Versus faire écrire un projet par l’IA en relisant à peine le code produit ?
Là ça permet vraiment de progresser en algorithmique et informatique théorique.
Oui et tu fais quoi dans tes premiers projets en tant que dev ? En général pisser du code car en parallèle tu peux observer comment ça s’organise, le rôle de chacun et les attendus. Si ton apport n’existe plus car réalisé plus vite par les senior ba on te permet plus de gagner en seniorité vu qu’on t’embauche même plus.
Forcément je suis extrême et caricatural mais pour reprendre l’exemple de mon cousin, ils y sont deja confrontés. ça va fortement augmenter la valeur sur le marché des seniors, certes, par contre former des jeunes va devenir un vrai défis.
C’est une assertion assez forte qui n’a pas de support expérimental, à ma connaissance, en particulier la notion de sens de l’orientation. En gros, on sait se retrouver dans un endroit qu’on a déjà vu, pas s’orienter de façon innée dans un environnement inconnu (je ne sais pas ce que tu voulais dire par sens de l’orientation, donc je précise). Donc avec cette définition, tu as parfaitement raison : on sait que si on utilise un GPS, on ne développe pas notre mémoire spatiale, notre capacité à représenter notre environnement, puis à y naviguer, cf par exemple Hippocampal and prefrontal processing of network topology to simulate the future | Nature Communications
Oui, on l’apprend toujours et c’est testé en évaluation, notamment les calculs d’ordre de grandeur. Après, je pense que tu attaches à cette compétence une importance qu’elle n’a pas. Si elle l’avait, on ne subirait pas facilement la perte de niveau que tu décris. C’est important pour l’apprentissage et l’appropriation des nombres, pas pour la compétence, à mon avis.
Mais ça c’est complètement faux. Il n’y a rien de plus facile que de prendre un texte dans un style quelconque et de le faire réécrire par un modèle dans un autre style. C’est une démonstration standard que je fais à mes étudiants : on prend une revendication formulée de façon basique du genre « il faut contrôler l’IA » puis on demande de l’étoffer dans divers styles (marxiste, post-moderne, etc.). Ça fonctionne très bien.
Il y a plusieurs choses dans ton assertion. D’accord une confusion entre programmation, algorithmique et informatique théorique. Ce sont trois domaines très différents. Tu peux être un excellent programmeur et n’avoir aucune notion d’informatique théorique (genre logique de Hoare pour la preuve de programme ou machine de turing). Tu peux même être un excellent programmeur et avoir des notions de base en algorithmique (par exemple ne pas savoir comment un tas de Fibonacci fonctionne, juste savoir l’utiliser).
D’autre part, je ne vois pas bien la différence entre pisser du code et faire un projet au niveau universitaire. J’ai co-organisé le gros projet de génie logiciel de première année à Télécom Paris quand j’étais prof là bas et une grande partie du projet consistait justement à pisser du code. On avait beaucoup de mal en tant qu’équipe encadrante à pousser les élèves à faire de la conception, à réfléchir au projet avant de coder. Au final, on les laissait coder (de la merde, souvent) parce qu’on apprend bien en faisant des erreurs avec un bon feedback.
L’exercice est tellement formateur qu’on va sûrement l’inclure dans des formations pros pour cadres. Au lieu d’avoir un atelier à la con « prompt engineering » (bah voyons…), on va mettre cet exercice, probablement à partir d’articles de presse un peu touffus, genre du médiapart ou quelque chose d’aussi fouillé.
Hum. Plus précieux que ton pancréas ou ton coeur vraiment ? Et les mains/le corps aussi. Le cerveau c’est juste l’un des morceaux du corps. Il sert avant tout à l’interprétation des stimuli (pléonasme) et aux réponses, en particulier la motricité.
Un skill set sans l’outil de base (ton corps) en état opti il sert à souvent rien. Exemple : je ne peux plus faire d’escalade alors que j’ai les compétences. Conditions dégradés quoi.
Malheureusement non. Et c’est que le début de l’histoire.
Suite 1 : Hier elle m’a envoyé un mail accusant notre centre de formation de dysfonctionnement car on ne lui proposait pas un rattrapage immédiat, avec 4 textes de Loi à l’appui. Aucun des 4 textes n’a de rapport avec le sujet, ce que je lui fais remarquer.
Suite 2 : Elle me renvoie un mail me disant que GPT a au moins le mérite de lui faire des réponses précises et structurées (bon nous aussi mais la réponse lui plaît moins puisqu’elle est vraie) et que ça me travaille parce que l’IA est sûrement mon prochain employeur.
Morale : j’arrête de lui répondre, je la laisse redescendre (ou se laissait entraîner par une IA qui lui écrit ce qu’elle veut entendre).
Et c’est pas un cas isolé, on a une apprenante qui est en situation de fragilité psychologique mais qui estime n’avoir aucun besoin d’accompagnement puisque GPT discute avec elle tous les soirs et que c’est « bien plus efficace qu’une thérapie ».
Bah non versus étudier la théorie et réaliser des projets qui ne consistent pas juste à pisser du code.
Un projet d’algorithmique n’a pas besoin d’avoir des milliers de lignes de code.
C’est pas ce qui te permettra d’être un dev avec une grosse valeur ajoutée. Perso j’ai fait très peu de projet pissage de code dans ma scolarité.
Typiquement en prépa option info tu travailles beaucoup sur les graphs / les arbres / calcul de complexité / théorie des langages, les projets ne nécessitent pas du tout de pisser du code.
Justement, un bon developpeur avec de la valeur ajouté doit être un minimum solide en informatique théorique et algorithmique.
Si tu sais pas comment faire un parcours récursif d’arbre, que tu sais pas calculer une complexité, etc. bah tu seras limité en valeur ajoutée.
Bah ça typiquement c’est pas une compétence de pissage de code (comme tu le dis c’est du génie logiciel). Ça fait partie de la valeur ajoutée d’un bon dev, qui ne peut pas être remplacé par une IA pour l’instant.
Ok, c’est pas ce que je dis, je parle juste d’un passage nécessaire dans l’apprentissage des juniors pas d’une fin en soit. Maintenant tant mieux si t’as ete capable de plus a ton premier projet pro, félicitations pour toi, mais de mon expérience, ton cas est une exception et c’est absolument pas un problème que les juniors n’apportent pas direct énormément de valeur ajoutée (et ça ne signifie pas qu’ils seront toutes leur carrières moins bons)
Je crois que tu ne sais pas ce qu’est l’informatique théorique. Encore une fois, c’est la logique de Hoare, les machines de Turing, la calculabilité, etc. En gros, ce sont des maths dont l’intérêt est motivé par l’informatique. Presque aucun développeur n’a besoin de connaissances en informatique théorique.
Mes discussions avec les chefs de projet et autres décideurs me conduisent à penser que plus la personne se sent à l’aise avec ces concepts, moins elle est contrôlable et plus elle risque de foutre la merde. Genre le couillon de service qui te reprogramme du calcul matriciel au lieu d’utiliser une bonne implémentation de BLAS. Ou le gars qui code en C++ mais qu’il n’utilise pas boost. Quant au calcul de complexité, la base est accessible à tout le monde, les gens qui maîtrisent le théorème maître pour les algos récursifs sont très peu nombreux et ce n’est pas grave. Aujourd’hui, on demande aux développeurs de comprendre une API et de bien l’utiliser, c’est la compétence essentielle. Il faut savoir ce que veut dire O(n log n) mais c’est accessible à tout le monde.
Oui et ce que je dis c’est que c’est très difficile à acquérir sans faire toi même ton code de merde et voir pourquoi c’est un code de merde à la fin du projet.