Les lycéens et lycéennes ont-il d'autres droits que se taire en attendant d'être de vieux cons qui l'ouvrent beaucoup trop?

Tout les gens de ma génération (né en 88) connaissent APB. C'était globalement le seul moyen de s'inscrire aux études supérieures et de gérer ses dossiers.
Le problème de parcoursup, c'est qu'il y a une opacité et un traitement algorithmique opaque sur la sélection des dossiers. Alors qu'APB permettait juste l'envoi de documents d'humains à humains.

3 « J'aime »

Je n'ai pas connu (trop vieux), mais il me semblait justement qu'APB était plus automatique et que Parcours sup remettait plus d'humain dans la boucle (mais je me trompe peut etre). Les deux semblaient assez opaques, mais quand on allait directement déposer son dossier où on voulait, cela l'était aussi (et la connaissance du système et le réseau étaient encore plus important).

2 « J'aime »

En lisant wikipédia, il y avait un algo sur APB, qui permettait apparemment d'affecter chaque élève en fonction de ses choix préférés.
Parcoursup ne permet pas de classer tes choix.
Si on choisit les mêmes établissements, et qu'on est accepté dans tous, il est possible que tu ai ton pire choix et moi le mien, alors que notre pire choix soit le meilleur de l'autre.

Parcoursup permet aussi d'automatiser des critères sur les notes et filières en mettant des coefficients en plus. En jouant avec les filières, on peut exclure des établissements, et des origines sociales. On va pas dire que c'était pas fait avant, hein, mais l'automatiser ne semble pas forcément être un progrès...

Parcoursup est une grosse amélioration dans de nombreuses filières, en particulier celles qui capitalisent sur les savoirs acquis au lycée et avant. Par exemple en maths, quelqu'un qui n'a pas fait spé maths et maths expertes, c'est mort, la personne n'a presque aucune chance de réussir (à la fac, je ne parle même pas des prépas). Ensuite on regarde ses notes, et là aussi, quelqu'un qui n'a pas de bonnes notes en maths au lycée n'a aucun chance de réussir en licence. Je n'ai plus les chiffres en tête mais quand on est passé à parcoursup qu'en j'étais à Paris 1, le bond de niveau des premières années a été tel que mêmes les plus anti parcoursup ont été obligé de reconnaître l'intérêt du dispositif.

Notez qu'avant, c'était un classement aléatoire parmi les ex-aequo (après un algorithme classique de mariage stable) qui départageait les demandes, sans prendre en compte le dossier des étudiants. Non content d'être très difficile à défendre moralement, ce système était une machine à échec. Notez aussi que les boursiers sont classés séparément des non boursiers et qu'ils représentent un pourcentage minimal des admis fixé par le rectorat, ce qui est une bonne façon d'aligner les parcours d'élèves issus de milieu différent. Je pense qu'on pourrait faire encore mieux (on a des systèmes très bien fichus dans ma fac actuelle, mais c'est parce qu'on est la seule université riche).

Ceci dit, le système est bourré de problème, notamment en raison du fait que presque tout est en contrôle continu maintenant, ce qui autorise toutes les manipulations. En outre, il y a un problème de conflits d'intérêts assez clair. Je ne sais pas ce qu'il en est actuellement (j'ai été recruté dans ma fac pour n'enseigner qu'en master, je ne vois plus les étudiants avant le M1), mais il y a quelques années, tout le monde voulait faire staps ou science po. Le problème est qu'il n'y a pas assez de débouché (et ça pourrait être vrai pour plein de filières), donc la pénurie de places en fac n'était pas si stupide que ça. Mais bien sûr, si tu es enseignant-chercheur dans ces filières, tu as intérêt à faire monter la sauce : plus d'étudiants, plus de place d'enseignant-chercheur, plus d'incitation à avoir des doctorants qui font le boulot à ta place. Et donc, tu as intérêt à prendre n'importe qui et à pleurnicher sur l'absence de moyen quand les gens que tu as envoyé à l'abattoir s'y retrouvent.

C'est un peu comme la levée de bouclier sur les frais d'inscriptions pour les étrangers non européens. On peut en discuter longuement, c'est un sujet complexe (En résumé basique : doit-on former gratuitement la terre entière sans réciprocité ? doit-on abandonner notre devoir de solidarité avec les pays les plus pauvres ? etc.). Mais il y a des arrières pensées. Par exemple, toujours à Paris 1, on avait des masters de cinéma avec presque 0 étudiants européens. Et donc les masters allaient fermer et ce qui était « une honte », sans jamais de remise en question sur le niveau de ces masters et sur leur (absence totale de) débouchés. Venez amis africains permettre aux profs de faire leur quota d'heures et démerdez-vous pour le reste.

