Ces dernières semaines, à la faveur de quelques jours de congés, d’une soirée en bar à jeux et de quelques sessions en famille le week end, et en assoc’, j’ai joué à plusieurs petites choses … On va la faire en mode (relativement) express, histoire de pas remporter le titre de post le plus soporifique de l’année 
Les secrets de Warden Keen
(à 3 joueurs)
Le jeu souffle (beaucoup) le chaud, et (un peu) le froid ...
On va commencer par confirmer ce que tout le monde dit déjà : oui, l’édition est canon, magnifique, du Bombyx dans toute sa splendeur.
C’est soigné, beau, quali, jusqu’à l’insert carton.
Ça se met en place en 30 secondes et ça se lance 3 secondes plus tard, le temps d’ouvrir le livret.
J’ai dit que j’allais faire court, donc je ne rentre pas dans le détail de la mécanique.
11 mystères à élucider en se basant sur des pierres tombales.
En gros, une vingtaine de minutes par mystère annoncées (mais en fait, certains vous en prendront probablement - bien- moins de 10), des solutions assez malines pour la plupart (un seul conseil : « keep it simple » !).
Et surtout, une ambiance vraiment sympa, entretenue par la rédaction du livret et l’ambiance du matériel. C’est sans aucun doute surproduit, mais ça participe à une espèce d’atmosphère poétique qui s’installe autour de la table, vraiment plaisante.
A priori, du tout bon, donc. Alors pourquoi je trouve que ça souffle un peu le froid ?
Parce que justement, le jeu est sans doute un peu trop surproduit, et reste très classique dans les énigmes proposées (même si leur conception reste brillante, il faut l’avouer).
Une ou deux petites choses qu’on a trouvées un peu capillotractées, et sans doute l’attente d’un effet « waouh » qui n’est jamais arrivé. Et y’a un truc avec ce matériel : ça claque, ça met du volume, mais on en attendait quelque chose qu’on y a pas trouvé (amusant de voir ma fille essayer de manipuler les statues pour voir s’il n’y aurait pas un indice caché dessous … mais non, les stèles sont monolithiques, pas de truc magique, bref, la surproduction sert juste un objectif esthétique et immersif - même si pouvoir prendre les stèles est pratique, à plusieurs, pour les observer de plus près -, pas la mécanique elle même).
Le jeu annonce qu’on va découvrir l’histoire de spoon river. On découvre en fait des histoires de Spoon River, pas forcément liées entre elles. Sympathiques, certes, mais on s’est fait piéger plusieurs fois à vouloir faire des liens entre les mystères qui n’existaient simplement pas … parce que je pense qu’on avait envie qu’il y ait des liens, des croisements, une espèce de méta qu’on n’a finalement pas trouvée dans le jeu.
Lorsque j’ai commencé à écrire ces lignes, il nous restait 2 mystères à élucider … tout pouvait arriver, on y croyait… au bout du compte, on n’aura pas eu la « méta » qu’on attendait. On aura bouclé les 11 mystères en 3 sessions. Ça se joue vraiment vite. Au final, on aura passé des chouettes moments dans une ambiance hors du temps. Ça confirme le talent de Monsieur Mori qui commence à cumuler les « bangers ».
Pour autant, passé l’effet waouh du concept, il y a un petit sentiment de « tout ça pour ça » qui se dégage. Pas suffisant pour faire regretter l’expérience, l’exécution est remarquable, le jeu vraiment sympa, mais il laisse un petit goût d’inachevé (jusqu’à la dernière dernière énigme, sans solution dans le livret, qui m’a laissé un peu circonspect).
Chateau Rossignol
Bon, c’est un jeu à deux, donc joué à deux 
Ascenseur émotionnel pour moi à la sortie du jeu, j'ai finalement craqué, mais ...
Quand les premières photos du jeu sont sorties, ça m’a fait « waouh, des illus de Vincent Dutrait, les cartes claquent ! », mais aussi du « beuark, c’est quoi ce plateau hideux ».
Et puis j’ai regardé d’un oeil distrait la vidéo d’UMDJ sur la partie … et j’ai eu l’impression d’une mécanique brouillonne et pas thématique, bref, d’un jeu au thème plaqué sur une mécanique tordue.
Bref, le jeu était clairement pas pour moi.
