Hier j'ai joué à un jeu crowdfundé

Shipwrights Redux : quand Legacy of Yu rencontre It’s a Wonderful World

Avec peut-être une 50aine de parties TTS à mon actif, je vous propose mon ressenti sur Shipwrights (le 27 juin sur KS) et ses mécaniques.

  • Temps de jeu : 40-45 mins en solo (+5 mins par joueur) - hors set-up
  • Composition : principalement en solo, et trois ou quatre parties à 2 joueurs

Déroulement du jeu

  • A chaque manche, les joueurs vont drafter 2 cartes parmi une main de plusieurs cartes, puis passer le paquet à un autre joueur, drafter 2 nouvelles cartes. Et cela, jusqu’à avoir 6 cartes en main pour jouer son tour de jeu.
Draft en solo

Le joueur pioche 5 cartes, en draft 2, puis discard les autres.
Il pioche ensuite 4 cartes, en draft 2.
Et enfin en pioche 3 et draft les 2 dernières.

  • Le tour se déroule ensuite en simultanée où chacun va pouvoir faire toutes les actions qu’ils souhaitent jusqu’à ce qu’il se retrouve en manque de ressources (ressources management et engine building).

  • Les 5 grandes actions possibles vont être :

    • (1) Construire des cartes drakkars pour gagner des bonus immédiats ou déclencher un scoring en fin de partie.
    • (2) Construire ou (3) Améliorer des cartes bâtiments pour développer, pour ce tour-ci et les suivants, son engine building.
    • (4) Défausser ses cartes ou (5) Placer ses ouvriers pour récupérer des ressources permettant de faire les constructions.
  • Via leurs constructions, les joueurs progressent le long de trois pistes de progression déclenchant des bonus et du scoring de fin.

  • On reproduit cela pendant 5 tours, puis on compte les points de victoire.

Les différents types de cartes

Carte Drakkar
  • Construite en dépensant des ressources et des icones de Constructeurs.
  • Meilleur moyen de monter sur les pistes de progression et gagner des PV.
  • Certaines cartes donnent des PV de victoire supplémentaires en fin de partie, quand d’autres déclenchent des effets immédiats.

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Icon nécessaire et ressources, en haut à gauche / Points de victoire et progression sur la piste, en haut à droite / Bonus de construction, en bas (ici : piocher 2 cartes).

Carte Bâtiment
  • Construite en dépensant des ressources.
  • Permet généralement de monter sur une des pistes de progression et donne des PV.
  • Permet de gagner de nouveaux placements d’ouvrier et gagner des ressources.

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Carte Amélioration
  • Construite en dépensant un Gold.
  • Peut être glissée sous une carte Bâtiment vide, pour améliorer l’effet de l’emplacement lorsqu’un ouvrier y est envoyé.

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Carte Constructeur
  • Permet de construire des Drakkar grâce à ses icons.
  • Peut être : soit placée sur son plateau personnel pour une utilisation one-shot, soit glissée sous une carte Bâtiment vide (en dépensant un Gold) pour le conserver pour d’autres constructions.

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Carte Jarl
  • Construite en dépensant un Gold.
  • Peut êre glissée sous une carte Bâtiment vide, pour monter rapidement sur la ou les pistes de progression et donnent des PV en fin de partie.

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Ici 1 point de victoire et une progression de 2 sur la piste bleue, et de 1 sur la orange.


Les similarités avec LoY et IaWW

Que ce soit l’un ou l’autre de ces 3 jeux, tous font appels au même cœur de mécaniques : ressources management et engine building.
Mais dans le détail, d’autres éléments encore les rapproches.

Côté IaWW, on retrouve :

  • Le draft de cartes est quasi identique.

  • La simultanéité des tours de jeu.

  • Le fait de pouvoir discard une carte, non pas pour son effet, mais pour gagner une ressource (voir milieu-bas à droite = 2 pièces).
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  • La recherche d’une majorité tout au long de la partie.

