Débats autour de l'écologie, la science, la politique (et un peu de nos jeux dans tout ça)

Oui, c’est pour ça qu’ils disent « abouti à » : si une molécule est classée cancérogène avérée les amm des formulations sont un poil plus compliquées à obtenir.

Leur problème est que les tests réglementaires sont désormais inadaptés vis à vis de l’état de l’art en sciences environnementale / toxico.

Mais c’est assez bien reconnu. La mise en place de nouveaux tests réglementaires est plutôt bien financée. Mais faire tester les molécules avec leur mode de délivrance en première intention reste un enjeu.

Tu te tires une balle dans le pied, dans sa vidéo il présente des études qui ne sont pas considérées comme hyper exhaustives mais qui illustrent pour quasiment toutes une baisse des maladies et pathologies avec le bio.
Alors d’accord, c’est loin d’être complet mais ça démontre que c’est mieux. Parfait non, mais mieux.
Après ce que tu ne sembles pas piger (et je ne t’en veux pas), c’est que ça s’inscrit dans un tout la pratique du bio. Et je ne parle pas que de celle qui correspond aux normes européennes.
Il y a aussi les permaculteurs qui vendent leurs propres produits et qui se fixent des règles encore plus strictes.

Mais on a le droit de penser que l’agriculture conventionnelle c’est mieux. D’ailleurs il n’y a aucun débat sur la chute de la biodiversité, l’appauvrissement des sols, la baisse progressive des rendements et les risques pour la santé. On se demande même pourquoi on débat finalement.

4 « J'aime »

Il n’existe pas (encore) d’études démontrant clairement un impact positif de l’alimentation bio sur la santé humaine. C’est un peu normal : pour la neurodegeneration, les maladies cardiovasculaires, le diabète, le cancer … faudrait avoir des cohortes de personnes âgées de 40 à 60 piges. Donc rien de concluant mais en même temps on a pas les données donc…

Pour la biodiversité j’ai lu des trucs plutôt positif, mais au delà du « bio » en tant que label il existe des approches efficaces (conservation des sols, approches physiques plus que chimiques, haies, etc) qui ont un impact très positif même en « conventionnel ».

Par contre le pinard « haute valeur environnementale » c’est du pipeautron.

Ce label à la con touche bien d’autres produits hélas.

1 « J'aime »

Oui et il y a plein de facteurs de confusions dans les études ! Donc on ne peut pas conclure, il y a une présomption de lien, mais le lien n’est pas clairement étable !

C’est pas ce que je dis, je dis que le débat est loin d’être aussi trivial et manichéen. C’est pas la méchante agriculture conventionnelle vs le gentil bio. Il y a un réel débat scientifique agriculture extensive (bio & co) vs intensive, l’agriculture extensive ayant l’inconvenant d’utiliser plus de surfaces et resources à iso production.

D’ailleurs tu n’as toujours pas regardé l’article de OWiD que j’ai cité plus haut qui montre que d’un point de vue environnemental le bio n’apporte pas forcément grand chose.

On en parle de la bouillie bordelaise, pesticides utilisé en bio (et d’ailleurs le lobby bio milite pour pas trop abaisser les seuils d’utilisation de sulfate de cuivre, mais pas grave, c’est un gentil bio, et comme c’est naturel c’est une bonne manière de détruire les sols) ?

En effet. Et fun fact, l’ACS nécessite de manière générale du glyphosate, et pourtant présente des sols de meilleur qualité que le bio !

Source par exemple (sur presque tous les critères regardés l’ACS fait mieux) :

Fourteen years of evidence for positive effects of conservation agriculture and organic farming on soil life

1 « J'aime »

Conventional agriculture strongly alters soil quality due to industrial practices that often have negative effects on soil life. Alternative systems such as conservation agriculture and organic farming could restore better conditions for soil organisms. […]
Overall, our study shows that long-term, no-tillage, and cover crops are better for soil biota than periodic legume green manures, pesticides, and mineral fertilizers.

C’est ta source qui le dit.

Ah bah tiens, tout à coup, c’est plus aussi tranché qu’avant.

Mais on utilise déjà beaucoup trop de terres agricoles qu’on devrait laisser vierges de toute culture :

En France, les pertes et gaspillages alimentaires représentent 10 millions de tonnes de produits par an
Gaspillage alimentaire | Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires

C’est quoi l’idée donc ? On utilise encore plus de produits chimiques pour produire encore plus ?