Et puis en me baladant chez un de mes ludicaires pendant mes vacances, je suis tombé sur le jeu mis en place sur un meuble. Et là : « ben en fait, il rend plutôt bien, ce plateau, en vrai … et puis elles sont toutes mimi ces 4 petites figs un peu massives … tiens, la règle est sortie, on va regarder ».
Et la règle, en la parcourant rapidement, s’est avérée bien moins brouillonne que les explications que j’avais vues du jeu. Et courtes.
Et puis j’aime bien le travail de Bruno Cathala. Et j’adooooore celui de Vincent Dutrait … donc bon. J’avais des points fidélités à dispo … j’ai craqué.
Lecture approfondie de la règle, mise en place, première partie.
Premier constat : le côté « attrape moi si tu peux » est très agréable, malin, le jeu est plutôt fun.
Deuxième constat : y’a une courbe d’apprentissage, ne serait-ce que pour se mettre en tête les capacités des tuiles équipement (les siennes et celles de l’adversaire, pour savoir ce qui peut nous tombe dessus). Le jeu n’est pas évident au premier run.
Par contre, c’est là que les premiers étonnements (et petites déceptions) apparaissent :
- le matériel est plutôt chouette, mais je regrette vraiment le manque de soin de certains détails : la présence en un seul exemplaire des aides de jeu pour chaque camp, qui oblige à se les passer en cours de partie pour prendre connaissance des actions / effets possibles de l’autre, mais surtout cette piste d’ordre du tout qui quand on la retourne n’a même pas la bonne idée d’inverser le sens des pistes de cartes, pour tenir compte de l’installation de joueurs : quel que soit le côté, les ninjas sont à gauche. Alors qu’au verso, il aurait été si simple de les mettre à droite. Détail probablement absurde, mais surprenant (le recto verso de la tuile ne sert donc à RIEN).
- l’écriture de la règle. Là, grosse déception. Je pensais que tout serait limpide, carré, et en cours de partie sont apparues des questions dont les réponses n’étaient pas évidentes à la relecture des règles. La faute à une rédaction, finalement, pas si fluide, et à des manques de précisions qui auraient pu être évités par quelques mots supplémentaires. Du coup, perte de temps sur cette première partie à essayer de nous assurer que nous appliquions bien tel ou tel effet, dont la description dans la règle manquait de clarté. Pas beaucoup, certes, mais décevant sur une règle aussi courte. Il manquait pas grand chose pour qu’elle soit nickel, pourtant.
Mais définitivement, le jeu est plaisant. Cette mécanique du chat et de la souris (enfin du Panda roux et des vilains matous) est efficace, on se prend au jeu de l’élaboration de plans machiavéliques pour coincer les ninjas (vous l’aurez deviné, je n’ai joué que le samouraï pour l’instant, ma fille ayant refusé de lâcher les ninjas), les situations peuvent se retourner (après avoir attrapé 6 des 8 vases sur notre première partie - et après que j’en ai cassé un - ma fille s’est vue confisquer deux de ses ninjas coup sur coup - mon plan machiavélique s’était refermé sur ses matous), et au final, les deux parties que nous avons enchaînées se sont soldées par des scores très serrés au final.
Bon, j’ai perdu les deux fois, dont une où c’est un peu le hasard qui a tranché (j’ai élaboré une hypothèse sur le mouvement de mon adversaire qui s’est révélée ne pas être la bonne, et oublié certains effets de ses équipements que je n’ai pas pris en compte dans ma réflexion), mais c’était deux belles parties, et deux affrontements de qualité.
Me reste à convaincre ma fille de me laisser jouer les Ninjas, une prochaine fois, histoire de goûter à l’autre côté du miroir 
Five Tribes
Vous ne me croirez peut-être pas, mais je n’y avais jamais joué avant.
Et pour le coup ...
Ben je comprends pourquoi c’est devenu un classique.
Partie à 4 sur un exemplaire ayant vraisemblablement connu de nombreuses parties.
Mise en place relativement rapide, explication des règles un peu plus longue, et démarrage en mode découverte totale pour 2 des 4 joueurs (dont moi).
Je suppose que tout a déjà été dit ou écrit sur ce jeu, donc je vais la faire ultra courte : c’est malin, super agréable à jouer, bien prise de tête au fur et à mesure que la partie avance (au sens « de plus en plus calculatoire », mais dans le sens sympa du terme), les stratégies de scoring sont multiples, le besoin d’adaptation constant. Le jeu réclame qu’on y revienne pour profiter de l’effet d’apprentissage.
