Jeux en financement participatif : la revue de la semaine (11 mai 2021)

Semaine de transition avec seulement deux projets se terminant. Mais deux jeux en français. Et tous deux très excitants. Au moins au niveau du jeu, du gameplay. Eh! Deux, c’est déjà pas mal. A raison de deux jeux par semaine et un retard median de 6 semaines pour les jeux sans plastique, combien de temps avant de devoir déménager?

Vu comment je galère à suivre avec une actualité aussi légère, deux, c’est déjà bien trop…


Ils se terminent

Hidden Leaders

Se termine le vendredi 14 mai à 23h. Jeu en français
La page KS. On en discute.

C’est beau. Très très très beau. Alors que, pour une raison que j’ignore, les jeux à identité secrète sont généralement moches. Avis évidemment personnel mais vu ce que j’ai payé pour certaines versions de Coup et autres, c’est un détail qui compte beaucoup pour moi. Et sur lequel je suis généralement déçu.

Pas cette fois. Visuellement, le jeu est irréprochable. Superbes illustrations, belle maquette; typiquement le jeu qui fait envie. Et qu’on a envie de partager avec ses amis.


La campagne est ce qu’elle est. Il est particulièrement difficile d’animer un kickstarter avec un jeu qui prendra son intérêt dans les discussions autour de la table. Difficile aussi quand la boîte contient quelques dizaines de cartes. Double pénalité ici mais ils s’en sont pourtant bien sortis.

C’était tout l’enjeu de cette campagne. Frais de port inclus, l’offre n’est pas intéressante. Mais c’est à la fin de la foire aux bestiaux qu’on compte les bouses. Je ne sais pas ce qu’en pensent les bousiers mais pour un humain joueur, le compte semble y être.

Reste à savoir si le jeu vous convient. La partie « identités cachées » n’est pas le point fort de ce jeu qui tient plus du jeu d’influence avec objectifs secrets. Un peu à la Camel Up, Horse Fever/Unicorn Fever, Winner’s Circle etc. Sans animaux, en remplaçant la piste de course par une piste d’influence, et, particularité, en faisant la course pour deux candidats. Carte après carte, vous allez donc tenter de faire progresser un de « vos » candidats et régresser les autres sans que cela se remarque trop.

Difficile du coup de conseiller ce titre aux amateurs de discussions tendues / climat de suspicion comme The Resistance ou Secret Hitler. A l’inverse, il devrait parfaitement trouver sa place dans la collection des joueurs qui ne sont pas trop attirés par ces jeux mais pourraient se détendre occasionnellement avec un gameplay plus riche en choix et décisions.

Le tarif du jeu ne mérite pas non plus de se faire des nœuds au cerveau. Mais tellement peu de jeux de ce type survivent à l’effet de découverte que, franchement, si vous avez un doute… Il sera largement disponible. Les bonus n’ont rien non plus de vraiment excitant.

Après, ça semble bien foutu quand même. je n’ai pas envie que vous imaginiez que je pense le jeu nul ou à éviter. D’abord, je n’en sais rien. Et puis, surtout, moi j’aime bien quand ça parle et part en vrille pendant une demi-heure sur une hypothèse qui tombe totalement à côté. Mais vous n’êtes pas moi, heureusement pour vous.


En ce moment chez Philibert


My Father’s Work

Se termine le vendredi 14 mai à 3h. Jeu en français.
La page KS. On en discute.

Un projet particulièrement intéressant, auxquels les membres de cwowd avaient d’ailleurs attribué un Coup de cœur. Disponible en français en précommande directement sur le site de Origames. Mais selon des modalités qui semblent conçues pour que les gens l’évitent.

En clair : ils facturent des frais de réservation, non remboursables. Et si vous souhaitez être livré en boutique, pour éviter les frais de port, c’est à vous de la recruter (la boutique). Donc, si vous souhaitez obtenir ce jeu, arrangez-vous au préalable avec votre boutique pour qu’elle passe commande en vous réservant un exemplaire. Votre vendeur sympa touchera sa marge. Et vous n’aurez pas à payer pour faire le travail du distributeur.


Revenons au jeu et à la campagne : le jeu n’est pas donné. Mais vu la qualité de production, la quantité de matériel et le travail de développement, difficile de se sentir floué. En terme d’édition, Renegade Games a mis le paquet.

