Je salue le courage de lancer un magazine papier en 2025 et j’aurais été ravi d’y souscrire, mais je sors très déçu de la lecture de ce Mag de Jeux, rien que les efforts pour le trouver (j’ai dû faire le tour de plusieurs marchands de journaux) c’était trop pour ce qu’il y avait dedans. Il est déjà dans ma poubelle de tri alors que je suis plutôt du genre à tout garder.
L’attente créée par la promesse d’un Jeux et Stratégie moderne était peut-être trop haute (et mon souvenir de cette revue un peu enjolivé par la nostalgie), mais pour moi on est loin du compte. Dans J&S, pour à peu près le même nombre de pages, on avait énormément de contenu jouable (énigmes, problèmes de jeux classiques, mini-LDVELH, code exécutable), des actualités, des présentations de jeux méconnus. Rien de tout ça ici.
L’édito défend l’idée que le jeu de société c’est de la culture, mais dès la page suivante on a droit à un court texte qui explique qu’ils ne parleront que des jeux qu’ils ont apprécié, déjà là j’étais méfiant. Et de fait une énorme partie du magazine est consacré à de la présentation de jeux sur une colonne sur un ton quasi « publi-rédactionnel », avec des prix annoncés parfois complètement à l’ouest, sans jamais aucun recul critique sur les possibles faiblesses des jeux, ni en quoi ils parviennent ou non à t’apporter les sentiments de jeu auxquels ils prétendent. Je ne sais pas s’ils ont touché de l’argent pour autre chose que pour les pages de pubs explicites, mais ça laisse une impression très différente de celle qu’on attendrait d’un magazine culturel.
Les dossiers sont plutôt décevants aussi, ils servent en fait de prétexte à name-dropper un maximum de jeux assez récents vaguement liés au thème. Ceux sur le Liban ou sur Ludodélire sortent un peu du lot en allant chercher des contenus moins archi-connus ; celui sur les jeux solo touche vraiment le fond : c’est une collection de poncifs et d’idées reçues sur les raisons qui poussent les joueurs à jouer en solo, et s’ensuit une liste de recommandations qui commence par… 3 pleines pages de jeux multijoueurs avec un mode solo (Carcassonne, Cascadia, Welcome to, Spirit Island, Robinson Crusoé, Terraforming Mars, Jaws of the Lion) !
Enfin le clou sur le cercueil c’est la forme : des typos qui ne devraient même pas passer la barre du correcteur orthographique le plus basique, des tournures de phrases ou des métaphores stéréotypées qui sont copiées-collées d’article en article (voire au sein d’un même article !), et surtout, à part les visuels de jeux fournis par les éditeurs et les photos des gens interviewés, des illustrations full IA particulièrement laides.
Objectivement, le Philimag m’apporte plus de contenu jouable, il est mieux écrit, il coûte moins cher et il est livré chez moi, et au moins son objectif de faire la promotion des jeux « chroniqués » est sans équivoque.