Dans les faits, oui, les auteurs de VSS devraient être renvoyés une fois les faits avérés (ou même en cas de très fort doute...) de n'importe quelle entreprise fonctionnelle mais en pratique :
- les auteurs et autrices de VSS occupent quasi-toujours des postes de pouvoir et d'influence, tu peux rarement les évincer sans mal...sauf si ça fait tache d'huile hors de l'entreprise (rare mais pas impossible non plus).
- Corolaire du point précédent : nos 'amis' RH, qui ne brillent généralement pas par leur intégrité, ils et elles préféreront toujours protéger l'entreprise (et donc se ranger derrière le dominant) au détriment du dominé.
Tout ça crée un sentiment d'impunité chez le perprétateur et le mec recommence encore et encore...
Je travaille dans la santé (infirmier) et des collègues pas safe du tout (médecins et cadres notamment), j'en ai croisé quelques-uns. Pas beaucoup en 15 ans, à tout prendre, mais suffisamment et un seul c'est déjà trop, à mon avis. Des deux genres,d'ailleurs (mais tout de même une majorité écrasante d'hommes, proportion de 9 contre 1 facile).
A chaque fois tout le monde savait (ou au moins éprouvaient quelques soupçons + rumeurs insistantes ou des allusions voilées du type 'fais gaffe, il est lourd') mais beaucoup couvraient de leur silence.
Les seuls dont je sais qu'ils ont fini par avoir des gros problèmes sont ceux pour lesquels les patients s'en sont mêlés, souvent en temps que témoins.
Dans une clinique (clinique Emeis, ex-Orpéa, tiens donc...) où je faisais des remplacements, dans un service, c'était tellement institutionnalisé que pour les postes de nuit, si tu étais une femme, il ne te proposait la mission que s'ils avaient la garantie absolue que [tels médecins] ne seraient pas de garde cette nuit-là et que toutes les autres personnes présentes seraient exclusivement des femmes. Et quelques mois plus tard, malgré ces 'précautions', ils ont blacklisté le lieu : 'trop problématique, à chaque fois qu'on envoie quelqu'un quel que soit son genre, il y a des gros problèmes. On arrête là.'
Une autre fois, j'étais en binome de nuit avec une consoeur et deux aides-soignantes : elle a insisté dès la prise de poste pour que je sois posté à un bout du service et elle à l'autre. 'Désolé, je te connais pas et t'as sûrement pas de mauvaises intentions mais j'ai eu trop de problèmes par le passé donc si on limite les interactions au strict minimum, ce sera mieux pour tout le monde.' L'aide-soignante avec laquelle j'ai fait binôme cette nuit-là m'a raconté le contexte explicitant cette décision, c'était glauque au possible...vrai faillite manageriale et institutionnelle, pour le coup.