[Intelligence Artificielle] Les IAs sont elles neutres?

Je te conseille les pamphlets suivants :

et la vulgarisation sociologique des mêmes éditions :

Et bien sûr le petit bouquin de Neveu de sociologie du journalisme.

Tu te focalises sur l’économie alors que les problèmes sont largement antérieurs au marasme actuel et tu fais reposer en grande partie les problème sur les consommateurs. C’est très réducteur, mais ne t’inquiète pas, j’ai déjà eu des conversations de ce genre des dizaines de fois.

En effet. J’aurai du écrire que le journalisme est une activité qui s’expose structurellement à de nombreux problèmes de nature épistémique et que l’écrasante majorité de ses praticiens n’est pas formée du tout à cet aspect.

Tu juges la production journaliste en tant que journaliste (en plus, en tant que SR c’est ton travail, si tu es bien SR). En tant que consommateur de presse écrite et de radio, je suis plutôt d’accord que la production n’est pas si mauvaise que ça à l’aune de critères journalistiques. Quand l’édition fait son travail, c’est écrit en français et les informations factuelles sont vérifiées. Il y a bien sûr de la grosse merde même sur ces critères, mais ce n’est pas ce qui domine, loin de là. Et vu la concurrence chez les jeunes, on peut imaginer que sur ce point le niveau peut se maintenir. Ma femme trouve même que les jeunes sont excellents sur ce point (en général).

Mon problème n’est pas là, il est avec le rapport au savoir, aux faits, à la vérité. Et là, les journalistes sont mauvais : ils ne savent pas trouver les bons experts (et invitent donc n’importe qui), ils poussent les gens à sortir de leur domaine de compétence (tous les scientifiques que je connais qui ont eu des interactions avec des journalistes le confirment, tous sans exception), ils « confrontent les points de vue », ils confondent notoriété avec validité, ils ne questionnent pas les affirmations de leur interlocuteur, ils prétendent avoir une hiérarchie du savoir mais sont en général incapables (pour plein de raisons structurelles) de lire une méta-étude ou un article académique. Dans tout ce qui sort du discours rapporté par des témoins, le mode de production du discours journalistique obéit une épistémologie à laquelle le champ est globalement aveugle (c’est bien documenté, cf par exemple cet article Du journalisme comme une mésoépistémologie). Un point crucial de dysfonctionnement qui est mis en avant dans l’article ci-dessus est à mon avis le suivant :

[le journalisme est] un métier où la lecture ne précède pas l’écriture. Toutefois, les pratiques, là encore, diffèrent des usages légitimes. Les journalistes, on le sait, se lisent beaucoup entre eux, non seulement par le recours éventuel aux archives, mais aussi, voire surtout, par la consultation de ce que les autres viennent d’écrire sur le sujet en cours.

Le point que j’ajoute personnellement est que les journalistes ne lisent pas la production intellectuelle en dehors de leur champ, en général en raison de lacunes de formation (notamment scientifique au sens large, par exemple en économie).

Globalement, ma vision du journalisme idéal est celle qui est décrite dans ce papier : Vue de Un point de vue néoréaliste en épistémologie du journalisme : réalité, vérité et objectivité. Mon problème avec le journaliste pratiqué est qu’il se construit plus comme archiviste que comme historien : le but n’est pas de rapporter si X s’est passé, parce que c’est compliqué, ça coûte cher, c’est long, ça nécessite de mobiliser des connaissances qu’on n’a pas, etc. On va donc se contenter de trouver Mme A et M. B et leur demander ce qu’ils en pensent. Et on va écrire quelque chose de vrai et d’objectif: Mme A pense que X s’est passé et M. B pense que c’est n’est pas le cas. Et on aura oublié au passage le principe de réalité. Alors c’est du bon archivage, mais on n’a pas établi la réalité des fait. Et c’est en ça que je dis que les journalistes sont globalement mauvais, même si c’est bien sûr exagéré, il y a des exceptions personnelles et des exceptions sur certains champs.

