Ça, c’est vraiment quelque chose que je peux pas entendre.
Au passage, c’est le même argument utilisé par les terroristes pour justifier leurs actions (vous êtes français donc vous êtes une cible légitime). Je n’ai même pas pris l’exemple du 7 octobre pour ne pas embrouiller le débat.
Toute façon Chomsky avait l’air d’être plus à l’aise avec le concept de responsabilité collective qu’avec celui de responsabilité individuelle:
Vous êtes citoyen français donc vous avez une part de responsabilité dans les décisions prises par votre pays qui se dit être une démocratie.
C’est pour moi très différent de :
Vous êtes citoyens français donc vous avez une part de responsabilité dans les décisions de votre pays ce qui nous autorisé à vous tuer de façon sordide.
Je peux clairement entendre la première affirmation, pas la deuxième.
D’ailleurs plis que citoyen français, dans bien des cas je dirai plutôt “consommateur occidental”
Et je nuance en maintenant que si les citoyens de pays soit disant démocratiques comme la France ont une part de responsabilité, cette dernière a tendance à se réduire à peau de chagrin car leur réel pouvoir politique devient de plus en plus une farce.
Par contre leur pouvoir en tant que consommateur grandit.
Ce qui ne justifie pas qu’il méritent de mourir dans un attentat à la bombe.
C’est le début de l’essentialisation.
Je le dis sans animosité aucune, mais je ne comprends absolument pas que l’on puisse penser comme cela, je crois que ça me dépasse tout simplement.
Que tu ne te sentes pas responsables (et je te rassure moi non plus) c’est une chose. Mais politiquement nous avons tous (théoriquement, dans les faits c’est très discutable) une parcelle de pouvoir dans une démocratie.
Pour le coup l’essentialisme ce serait reconnaître une nature avec des caractéristiques propres à cette nature au fait d’être français. Alors qu’être français c’est une construction sociale. Donc pas d’essentialisme là dedans pour moi.
Et pas de soucis @retam je le prends pas mal, ce n’est qu’un échange de point de vue (dans lequel je reconnais me faire quelque peu l’avocat du diable car fondamentalement je suis d’accord avec toi et Uphir maos en théorie, nous avons une responsabilité dans les conneries que fait notre pays, comme les israéliens en ont une dans les horreurs de leur pays … après il faut effectivement apporter beaucoup de nuances à la théorie on est bien d’accord)
On sera pas fâché, t’inquiète pas !
Mais toujours pas, sauf sur les nuances
À la rigueur, je veux bien admettre que ceux qui ont voté pour un parti au pouvoir en connaissance de cause soient un peu responsables. Encore faut-il que les programmes soient explicites.
Même cela a ses limites : on peut voter pour un parti avec le programme duquel on est globalement d’accord, mais il y a toujours des points de non-adhésion.
Dans le cas d’Israël, y a beaucoup d’électeurs BN qui doivent se mordre les doigts d’avoir voté pour lui, mais soit, y avait quand même 2-3 indices donc je leur trouve pas trop d’excuses.
Moralement, je suis d’accord avec toi : même les électeurs de BN ne sont pas tous responsables des horreurs et doivent même pour certains y être opposés.
Mais si une démocratie est bien le pouvoir du Peuple, et comme nos régimes occidentaux se prétendent (à tort selon moi) démocratiques, alors le Peuple est responsable du pouvoir qu’il exerce. Encore faut-il définir le Peuple mais dans une démocratie, concernant l’exercice du pouvoir, on va souvent le réduire aux citoyens.
Après on est parfaitement d’accord sur le fait que nos démocraties bourgeoises (oxymore s’il en est) n’ont pas grand chose de démocratique et faire incomber l’exercice sordide du pouvoir au Peuple (et donc à nous citoyens) est fallacieux. Mais tant que nos régimes se prétendent démocratique, cela suppose que nous sommes responsables.
Et comme vous je ne suis pas d’accord avec cette affirmation (dans mon cas, parce que je considère que nos régimes ne sont pas démocratiques, en France comme en Israël)
Paywall malheureusement, mais c’est très évocateur des dérives fascisantes de l’Etat Israélien.