Par contre ça, c'est assez naïf. APB ne permettait aucune sélection, pour les filières en surcharge, on passait par du tirage au sort (il y a des fantasmes sur la sélection, mais même les avocats spécialisés dans les recours n'évoquaient pas ces fantasmes). Parcoursup a introduit une sélection (c'est en général ce que combattent naïvement pas mal de lycéens). Le gros du système est plus transparent qu'APB, mais il y a en effet le problème des algorithmes locaux. Enfin, algorithme, c'est un bien grand mot, c'est juste un classement sur une note obtenue par pondération des différents éléments entrés dans le dossier (en gros, les notes). Il faudrait sûrement imposer une transparence totale des critères automatisés et au moins une note de principe sur la façon dont les dossiers sont examinés manuellement. Il faudrait aussi accepter l'idée, très peu populaire en France, de discrimination positive avec des quotas basés par exemple sur le revenu des parents ou d'autres trucs du même genre. Et avec une pré-rentrée pour une remise à niveau des plus faibles. Mais tout ça demande du fric, de l'ambition, et des choix. Par exemple, on ne peut pas garder le calendrier universitaire actuel (imposé par Pécresse si mes souvenirs sont bons) qui donne 2 mois de vacances aux étudiants l'été et gérer une pré-rentrée. Alors oui, les étudiants les plus précaires n'auront pas autant de temps pour un job d'été, mais ça améliorera les chances de réussite des mêmes étudiants précaires :man_shrugging: Bref, un beau bordel.

10 « J'aime »

On pouvait classer ses choix dans la première version d'APB et cette information était communiquée aux établissements. Certains établissements bien pourris demandaient aux lycéens de les classer premier sinon pas de place. Le classement a été supprimé, ce qui est complètement con, il aurait suffi de masquer de l'info pour les établissements.

Ce n'était pas possible à faire dans APB. Les établissements n'ont aucun intérêt à admettre des lycéens qui ne vont pas réussir. Exclure le 93 n'est pas la meilleure façon de faire :wink: Et surtout, on a des quotas de boursiers imposés par le rectorat, ce qui est bien plus propre qu'avant. Note aussi qu'on ne pouvait pas candidater en dehors de son académie dans APB, si mes souvenirs sont bons.

Les problèmes que dénoncent (filtrage social) existent et sont graves. Ils existaient avant. Ce n'est pas à l'université de gérer la merde déversée à flux tendu par le collège et le lycée. On sait d'après toutes les stats que les écarts en 6ème se maintiennent en moyenne pendant tous le parcours (en gros, si tu es dans un décile de niveau en 6ème, tu y restes tout le temps). Les problèmes sont très en amont et s'accumulent, ce qui conduit à des taux d'échec autour de 50% en licence (en 4 ans). On peut voir une amélioration des performances en L1 depuis parcoursup (cf https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-03/20250319-RPA2025-volume1-prevention-echec-premier-cycle-universitaire.pdf par exemple), mais ça reste assez catastrophique. Il faut noter qu'avant parcousup, on se retrouvait avec des bacpros dans les filières de maths. Leur taux de réussite en licence est proche de 0% en maths (7% toutes filières confondues). Pourquoi les laisser aller en maths ?

2 « J'aime »

Bah LOL.

Parce que l'humain ne faisait pas correctement son travail. La sélection humaine reste la meilleure car elle prend en compte des aspects que Parcoursup ignore ou néglige.
Dit autrement, on pourrait remettre des gens dans le système dont ce serait le métier que de guider les choix des lycéens et de procéder au suivi.
Mais on m'indique que ça coûte plus cher qu'un logiciel qui, au passage, laisse énormément d'étudiants sur le carreau tous les ans.
En plus de prendre en compte des choses débiles comme le comportement, les retards et l'absentéisme. De la merde.

3 « J'aime »

J'ai de gros doutes. Toutes les études montrent que les humains sont extrêmement biaisés.

EDIT : ah oui, super important : Il n'y avait pas d'intervention humaine dans APB, arrêtez d'inventer un système antérieur fantasmé.

En effet, mais si tu n'as rien acquis en maths pendant collège + lycée, il est impossible que tu réussisses à l'université en maths, par exemple. Le problème avec APB était qu'aucun prérequis ne pouvait être mis en place.

Penser que c'est parcoursup qui fait l'affectation, c'est ne pas comprendre comment le système fonctionne. Parcoursup est simplement une aide à la décision. Qui pose plein de problèmes, mais qui en règle aussi de nombreux, ne serait-ce que la collecte des informations sur les lycéens. Si des lycéens resent sur le carreau, c'est qu'on n'a pas assez place dans les filières, ce n'est pas parcoursup qui crée cette pénurie.

Dans les dossiers ?

3 « J'aime »

Oui. Mais alors en amont des dépôts de dossier. Tu n'imagines pas le volume que ça représente.

Il y a un critère géographique dans parcoursup ? Pcq dans Trouvermonmaster on arrive de manière récurrente à des situations où Bob, de Sète, étudiant en Licence BOE à Montpellier se retrouve en Master BEE à Lille, pendant que Dylan, de Tourcoing, étudiant en Licence BOE à Lille, se retrouve en Master BEE à Montpellier. Des cas particuliers ceci dit.

