de majorité et à la fin un scoring final (obvious).
Phase de fin de manche
- 1 segment de banquise fond (1 sixième), les animaux dessus sont morts.
- Scoring de majorité sur deux zones sur trois désignées en début de manche. Le scoring est de plus en plus généreux en points au fil des manches.
- Chaque joueur qui a des espèces en voie de disparition doit dépenser autant de Flores que d’espèces, s’il ne peut pas, il ne paye rien et sacrifie une carte en voie de disparition.
- Un évènement survient dans chaque zone qui a été scorée avant, modifiant les emplacements et retirant les animaux. Ils peuvent se réfugier sur la banquise si on paye de la Flore, sinon ils meurent.
Fin de partie
Toutes les zones sont scorées à la fin (majorité), on ajoute les points des cartes animaux jouées, 1 point par jeton animal né ou en gestation sur notre plateau joueur, Idem pour la Flore (1 point pour 2 Flores) et c’est fini.
Etat du développement
Les règles sont en réajustement constant sur des points de détails, mais le jeu tourne en l’état. L’auteur (qui a animé la table) a par exemple rendu la gestion de la Flore plus tendue récemment. L’automa n’est pas développé a priori, en tout cas pas présentable à Cannes.
A priori il ne reste qu’un peu d’équilibrage, l’ensemble est cohérent.
Ressenti après une partie
Positif
- Durée contenue pour une bonne dose de réflexion et d’optimisation : 1h à 4 avec le sentiment d’avoir bien réfléchi, tous les jeux ne proposent pas cette intensité
- Thème très bien représenté, les évènements sont par exemple des pétroliers échoués ou des usines de forage, etc… La banquise fond et c’est chiant, etc…
- La DA : c’est This Way, ils savent faire.
- La sélection d’actions très très intéressante, probablement ce que j’ai préféré, tu peux jouer sur ma contrainte des quarts de tour pour quasiment empêcher une action d’être sélectionnée plus tard par un autre joueur.
- Gameplay simultané dans la majorité des cas, ça déroule, tu décroches jamais
- Iconographie très lisible, ce que tu fais est clair, logique, et facile à assimiler (15 min de règles dans le contexte d’un dimanche à Cannes, c’est beau)
- Le jeu propose par mal d’options de jeu : le gagnant a peu joué sur les majorités, il a surtout posé des cartes par exemple.
- 160 cartes uniques c’est sympa
Questionnements
- Le jeu a beaucoup de promesses à explications des règles, mais finalement on accompli peu de choses. In fine avec 25 actions j’ai posé 6 cartes (l’auteur estime qu’un joueur habitué en pose entre 8 et 12, je le crois) et 3 jetons dans la zone centrale pour les majorités. Ça fait pas lourd

En réalité ça ne me choque pas plus que ça, ça donne envie de progresser. Mais il ne faut pas s’attendre à de la générosité.
- La tension sur la Flore est telle qu’on ne peut pas à la fois sauvegarder nos espèces menacées, sauver celles touchées par les évènements et en plus payer de la Flore pour en poser sur le plateau. Je comprends ce choix mais il peut rajouter de la frustration.
- Est-ce que l’auteur arrivera à finaliser son jeu avant le financement ? On a vu ce que ça a donné pour ICE (mais c’est pas un auteur maison cette fois-ci).
- C’est original aujourd’hui, est-ce que ça le sera encore quand ça sortira une fois financé ? Sortie prévue en octobre 2027 a priori.
En tout cas j’ai rarement joué à un jeu simultané avec la même intensité de réflexion (jamais en fait).