Extrait : « Dans une lettre ouverte à la hiérarchie militaire, rendue publique lundi 16 mars, quatre anciens majors et brigadier généraux, membres de Commandants pour la sécurité d’Israël, une organisation qui rassemble plus de 550 officiers retraités, dénoncent la « violence et le terrorisme » des colons juifs qui multiplient les attaques, parfois mortelles, contre des Palestiniens »
Comme la lettre n’appartient pas au Monde, tu peux la trouver ailleurs (ex. https://x.com/YehudaShaul/status/2033888758748066261). Tu parles de dérives fascisantes de l’État Israélien : c’est-à-dire ? Dans l’article, je vois surtout des actions de colons israéliens (violences, pogroms contre Palestiniens) qui devraient être lourdement condamnés par la justice. Le fait de ne pas les sanctionner (impunité 93% selon Yesh Din) = du fascisme ?
Je vois bien l’idée de dénoncer la gravité de ce qui se passe, mais balancer « fasciste » ou « nazi » à toutes les sauces pour qualifier des politiques nationalistes, perso ça me donne surtout l’impression qu’on ne sait plus très bien de quoi on parle.
Ils n’auraient pas dû écrire colons israéliens ? « Juifs » ça apporte quoi ?
J’anticipe l’argument : ces colons agissent par intégrisme religieux. OK, pourquoi pas. Sauf que ce traitement médiatique (et ici ) ne marche que dans un sens. Le Hamas et le Jihad Islamique massacrent aussi au nom de Dieu. Mais pour eux, c’est toujours « terroristes » ou « terroristes palestiniens », le mot « musulman » disparaît par magie.
Tu trouves que les mots sont importants, et moi aussi
C’est pourquoi je n’ai pas parlé de dérives fascistes, mais fascisantes. Il y a une nuance entre les deux.
Dixit tonton Robert :
Fascisant : « Qui a des tendances fascistes ; qui préconise ou emploie des méthodes fascistes. »
J’ai pris la peine d’instiller de la nuance, mais pour moi le pogrom est une méthode fasciste.
D’accord avec toi pour l’emploi de « colon israëlien » qui aurait été plus approprié, même si dans les faits ce sont des colons à la fois juifs et israëliens qui sont (très probablement) impliqués.
« Depuis 2020, les soldats et les colons israéliens ont tué au moins 1 100 civils palestiniens en Cisjordanie occupée, dont au moins un quart étaient des enfants. Personne n’a été inculpé pour aucun de ces décès. […] Entre 2020 et 2025, plus de 96 % des enquêtes policières sur les violences commises par des colons en Cisjordanie occupée se sont conclues sans mise en accusation — sur la période 2005-2025, c’est 93,6%. […] Les Palestiniens ont déposé 1 746 plaintes concernant des préjudices causés par des soldats israéliens en Cisjordanie occupée au cours de cette période, dont plus de 600 pour des homicides. Moins de 1 % d’entre elles ont abouti à des inculpations. […] Entre 2023 et novembre 2025, l’étude des trente plus graves attaques perpétrées en Cisjordanie à l’encontre de Palestiniens montrent que dans 16 de ces incidents, il a été signalé que des soldats ou des policiers étaient présents et ont participé à l’attaque directement ou indirectement. »
En croisant ses données et celles de l’ONG israélienne Yesh Din, le journal britannique The Guardian dresse un tableau clair de l’impunité des colons et des soldats israéliens à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie, dont nous connaissons actuellement un niveau sans précédent. Si ce processus de nettoyage ethnique se produit, c’est aussi à la faveur de cet apartheid, où sur le même territoire, deux régimes juridiques différents s’appliquent.
A la base, j’ai lancé ça parce que tout ce qui est opération militaire m’intéresse, mais bien loin d’être un reportage sur le mode opératoire de cette brigade « spéciale » de l’armée israélienne, on a plutôt un reportage sur comment les officiers de cette unité ont utilisé le 7 octobre pour déshumaniser complètement l’adversaire, et ainsi ouvrir la voie aux exactions que l’on connait.