(Les prénoms ne sont pas représentatifs).

Réciproquement avec mes collègues on en arrive à se dire qu'il faudrait systématiquement sous classer certains profils qui, en fait, ne viennent que rarement. Comme Bob. Mais s'il n'est pas pris à Montpellier, c'est deguelasse...

Bref, c'est horrible ces activités de jury de recrutement. J'en gère un pour un petit parcours master (moins de 20 étudiants) et ça me mine à chaque année.

@Gurderman l'effet le plus pervers de parcoursup c'est en lycée avec les étudiants qui flippent et les profs qui surnotent (idem au bac). Plus de 80% des étudiants en formation chez nous ont une mention TB au bac. Dans les dossiers les profils sans mention ayant un parcours de licence adéquat pour rentrer en Master c'est très rare.

5 « J'aime »

This! J'ai un pote qui a un M2 de data bien côté : 2800 candidatures pour 120 places. C'est grotesque. Sans un filtrage algorithmique de base, c'est impossible de regarder les dossiers de façon objective, même en y consacrant beaucoup de temps.

This too...

6 « J'aime »

400 pour 20. On est dans les mêmes proportions. Pourtant notre master est un sombre inconnu (adossé à des parcours de visibilité nationale -voire +- ceci dit).

3 « J'aime »

Bien sûr.
Et c'est très infantilisant (encore).
Bien sûr que le système n'a pas que des défauts mais on est également loin de voir systématiquement des élèves nuls en maths vouloir faire à tout prix des études scientifiques, ou peu importe les carences et la filière.
J'ai vu l'année dernière des choix complètement zinzins pour certains élèves qui se retrouvaient paumés. Et beaucoup qui se retrouvent sans rien à la mi septembre et on leur répond que c'est un bug.

Et bien entendu, faut-il le rappeler : aucun accompagnement par des conseillers d'orientation pendant l'année.
Les profs font des "soutien au parcours" à la place.
C'est déconnant. 100% à chier, non. Mais clairement insatisfaisant à un moment charnière pour les élèves.

2 « J'aime »

Complètement d'accord

1 « J'aime »

L'absentéisme est un énorme prédicteur d'échec à l'université. J'ai fait des stats sur ça pendant 6 ans à Paris 1, les absences en TD sont fortement prédictrices de l'échec à l'examen. Qu'on prenne en compte l'absentéisme dans le processus de sélection ne me semble donc pas déconnant du tout. Je ne savais pas qu'on avait l'info, ceci dit.

Non, bien sûr, mais des élèves non sportifs vouloir faire STAPS pour être agent de footballeur, si.

D'accord avec le reste du message.

2 « J'aime »

Partie de campagne, un weekend au vert.


Surement d'anciens lycéens...

3 « J'aime »

Bah ouais, mais c'est bon le maïs.

On a eu la même chose au CNES l'autre jour. Première manif de l'histoire du CNES où les salariés sont montés depuis Toulouse jusqu'à Paris pour, entre autre, protester contre l'arrêt de projets scientifiques.

On avait invité les parlementaires de tous les partis (sauf RN) a participer/discuter. Seul LFI et EELV sont venus. La plupart des salariés (ce sont des cadre sup pas particulièrement pro LFI) se sont surtout demandé pourquoi les autres ne venaient pas.

C'était une manif intersyndicale (CFDT, CGT, CGC, CFTC) donc clairement pas un traquenard si des parlementaires ''centristes'' ou ''de droite'' avait voulu participer.

13 « J'aime »

Le fameux maïs fumé au gaz !

2 « J'aime »

Eh oui, il y a quelques années, les Conseillers d’orientation- psychologues de l’EN ont été renommés psychologues de l’éducation nationale et leurs missions d’orientation ont été très réduites. Dans le même temps, on a demandé aux enseignants dès le collège de prendre en charge le parcours d’orientation des élèves, comme ça, au débotté .
Évidemment, on a gueulé, on a fait grève, mais comme toujours, la grande majorité des Français a cru que nous gueulions parce que nous sommes des feignasses et qu’on nous demandait de travailler plus.

Quand on dit que telle ou telle réforme est pourrie, ce n’est jamais pour le plaisir de perdre une journée de salaire.

13 « J'aime »

C'est vraiment lunaire. Déjà que j'ai du mal à parler avec mes étudiants de leur débouchés en dehors de la recherche, sur un champ très spécialisé et malgré mes liens avec des entreprises du secteur, je trouve ça complètement délirant de demander à des enseignants de collège de conseiller les gamins sur l'ensemble des débouchés (du collège unique, rappelons le).

8 « J'aime »

Ah mais on reçoit une belle brochure présentant toutes les formations disponibles sur notre bassin quand on est PP (prof principal) de 3e! Et puis il y a des parcours numériques disponibles pour que les élèves puissent se former et s’informer ! Et il y a le CDi!
On n’est pas laissé sans rien comme outil!

:roll_eyes:

5 « J'aime »