Ma stratégie « collection à fond » sans aucun Djinn (c’est rude, sans Djinn, quand même) et mon acharnement à assassiner les vizirs adverses se seront révélés semi payants avec une deuxième place fort honorable au score
Une très très belle découverte, pour laquelle je ne serais par contre pas certain d’avoir les joueurs à la maison (faudrait que je teste).
BANG
à 7. Alors je connaissais Bang, le jeu de dés, que j'ai à la maison,
et avec lequel on a passé de bons moments en famille, mais qui ne sort plus car je le trouve un chouille trop chaotique et assez chiant à la longue. Mais je n’avais jamais joué à l’originel.
C’est fait.
Et une belle partie découverte, puisque nous êtions 7 (capacité maximum du bouzin).
Je récolte le rôle du renégat.
Et je découvre la mécanique à base de cartes, et la richesse des effets disponibles. Les joies de la dynamite, aussi. Et les personnages asymétriques.
Bon, clairement, je comprends le succès du jeu. C’est fun, animé, plein de rebondissements, de bluff. Et le contenu de la boîte de base se suffit à lui-même (curieux de voir ce qu’apportent les extensions).
Par contre, à 7 (dont 6 qui ne connaissaient pas le jeu), ça a pris un moment (la partie a duré pas loin d’une heure et demi au total).
Faut dire que les p’tits gars de l’ouest ont la peau dure, tout le monde s’est tourné autour pendant un moment ans vraiment oser ouvrir les hostilités.
Ah, si, y’en a bien deux qui se sont tout à tour fait exploser la tronche en mettant la dynamite en jeu. Pas morts, mais pas bien vaillants après ça, quand même.
Rose (mon perso) a fini par perdre patience et par se mettre à défourailler à tout va …
Passqu’y’a un moment, faut quand même que ça avance. S’ils ne veulent pas s’entretuer, on va les aider un peu !
Le tout en laissant croire à la cantonade que j’étais une gentille adjointe du shérif (en commençant par dézinguer tous les hors la loi présumés).
4 morts plus tard (elle a pas chômé, Rose), je finis par pousser le Shérif à dézinguer … son dernier adjoint, pensant que c’était le renégat …
Gniark gniark … s’ensuit un tête à tête sanglant avec le Sherif. Enfin, sanglant … pour lui … dépouillé de ses armes, hors de portée de son seul colt restant grâce à mon mustang, la mise à mort fut rapide, une balle à la fois. Et la victoire totale (bien la première fois qu’un de mes bluffs marche autant dans un jeu).
Bref, joyeuse découverte, et je ne suis pas certain de ressortir mon « Bang jeu de dés » de sitôt, tant j’ai trouvé cette version originale plus riche et amusante (et tellement moins aléatoire). D’ailleurs, il faudrait sérieusement que j’envisage de l’ajouter à ma ludothèque. Un jeu fun et fourbe qui se joue à 7, c’est pas si courant.
Crack List
à 7 aussi. Encore un classique auquel je ne m'étais jamais essayé.
Et vu l’état du jeu du bar, ça doit être un sacré classique qui sort très, très, mais alors très souvent.
Cette resucée du Petit bac à la sauce Uno n’a pourtant pas grand-chose de super sexy sur le papier, mais ça s’explique
tellement vite, et c’est tellement rigolo quand on a autour de la table des joueurs qui se prêtent au jeu que je comprends pourquoi c’est devenu un incontournable.
C’est tout bête, mais la recette marche. Un Petit Bac en mode « jeu de défausse », avec des thèmes tantôt sérieux, tantôt loufoques, des cartes d’effets qui pénalisent les adversaires, font passer des tours, changer le sens du jeu (vraiment à la « Uno », donc, avec des +2, +3, … associés à certaines lettres), vraiment le jeu facile à sortir, et qui passe bien auprès d’un max de monde.
Bref, dans la série « Bibi découvre les trucs évidents que tout le monde connaît sauf lui », je peux cocher une case de plus 
Mais aussi …
Et dans les « déjà joués » et sur lesquels j’avais déjà écrit, on a aussi pu faire ces derniers jours
Du TOYS BATTLE (quelques heures avant son As d'Or)
Gros avantage de ce jeu, ma fille, qui a une fâcheuse tendance à me défoncer sur pas mal de jeux, a pour je ne sais quelle raison un mal fou à dérouler des tactiques gagnantes sur ce jeu là. J’y ai donc un taux de victoire totalement inhabituel (et rafraîchissant
)
Du MEDICAL MYSTERIES New York à 3
On a fait découvrir à notre 17 ans. Ma femme est toujours aussi fan de la mécanique, plus qu’un patient, et je pense que je serai bon pour prendre la boîte Miami.
