L’IA dans la traduction des jeux : rédhibitoire ou acceptable sous conditions?

Pour faire echo à un autre sujet (sur l’illustration), j’aimerai avoir l’avis des cwowdiens sur une question proche, mais distincte… Pour voir si la « nature » de l’usage de l’IA change la donne… Car on entend beaucoup de débats pour l’illustration, mais beaucoup moins sur la traduction…

Un rapide sondage pour commencer, est-ce que vous acheteriez un jeu édité qui ferait un usage de l’IA :

  • NON pour la traduction, et NON pour l’illustration
  • OUI pour la traduction, mais NON pour l’illustration
  • OUI pour la traduction, et OUI pour l’illustration
0 votant

N’hésitez pas à commenter et partager vos avis ! :slight_smile:

1 « J'aime »

Je supose que la question est dans le milieu profesionnel ?
du coup la réponse est NON, simplement, car son utilisation ne doit pas s’étendre à une utilisation profesionnel et remplacer des personnes. Pourquoi ? pas seulement pour préserver des emploies, mais surtout pour éviter la merdification. Le fait de tout automatiser, utiliser l’IA rends l’industrie paresseuse.

Est ce que l’IA peux le faire à ma place ? oui, sûrement
est ce qu’elle le fait bien ? je ne sais pas, je la laisse faire

→ risque de laissé aller, laissé passer des erreurs, pas/peu de vérification, que ce soit pour l’illustration ou la correction ou tout autre tâche. Elle va rendre un travail correct, qui semble correct, mais sans jamais réélement réflechir, faire le tour de la question, voir des incohérences etc…

Pour une utilisation perso, qui n’utilise pas déjà des traducteurs automatique ? :slight_smile:

4 « J'aime »

Oui, je confirme que la question porte pour un usage professionnel, et plus précisément dans l’édition des jeux de société.

NON pour la traduction, c’est même pas discutable vu le carnage sur certains jeux
OUI pour l’illustration SI :

  1. un humain repassse derrière pour vérifier/retoucher/améliorer (quasi invérifiable) - c’est un gain de temps, je comprends
  2. un prix final du jeu diminué (invérifiable également évidemment)

Je prends pour exemple ce jeu, qui me semble vérifier mes 2 conditions (et je l’ai backé au passage) : Rise of Myths: Cthulhu

2 « J'aime »

Non pour les 2 et pour les mêmes raisons pour les 2
D’un strict point de vue personnel d’utilisatrice finale : je trouve les résultats terriblement pauvres, que ce soit au niveau du langage ou au niveau visuel. Je n’en conçois donc aucune attirance, ni plaisir. Mais plutôt beaucoup d’agacement.
Et plus largement :
dans les domaines créatifs qui portent sur l’écriture et l’image, il y a les pb de pillages du travail artistique original d’autrui, de standardisation des resultats, d’approximations linguistiques.
Plus toutes les autres conséquences systemiques : effacement du travail humain, rabougrissement de la réflexion, coût en energies.

10 « J'aime »

Malheureusement les éditeurs ne paient plus assez les traducteurs. J’en suis au point de préférer les jeux en anglais. Alors une trad faite par une ia, bof. De toute façon on se rapportera à l’anglais et Google Lens.

2 « J'aime »

Même réponse que pour l’illustration : Si c’est fait de manière transparente et honnête, que le résultat est satisfaisant et surtout que le jeu me plaise, pourquoi pas.

Donc ok pour que chaque utilisateur utilise l’IA mais pas l’éditeur ??

4 « J'aime »

On pourrait penser qu’il y a une différence entre se dépanner dans un usage privé (a priori, si on achète un jeu en vo, c’est qu’on est un minimum à l’aise et que ce sera ponctuel, sinon bonjour l’expérience ludique de merde :sweat_smile:) et faire intervenir la méthode dans un processus commercial ?

3 « J'aime »

Même en VO l’IA sera utilisée pour une mise en forme des textes.

J’ai répondu OUI et OUI mais en tant qu’aide, se faire assister pour traduire un texte il me semble que c’est déjà le cas pour certains « professionnels » mais pas sans relecture bien entendu.
Idem pour une illustration, qu’un dessinateur utilise une image générée par IA pour un travaille d’ébauche ne me dérange pas.

2 « J'aime »

Je dirais oui, mais il faut absolument un humain pour relire et corriger, sinon c’est souvent la cata ! Par exemple, l’IA peut changer les termes pour utiliser des synonymes, là où elle devrait toujours utiliser les mêmes termes, etc.

2 « J'aime »

… de toutes façons, bientôt les jeux seront conçus, illustrés et traduits par lA … et peut être également joués par des IA !

1 « J'aime »

Comme toujours, cela ne dépend que de nous. Si les acheteurs refusent les jeux IA, les fabricants n’en produiront pas. Mais bon, on sait tous que ce ne sera pas le cas, malheureusement :crying_cat:

Perso j’utilise déjà grandement Claude pour me corriger les erreurs de traductions françaises voire même de me récrire des parties de la doc illisibles. Dernier exemple en date : la partie choix du personnage PUERTOMA ( l’automate ) dans Puerto Rico 1897 édition spéciale.
À partir d’un texte absolument tordu, il m’a sorti cet arbre de décision :

Je vois pas pourquoi on n’utiliserait pas cet outil partout où on peut l’utiliser.