Vraie question maintenant : tu as déjà croisé combien de terres en jachère depuis un an ?
( https://www.fnsea.fr/communiques-de-presse/derogation-sur-lutilisation-des-jacheres-la-fnsea-appelle-la-commission-europeenne-a-la-raison/)
Tu vois beaucoup de haies dans les grandes régions céréalières détenues par des grands groupes ou de grands propriétaires ?
Ne pourrait-on pas produire moins mais mieux ? Et si oui, est-ce que ça n’est pas contradictoire avec l’idée même d’agriculture intensive ?

1 « J'aime »

M’enfin c’est exactement mon point que l’avantage du bio n’est pas tranché !

Et l’agriculture extensive empirerait la situation :man_shrugging:

Les produits utilisés en bio sont aussi des produits chimiques… La distinction c’est naturel / synthétique. Moi perso je suis pour diminuer l’usage d’intrants au maximum, mais la distinction naturel / synthétique n’est pas un critère pertinent d’un point de vue scientifique. Une molécule est exactement la même qu’elle soit naturelle ou synthétisée à moins de croire à de la magie du genre mémoire de l’eau.

Bah y’a un moment faut nourrir toute la population quand même.

Non, parce que dans tous les cas, à iso production, l’agriculture intensive utilise moins de surfaces / resources. Si on baisse la consommation, on rendra d’autant plus de surfaces à la nature qu’on a une agriculture intensive.

3 « J'aime »

La déspécialisation des régions pourrait déjà permettre d’avoir des circuits courts (mais pertes de rendement quasi obligatoires), donc un impact moindre de la partie transport. Il y a beaucoup d’approches en plus de la question des intrants qui sont à mettre dans la balance.

1 « J'aime »

L’impact du transport est faible : You want to reduce the carbon footprint of your food? Focus on what you eat, not whether your food is local - Our World in Data

1 « J'aime »

C’est réducteur. Les intrants ne sont pas le seul problème de cette agriculture intensive.
Le fait de manger local redynamise aussi l’emploi et le travail sur ton territoire, diminue les intermédiaires et la financiarisation de l’agriculture qui est un autre problème à l’heure actuelle.

2 « J'aime »

De mon point de vue, tu mélanges différentes notions.

La culture intensive n’est pas synonyme d’agriculture conventionnelle (même si elle y est souvent liée). Il est tout à fait possible de faire de l’intensif en bio. Par contre, les agriculteurs qui passent en bio par conviction accompagne ce changement par une désintensification (ou ne faisait pas de culture intensive). Mais tous les agriculteurs ne passent pas en bio par conviction.
Et agriculture bio n’est pas synonyme d’absence de traitement chimique (sauf pour les herbicides qui eux sont tous interdits - même naturels- en agriculture bio).

2 « J'aime »

On ne cultive pas non plus de la même façon selon les pays, ce qui joue aussi.

Tiens, je viens de tomber sur ça : https://geneticliteracyproject.org/2024/04/02/mexico-indefinitely-suspends-2024-glyphosate-ban-saying-it-would-compromise-agricultural-productivity

Le Mexique revoit sa décision d’interdire le glyphosate vu que ça remettrait en cause sa sécurité alimentaire, faute d’alternative :man_shrugging:

1 « J'aime »

Encore une décision politique pleine de courage.
Sachant qu’on ne sait pas quelles « alternatives » ont été étudiées.

In February 2023, Mexico announced an extension of its deadline to ban glyphosate until March 31, 2024, due to the unavailability of alternatives for agriculture. Additionally, the country plans to ban genetically modified (GM) corn for human consumption and aims to gradually eliminate its use in animal feed or industrial processes to safeguard local corn varieties. This decision has sparked a conflict with the United States, which contends that the ban breaches the market access provisions of the United States-Mexico-Canada Agreement (USMCA). In response, the U.S. has sought the formation of a USMCA dispute settlement panel to resolve the matter, highlighting the significance of Mexico as a major importer of U.S. GM corn. This development is part of Mexico’s broader initiative to prohibit glyphosate and genetically modified crops, an effort that has previously encountered legal obstacles.

:rofl: :rofl:

2 « J'aime »

Je dirais : faute d’avoir opté pour une autre alternative … Parce qu’en fait elles existent. Faut juste accepter de revoir son modèle et d’aller contre qq groupes/idées/principes bien établis.

5 « J'aime »