Et j’avoue que je l’apprécie énormément aussi. Le jeu est vraiment bien gaulé et calibré pour que le côté enquête prenne le pas sur le médical.
Du CARNUTA (à 3)
J’y avais joué à 2 et 3 sur BGA, à 4 en physique. Récupéré mon exemplaire samedi, j’y ai initié madame et n°2 dès le dimanche. Jeu très apprécié, on a pu enchaîner les parties, et je confirme, c’est tellement simple à expliquer ! (et tellement classe sur la table). Après une première partie durant laquelle madame subit littéralement le jeu, remontada folle à la troisième où elle nous pulvérise. La troisième s’avérera serrée, victoire de mademoiselle d’un cheveu. Je pense qu’il va ressortir souvent.
Du TAKE TIME (encore !?)
Après l’avoir vu nominé à la cérémonie des as d’or qu’on a regardée en famille, et que je leur ai dit l’avoir testé en assoc’, on a profité du retour de notre aîné pour les vacances et d’une soirée en bar à jeux pour le tester en famille. Au final, on y aura passé la soirée, pour boucler les deux premières enveloppes. Le jeu, après avoir laissé songeurs Madame et nos deux rejetons au début, a fini par prendre avec les premières victoires. Le jeu a plu, sans doute pas assez pour repartir avec une boîte sous le bras, mais le moment fut bien agréable et je verrai s’ils m’en reparlent plus tard. Le jeu s’avère donc bien plus attractif pour moi que je l’aurais pensé. Si j’ai l’occasion d’y retourner, ça sera avec plaisir, mais l’idéal serait quand même de continuer en famille pour profiter de notre courbe d’apprentissage collective.
Du ZENITH (mais à 4 cette fois)
Ben oui, parce que Zénith, on n’est pas assez nombreux à la maison depuis que je l’ai pour y jouer à 4 … donc je n’y avais joué qu’à deux. Et puis je dois aussi admettre que je l’apprécie tellement à deux, que je n’avais jamais ressenti l’envie d’y jouer à 4, malgré tous les éloges que cette configuration reçoit de presque tout le monde.
Comme faut pas mourir idiot, c’est l’occasion de tester, y’a assez de joueurs présents 
Une seule partie, et un sentiment à la fois enthousiaste, et mitigé.
-
Enthousiaste, parce que la contrainte du collaboratif avec l’accès à une partie de sa main seulement que l’on peut jouer, elle est sympa. Enthousiaste aussi, parce qu’elle rajoute une sérieuse valeur supplémentaire aux actions de diplomatie qui prennent alors tout leur sens en permettant de l’échange de cartes au sein de l’équipe. Enthousiaste enfin, car elle force la communication, et la mise en commun des idées pour trouver une stratégie adaptée (à son jeu et à celui de l’adversaire), encore plus qu’en jeu à deux, je trouve.
-
Mitigé car jouant avec quelqu’un que je ne connaissais pas avant, la collaboration n’a pas été immédiatement efficace. Qui plus est, avec un partenaire rompu au jeu (à 2 et 4) et bien plus expérimenté que moi, j’ai décelé un sérieux potentiel d’effet joueur Alpha (même si ça n’a pas été l’attitude du tout de mon partenaire, je précise), mais c’était assez flagrant dans l’équipe en face, avec un des deux joueurs qui était clairement une brute sur le jeu). Bref, j’ai trouvé que le jeu à 4 pouvait amplifier assez significativement le déséquilibre entre les joueurs.
C’est donc un mitigé qui devrait se corriger avec le temps, et plusieurs parties idéalement avec un/e coéquipier/e régulier/e, mais qui sur cette première fois à 4 m’a laissé une sensation de plaisir bien moins évidente que mes parties à 2 (et ce dès la toute première).
Bref, ça confirme que Zénith est vraiment un super jeu (pour moi), et définitivement un de mes jeux préférés sortis l’année dernière (si ce n’est mon jeu préféré sorti l’année dernière).
Bon, et puis zut, raté pour le post soporifique 