4 « J'aime »

Dans ce cas précis ce n’était pas tant la dimension morale qui m’interpellait mais la dimension écologique.

Après je suis bien d’accord qu’acheter de la VO pour faire du google trad avec un téléphone n’est pas une expérience ludique que j’ai envie de vivre.

1 « J'aime »

Lutter contre l’IA dans le monde pro est un combat perdu d’avance malheureusement.

Pour ma part, l’IA comme outil, oui. L’IA à la place de, bof

11 « J'aime »

Il suffirait que les joueureuses n’achètent pas pour que ça ne se vende pas :disguised_face:

Ce que je ne comprends pas, réellement pas, c’est pourquoi des entreprises du secteur s’acharnent à vouloir utiliser des outils qui permettent de produire plus vite et à moindre coût, donc d’avantage et par d’avantage d’intervenants, sur un marché dont tous les acteurs s’accordent à dire qu’il est en voie d’embolisation. :thinking:

2 « J'aime »

Les produits dégueux de l’agroalimentaire se vendent bien malheureusement.

Aucune confiance que des comportements « citoyens » fassent changer les choses sur un truc comme le jds.

Bon sinon j’ai mis oui et oui. Si c’est bien fait et avec intelligence/retouche humaine => tout le monde applaudira et sera content. Si c’est moche et ça n’a ni queue ni tête ce sera next.

On parle d’un loisir ou le core gamer et capable de connaître des effets de cartes par coeur… si sur une illustration il y a un truc pas net avec un cinquième doigt chelou , je pense que l’éditeur va se manger un bon shitstorm. (Sur la trad c’est courant malheureusement même sans ia :rofl:) A moins bien sur d’avoir sorti le nouveau TFM et d’avoir des joueurs qui arrivent à passer outre.

Et donc même avec IA faire un jeu de qualité demandera du talent humain. (Sachant que des jeux comme fossilis montrent bien que le désastre peut être très violent). La vraie question serait plutôt pour ou contre un jeu bien traduit et beau me concernant :winking_face_with_tongue:

3 « J'aime »

pareil que quelques uns ici : oui aux 2 points, tant qu’un SACHANT est dans la boucle

  • un vrai graphiste pour redonner de la valeur / contexte / relief aux graphisme ia-gen qui ont servit comme une bibliothèque d’image
  • un vrai traducteur pour harmoniser les termes, trouver le meilleur mot aux concepts traduits , éliminer les ambiguïté ou contre-sens Français que l’IA a craché de sa V.O.
6 « J'aime »

Une fausse croyance tenace véhiculée depuis la généralisation de l’IA est qu’il suffirait de lui faire faire le premier jet pour ensuite faire « corriger » un humain qui serait ainsi plus efficace, pour un résultat identique.

C’est une approche qui part du principe que traduire c’est uniquement transcoder un texte d’une langue A vers une langue B, et que toutes les langues sont construites de la même façon avec les mêmes nuances.

Procéder de cette façon crée des biais d’ancrage qui nuisent à la qualité de la traduction. Déjà, il devient très difficile de s’éloigner de la soupe servie par l’IA: le cerveau a tendance à s’y accrocher même si ce n’est pas la proposition la plus naturelle ou la plus utilisée. Ensuite cette méthode décourage la créativité car le relecteur ne cherche pas à faire de jolies tournures, des trouvailles de style ou de vocabulaire, des reformulations : il pare au plus pressé. D’autant qu’il est payé trois fois moins qu’un traducteur et cherche en général à travailler trois fois plus vite pour rester rentable et ne relève pas tout ce qu’il devrait relever.

Maintenant il ne faut pas se voiler la face : des traductions IA on en voit tous les jours. Elles sont merdiques et se ressemblent toutes mais après tout, si la majorité s’en contente, pourquoi ça s’arrêterait ?

Encore une fois c’est une histoire de niveau d’exigence. Pour beaucoup de gens, le but d’une traduction c’est juste de décoder un message. Le style, les tournures, ils s’en foutent : si l’IA leur permet de comprendre quelque chose qu’ils ne comprenaient pas avant, ça leur convient.

Si cette approche s’impose dans le jds (ce qui pour l’instant n’est absolument pas le cas), attendez-vous à voir fleurir des traductions merdiques qui permettront de jouer… dans les grandes lignes, avec un risque non négligeable d’erreurs (je ne parle même pas des jeux narratifs). Les Lacerda sont traduits avec DeepL et il y a plein de gens que ça ne dérange pas.

Je continue à penser que la traduction humaine va de plus en plus devenir un artisanat qui continuera d’être utilisé par les entreprises qui tiennent à conserver une image de marque de qualité. Pour les autres…

27 « J'aime »

J’ai mis “oui” pour les deux, mais dans l’idée où l’IA reste un outil au service de l’humain.

Honnêtement, une traduction de jeu faite à 100 % par IA, ça me paraît encore assez risqué aujourd’hui.

Pour un jeu illustré entièrement par IA, si ça vient d’un gros studio, je trouve ça vraiment triste. En revanche, pour une personne solo qui n’a pas de compétences en dessin, pourquoi pas. Et puis il y a quand même une énorme différence entre balancer quelques prompts rapidement et passer du temps à construire une vraie cohérence visuelle.

1 « J'aime »