: 1-99 joueurs
: 5-360 min
[La page Gamefound ] Sealed Stories: A Tactical Fantasy TTRPG by Sealed Stories - Gamefound :
Comme vous le savez, l'anglais et moi, ça fait deux ou trois même (mais le jeu est prévu en VF). Pourtant, impossible de résister à ce projet : il m'a littéralement envoûté ! C'est peut-être le passionné de JDR et d'heroic fantasy médiévale en moi qui a parlé... Je ne saurais pas trop l'expliquer.
L'auteur (avec qui je suis désormais en contact) a partagé un petit extrait jouable pour qu'on puisse tester le jeu. L'ambiance y est un peu particulière — bon, ma propre traduction y est peut-être pour quelque chose ! J'en ai profité pour vous concocter un court récit à partir de ce début d'aventure.
Je vous laisse juger par vous-mêmes ! Ça vous dirait que je continue à vous partager des infos sur le projet via l'auteur et Gamefound ?
Retour à Nokturna
Les deux crêtes rocheuses se dressent face à moi comme des géants de pierre, enserrant la ville dans leur étreinte minérale. Au fond de ce col étroit, la seule voie d'accès vers Nokturna s'impose : une immense porte qui semble sceller le monde extérieur.
Je m'approche de l'arche sombre. Des gravures représentant le soleil courent le long de la pierre, traversant le temps et les intempéries. Par endroits, la peinture jaune des rayons a été fraîchement retouchée, ravivée, créant un contraste saisissant avec la pénombre de la roche. On dirait presque que la ville cherche désespérément à retenir la lumière avant d'entrer dans l'ombre.
Je passe une main sur mon visage humide, frottant machinalement mes taches de rousseur, puis je replie une mèche de mes cheveux roux derrière mon oreille. Le vent froid du défilé s'engouffre dans le passage. C'est ici que tout commence. Je prends une inspiration, et je franchis la porte, un frisson le long de mon dos.
À peine ai-je franchi le seuil que la ville me saute aux yeux et au visage. Elle grouille de vie sous l'arche. Je traverse un marché animé où se mêlent les étals de vivres, les étoffes colorées et les bacs d'épices aux odeurs piquantes. Au loin, le tintement régulier et lourd d'un marteau frappant l'enclume rythme la rumeur de la foule bruyante.
Tout ici me replonge en arrière. Je respire à pleins poumons ces odeurs caractéristiques de mon enfance : un mélange d'humidité ambiante, de pain chaud sortant des fours et de métal froid.
Soudain, la foule se sépare. Certains badauds s'arrêtent pour regarder, d'autres détournent sciemment les yeux. Devant moi, un enfant est agenouillé au sol. Sa petite main s'avance timidement vers un éclat sombre posé sur les pavés : un fragment de métal. Un adulte tente de le tirer par le bras pour l'éloigner, mais le gamin se rapproche à nouveau, fasciné, attiré.
Sous mes yeux, le morceau de métal se met à tourner lentement sur lui-même, en parfait équilibre. Au même instant, derrière nous, les fresques de la grande porte semblent s'éveiller : la peinture jaune des rayons du soleil s'allume d'une nouvelle lueur étrange.
Fascinée à mon tour, je m'approche et me penche. Le fragment émet une vibration sourde qui fait frémir l'air. Je pose à peine le bout des doigts dessus. Une onde de froid intense m'envahit aussitôt. Quand je retire ma main, mes empreintes conservent la marque exacte du métal, comme gravée dans ma peau. Au fond de moi, je sens la vibration courir sous les pavés en direction de l'arche, comme si l'objet venait de passer une commande à la porte.
— Ne touche pas à ça Tâche de rousseur.
La voix s'élève juste derrière moi. Je la reconnaîtrais entre mille : c'est Ren. Sa voix est la même qu'hier, à peine un peu plus lourde, un peu plus âgée.
— Je ne sais pas d'où viennent ces pierres, poursuit-il en observant le sol. Elles ont été laissées là... par inadvertance, ou avec un but bien précis.
— Pourquoi ne dois-je pas toucher ? demandai-je en observant mes doigts encore engourdis. — Parfois, le danger n'est pas l'objet lui-même... mais le souvenir qu'il garde de ton contact.
Je le suis jusqu'à sa forge, nichée au fond d'une ruelle étroite. C'est un lieu familier qui sent bon la graisse, le fer chaud et la cendre.
— Alors Coryne... dis-moi ce que tu as vraiment vu.
Pendant que je lui raconte la scène, il attrape un morceau de charbon et se met à esquisser d'un geste sûr, sur une planche de bois brut, la silhouette de l'enfant, la porte monumentale et la foule figée autour.
Pour l'instant, la situation est confuse et les questions se bousculent. Mais au milieu du chaos de Nokturna, cette forge est mon seul point d'ancrage. C'est d'ici que je dois partir pour comprendre cette ville et percer le mystère de ces fragments.
Quel lien secret unit ce métal vibrant à l'imposante porte du soleil ?
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