Je m’arrête sur ce hors sujet, je pense que j’ai été relativement clair sur ce que je pensais, je laisse les gens que ça intéresse continuer à me prendre pour un ignorant sur ce sujet ou à me prêter des propos que je n’ai pas (genre « plus de presse », ba voyons).

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Il y a quand même un gros problème de culture scientifique chez nous journalistes, politiques et autres.
Et un manque de culture économique, sociologique et autres chez les ingénieurs et les mentionnés ci dessus

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C’est précisément ce que je concède juste au dessus donc : on est d’accord :grin:

J’avais dit que j’intervenais plus, mais une petite dernière quand même : @ran-cadren je t’ai pas attendu pour lire le bouquin de Neveu, c’était fait avant mon école qui remonte à… houla, trop longtemps. Pareil pour Les nouveaux chiens de garde, mais je note les autres références. Toujours est-il que je n’ai pas retenu de ces lectures que les journalistes seraient structurellement « mauvais » :smirk:

En fait je crois que le problème de fond, finalement, c’est que tu parles d’une certaine forme de journalisme, on va dire, « de plateau télé » (et encore, je caricature) et que tu ignores l’essentiel de la production journalistique quotidienne. Donc oui, désolé, sans parler d’ignorance, tu n’as vraisemblablement qu’une vision (volontairement ?) assez restreinte du métier, même si déjà supérieure à pas mal de monde. Ouvre un canard de PQR, par exemple, tu seras contredis par 95 % du contenu, sur ton histoire de principe de réalité qui serait oublié : ce sera du contenu qui décrit la réalité et aussi, ne t’en déplaise, qui tente de l’éclairer. Dans le 5 % restant, t’auras de l’édito osef et éventuellement ton truc de demander à A et B ce qu’ils pensent d’un truc. Ceci étant dit, si tu juges mauvais le journaliste qui se pose en archiviste plutôt qu’en historien, tu actes que ce n’est pas le journalisme qui est mauvais mais juste qu’il ce n’est pas ce que tu en attends. Décrire la réalité, avec une méthode et un respect scrupuleux de la déontologie, c’est déjà une mission compliquée, mais ça couvre un besoin essentiel pour la vie démocratique.

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popopopo
tu aimes bien les raccourcis, toi. « Un vrai problème », cela dit que ça n’est pas « le » seul. Et quand j’évoque le problème structurel de la rentrée d’argent, ça n’est pas « actuellement », mais dès les années 1970.
Je fais porter une partie de la responsabilité aux citoyens. Mais ça devient « en grande partie » dans tes mots.
Un SR, mon travail, oui, n’est pas là pour juger la production journalistique uniquement selon mon aune de journaliste. Je suis là en premier lecteur pour voir si je comprends le texte, si ça me paraît clair et complet. pour le lecteur.
Et mon métier m’a permis de comprendre qu’il n’y a pas « une vérité », l’angle, tout ça…
Il y a un problème réel sur l’éditorialisme, l’édito tient surtout du billet d’humeur et non du journalisme. Les micro-trottoirs, c’est pittoresque, mais ça n’est pas du journalisme. Un portrait, là, on en discute.
En ce qui concerne les invitations et les témoignages, on est sur une partie du journalisme, je ne connais pas les chiffres pour mettre en relief leur part dans le journalisme et si tu peux tenir tes assertions. Mais toi non plus.

Ta vision du journalisme t’appartient. Mais elle n’est pas le journalisme.

Allez, on va laisser tranquille les autres

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Marrant, moi aussi, j’ai lu (Accardo notamment qui n’est pas tendre avec eux). Et, marrant, on ne voit pas les choses de la même façon. C’est fou. Serait-il possible que les choses soient nuancées ? Naaaaan…

Mais ça n’est pas un argument d’autorité. C’est fou ça.

Et je te rassure, tu n’as touché aucun point sensible. Ca m’use simplement de lire une énormité comme « les journalistes sont assez mauvais » en 2024. Comme quoi.

en tout cas les IA sont pas neutres en carbone…

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Oui mais attention, il va te répondre que le problème vient uniquement du nombre d’enfants.