Bien évidemment, l’endoctrinement d’un soldat pour ôter toute considération humaine à celui (ou celle) qu’il a en face de lui est commun à toutes les armées à travers le monde et n’est pas nouveau, mais ici on voit que le mécanisme est poussé à son paroxysme et facilité par les attaques du 7 octobre, avec un fort accent mis sur la vengeance.
J’ai trouvé ça intéressant.
Spoiler : cela ne va pas vous réconcilier avec Tsahal.
Le père Gabriel Romanelli est sur place, à Gaza : « La situation continue à être terrible », explique-t-il. Les habitants peinent à trouver de l’eau et de l’électricité.
“Une bonne sœur presse le pas dans Jérusalem, un préado juif orthodoxe la toise, crache sur son passage, avant d’en rire. On se frotte les yeux … En Cisjordanie, les attaques de colons sont quotidiennes, regrette le curé de Taybeh, village palestinien de 1 300 chrétiens”
Curieusement on parle toujours des persécutions (réelles) des chrétiens d’Orient, sauf quand ils sont en Israël ou en Palestine. Dernièrement encore, interdiction de fréquenter les lieux saints à l’occasion des fêtes de Pâques. On aimerait un peu plus entendre les Retailleau et compagnie sur le sujet.
« “Inside Gaza”, documentaire sur les journalistes palestiniens de l’AFP — dont G. Woessner, R. Enthoven et d’autres contestaient l’existence ou la crédibilité — remporte le Grand Prix du FIGRA.
Vous aviez raison sur un point : vous ne faites pas le même métier. » Johann Soufi
Le documentaire Inside Gaza (Dans Gaza), réalisé par Hélène Lam Trong, qui suit des journalistes du bureau de l’AFP à Gaza après le 7-Octobre où ils se sont retrouvés les seuls à pouvoir témoigner, a remporté vendredi 3 avril en France le Grand prix du 33e Figra, le Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société.
Ce film de 76 minutes, co-produit par Arte France, la RTBF et Factstory, filme le quotidien de quatre journalistes et collaborateurs de l’AFP qui témoignent de l’extrême difficulté d’exercer leur métier dans un territoire en guerre, et auquel le reste de la presse internationale n’a plus accès. Cette production franco-belge a également été récompensée du prix du public.
« Pendant les massacres de civils au Liban, en Iran, à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés de Cisjordanie, l’assassinat ciblé de journalistes par l’armée israélienne se poursuit.
Ci-dessous le journaliste d’Al Jazeera Mohammed Wishah photographié avec sa petite famille ce matin. Un drone israélien a visé son véhicule à Gaza, une seconde frappe s’est abattue sur les passants qui lui portaient secours. Lui est mort, il y a plus d’une dizaine de blessés.
La journaliste libanaise Ghada Dayekh, de la radio Sawt Al-Farah, a été tuée par une frappe israélienne visant son domicile à Tyr.
Une autre journaliste libanaise, Suzanne Al-Khalil, a été tuée par une frappe israélienne dans la région de Kayfoun. » Irène Bonnaud
A Gaza, une jeune écolière abattue par l’armée israélienne alors qu’elle assistait à un cours
Selon les autorités palestiniennes, Ritaj Rihan, en classe de CE2, a été tuée d’une balle dans une tente qui faisait office d’école, ce jeudi 9 avril, dans la ville de Beit Lahia, dans le nord de l’enclave. L’armée israélienne n’a pas commenté.
A Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 avril 2026. (HASEEB ALWAZEER/REUTERS)
Par Libération - AFP
Publié le 09/04/2026
Les forces israéliennes ont abattu ce jeudi Ritaj Rihan, une jeune écolière gazaouie qui assistait à un cours dispensé dans une tente, selon les autorités palestiniennes. Les faits se sont produits dans la ville de Beit Lahia, dans le nord de l’enclave palestinienne. Le ministère de l’Éducation a précisé que l’enfant, en âge d’être en CE2, avait été touchée par une balle devant ses camarades de classe. Il a déploré le «choc psychologique profond» causé aux enfants qui ont assisté à la scène.