Ma dernière claque, celle qui à la dernière page m’a laissé pantoise.
Carcajou
« Carcajou » ça claque. Ça sonne mystérieux et lointain.
Dit « Carcaaajouuu » ça se rapprocherait d’un cri venant des tripes, d’un hurlement à l’attaque.
C’est un peu tout ça à la fois. Carcajou est un ermite de Sinnergulch, une ville du Canada sous la main mise du business de pétrolier des Foxton en cette fin du XIXè siècle. Il vit reclus sur une colline et passe son temps à chercher de l’or pour payer sa gnole quotidienne. En ville sa réputation d’homme rugueux, de « fils du démon », d’homme qui a tué il ours de ses mains et autres ragots va bon train.
La seule raison pour que Foxton s’intéresse à Carcajou c’est l’or noir qui coule dans les veines de sa colline dont il veut faire l’acquisition, et il est prêt à tout pour ça. À tout ! Il ignore simplement que la réputation de Carcajou est fondée.
Roman graphique aux couleurs vives, aux traits vivants l’histoire tient et embarque son lecteur.
Du rebondissement, des histoires dans l’histoire, une trame rythmée sans longueur, des personnages de caractère, une montée en puissance progressive et en tension qui fait tourner les pages jusqu’à atteindre le tourbillon. Voilà ce qui caractérise Carcajou.
Le lecteur est malin et aura le nez pour sentir, deviner les choses jusqu’à… cette toute dernière planche en contre plongée et pleine de liberté où l’auteur lui montrera que c’est lui qui aura été le plus malin.
Carcajou ça se dit lentement, syllabe par syllabe pour marquer et défendre un territoire.
Mais surtout carcajou c’est l’autre nom du glouton. Cet animal canadien solitaire et farouche, quelque peu agressif, au cri qui fait reculer, aux griffes acérées et qui de son nom anglais a inspiré le surperhéros Marvel… Wolverine