Dites, je me pose une question tiens, à propos de Lia quand elle crée des images.

Non, pas elle.

Plutôt elle par exemple :

Comment se fait-il qu’elle ne soit pas fichue de créer un truc précis, comme cette carte de Venise que je lui demande sans succès par exemple ?

Elles sont bridées ? C’est moi qui demande mal ? C’est GPT qui se venge parce que je cherche à le démasquer ?!

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Prompteur c’est un métier !

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On est en train de faire du HS sur les journalistes dans un sujet qui traite d’IA, lui même sujet HS d’un sujet sur les magazines féministe pour 7-12 ans.

J’adore ce forum :grin:

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Et tout ça parce qu’on se fait chier au boulot, en pensant au jeu qu’on sortira le WE prochain, parce que les VP/VF de Phili sont à chier et qu’on ne veut pas vraiment assumer sa pile de la honte.
La vie est une boîte de chocolat soumise au draft !

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Question fascinante. C’est tellement facile de faire une carte avec des dizaines de logiciel et des fonds libres qu’on pourrait s’attendre à avoir pléthore de cartes sur le web et donc des capacités de génération très bonnes. Et d’ailleurs ça inquiète les chercheurs du domaine, cf par exemple : https://arxiv.org/pdf/2304.10743.pdf ou https://www.researchgate.net/profile/Chunxue-Xu/publication/351131604_Deep_fake_geography_When_geospatial_data_encounter_Artificial_Intelligence/links/608a48f5a6fdccaebdf4f065/Deep-fake-geography-When-geospatial-data-encounter-Artificial-Intelligence.pdf
Il y a même des ateliers dédiés dans des conférences, comme celui-ci Cartography in GeoAI | Proceedings of the 6th ACM SIGSPATIAL International Workshop on AI for Geographic Knowledge Discovery

Je pense que sur une ia généraliste ça ne doit pas marcher des masses, mais je suppose qu’avec un peu de réglages fins à partir d’openstreet map et compagnie, on doit faire des merveilles. Après, l’intérêt est limité, sachant qu’il existe plein de techniques et d’outils connus pour créer des cartes imaginaires mais plus ou moins réalistes, genre ça comme base : Azgaar's Fantasy Map Generator par exemple.

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Merci, je vais aller lire ça, le sujet est intéressant je trouve.

HS cartographie pour les jeux

Et pour ma recherche de cartes, je ne veux pas de truc imaginaire justement, je cherche plutôt à obtenir de « vraies » cartes mais dans des styles sympas (qui dépendront de leur objectif).
On en causait déjà un peu là,

Wonderdraft, soft de création de cartes de fantasy

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Ah oui, je vois. Genre Venise steampunk ou Marrakech 2100 ? Peut être avec une IA qui te permet de partir d’une image existante :thinking:

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Exactement.

Edit : on arrive à faire des trucs sympas mais c’est toujours pas ce que je cherche :slight_smile:

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PEBCAK ?

:smiling_imp:

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Très certainement, oui :smiley:

T’es meilleur pour nous faire marrer en harcelant une malheureuse IA (enfin malheureuse, y’a le clin d’œil quand même… :scream:) qu’en faisant des cartes, que veux-tu… C’est bien de connaître ses points forts !!!

En tout cas, elle fait bien la pub de sa boîte…

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Tout simplement parce que le principe de base c’est de générer du bruit et de sélectionner de proche en proche celui qui répond le mieux au prompt ? À la rigueur sur de la génération de texte ce principe peut donner des choses plus ou moins précises (comme on les voit avec les générations successives) mais sur des images ou des vidéos le nombres de « tokens » nécessaires deviendrait délirant. C’est aussi ça qui offre cette « touche créative » aux IA, mais la prive by design de précision.

Je comprends le principe, mais on aurait pu imaginer que Lia récupère un fond de carte authentique, libre de droits - sûr que ça existe - et brode à partir de là.

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