    • Dans IaWW, une majorité sur certaines productions fait gagner des jetons PV (Générale/Financier).
    • Dans Shipwrights Redux, une majorité sur une des 3 pistes, permet (in-game) de récupérer pour le tour suivant une carte donnant de puissants effets ou (end-game) des points de victoire supplémentaires.
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      En cours de partie, le leader de la piste orange gagne Frode lors de son prochain tour, permettant de construire des Drakkars en dépensant une ressource en moins, et donne 3 PV à son possesseur en fin de partie.

Côté LoY, on retrouve :

  • L’amélioration de son village, avec la création de nouveaux emplacements pour ses ouvriers.

  • Certains ouvriers sont considérés comme des ressources à dépenser (comme dans quasi tous les Shem Philips), mais ceux placés sur les emplacements sont récupérés en fin de tour, et sont donc réutilisables.

  • La possibilité de glisser des cartes pour gagner des ressources à chaque phase de repos.

Les différences avec LoY et IaWW

Par rapport à IaWW :

  • La majorité sur l’une ou plusieurs des 3 pistes ne donne pas un jeton de point de victoire en fin de partie, mais un pouvoir asymétrique donnant un bonus non négligeable au joueur dans son tour de jeu.

  • La phase de production, suivant un enchainement préétabli dans IaWW, est à la main du joueur au sein même de son tour (en gagnant telles ressources, je peux faire telle construction qui va me donner tel bonus, qui va me permettre ensuite de…).

  • Le nombre de types de cartes différents est plus important que dans IaWW, ce qui peut rendre le draft plus aléatoire et punitif. Un enchainement de mauvaises mains peut rendre le jeu plus ou moins difficile, surtout dans les 2 premiers tours. L’aléatoire est donc plus difficilement maîtrisable, selon moi.

Par rapport à LoY :

  • Là où l’amélioration de sa ville permettait de débloquer des emplacements identiques, parties après parties, dans Shipwrights Redux, les joueurs pourront à chaque partie créer un village avec des emplacements aux effets combinatoires différents.

  • La phase de Deck-building (avec le recrutement de cartes) est ici remplacée par le draft en début de manche.

  • Il ne s’agit pas d’un jeu SOLO, mais bien d’un compétitif avec interactions indirectes sur la partie draft et sur la compétition autour des pistes de progression.

Si j’ai IaWW et LoY dans ma ludothèque, ça vaut le coup ?

Réponse courte : ça dépend :slight_smile:

Réponse longue :

  • Si vous êtes fan de ces deux jeux, je pense que vous pouvez aller sur Shipwrights Redux les yeux fermés.
  • Le jeu ne révolutionne rien dans ses mécaniques, et celles des deux jeux auxquels je l’ai comparé, mais est suffisamment différent pour justifier de le posséder. Sauf si vous cherchez à épurer votre ludothèque en ne possédant pas de jeu avec trop de mécaniques qui s’overlap.
  • A noter que sa complexité se rapproche, selon moi, plus de LoY que de IaWW.

Est-ce que le jeu est bon ?

Réponse courte : j’ai plus de 50 parties à mon actif sur TTS et continue d’y retourner
Réponse longue : j’ai plus de 50 parties à mon actif sur TTS et continue d’y retourner :slight_smile:

En conclusion

Même si l’aléatoire du draft puisse rendre le démarrage d’une partie difficile, le jeu offre une belle variété.
Le fait de pouvoir construire et upgrader chaque fois un village différent, de planifier ses constructions pour monter sur les 3 pistes en atteignant les paliers nécessaires pour débloquer des bonus immédiats, et relancer la machine donnent une vraie satisfaction.
Là où le premier tour se résout rapidement, plus on avance, plus les actions que les joueurs peuvent prendre s’ouvrent et permettent de beaux enchainements.

Bien entendu, tout ce que je viens d’écrire n’est qu’un ressenti perso sur le jeu, et donc parfaitement subjectif :smiley:

Je pledge.

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