Le jeu fait aussi dans l’originalité en mélangeant pose d’ouvriers et scénarisation. Sur un thème pas si fréquent, et souvent pour des jeux de peu d’intérêt : des savants fous lancés dans un grand projet qui nécessitera probablement plusieurs générations pour être mené à son terme.

Chaque partie sera du coup jouée en trois actes, chacun représentant une génération qui héritera de quelques avancées de son ancêtre et en transmettra de même à la suivante. Autrement dit pose d’ouvriers très classique puis remise à zéro du plateau (en conservant tout de même certaines améliorations), on retourne à ses ouvriers, remise à (pas tout à fait) zéro et une ultime pose d’ouvriers qui doit permettre de réussir le grand œuvre de grand-papa.


En l’état, il est assez difficile de jauger ce jeu. Certains aspects, au niveau des règles ou de la durée d’une partie, semblent plutôt le destiner aux joueurs exigeants. D’autres, comme la narration ou la scénarisation avec des objectifs et événements qui introduisent du hasard (ou au moins de l’incertitude) vont dans une direction plus « détendu ».

On parle tout de même de parties de trois heures, avec optimisation d’un pool pouvant compter jusqu’à 6 « ouvriers », ce qui n’est pas à la portée de tous. Et ces fameuses remises à zéro, susceptibles de rompre le rythme, dont l’impact ne sera pas au goût de tous.

Mais on parle aussi d’un nouvel hybride. Mélanger histoire scénarisée, narratif et pose d’ouvriers n’est pas commun. Et cela semble en plus bien coller au thème. Bien l’exploiter aussi; comme avec les ouvriers de deux types (assistants-créatures et serviteurs-famille qui ne seront pas utilisables de la même façon… à moins d’en payer le prix -en gros, les perdre). Les héritages, bien sûr.

Et le tout dans un style victorien toujours aussi efficace, typique de l’âge d’or de ces histoires de savants.


Petit détail qui aidera certains à ne pas succomber au désir : le jeu utilise une application pour aider à gérer les différents héritages, appuyer la narration. Oui, elle est apparemment indispensable. Et non, elle ne devrait pas « perturber » les parties, c’est juste au outil pour les transitions. Si j’ai bien suivi…

Dans l’ensemble, mon opinion peut sembler très critique. C’est plus pour éviter des désillusions futures. Et parce que bien des aspects posent problème. Par exemple, quasiment aucun testeur/reviewer n’a joué une partie complète. Mais tous confirment la complexité des phases d’ouvriers.

Cela tombe bien, les joueurs habitués à cette complexité ne craignent pas les parties qui s’éternisent un peu. Mais pas les grandes scènes de lectures en plein milieu.

On peut aussi s’inquiéter de comment les héritages compensent un joueur en avance ou en retard. Une réduction des écarts peut amener à un défi intéressant pour les plus optimisateurs. Il peut être ennuyeux pour d’autres. Inversement, l’ajout d’imprévu, comme de nouveaux objectifs intermédiaires.


Sur le papier et dans l’esprit, ce jeu est LA curiosité de ce début d’année (qui approche tout de même de son milieu). La réalisation est prometteuse. Mais… Inutile de revenir sur les mais. Ce projet est un pur test de résistance à la curiosité. Et je sais que vous allez échouer. Et j’espère que vous pourrez vous offrir un petit « auto high 5 » à réception^^.



Gare aux Relous. Petit jeu d’enchères qui vaut surtout pour son thème : vous êtes en soirée et devez éviter les relous de service; qu’ils aillent pourrir la vie de quelqu’un d’autre. Pas très altruiste mais on l’a tous fait (mon conseil : présentez le relou à la femme la plus enceinte de la soirée -mais pas votre compagne-, celle qui peut à peine se déplacer; elle vous haïra ensuite pour le restant de ses jours mais qu’importe, une soirée de tranquille !). L’ensemble reste bon enfant, bon esprit et fera parfaitement l’affaire pour une séance occasionnelle. Jeu en français. Se termine le mardi 11 mai à 18h42. On en discute.


Canvas: Reflections. Parfois, il m’est dur de dire du mal d’un projet tant j’aimerais en dire du bien. Canvas est un excellent jeu grand public, utilisant des cartes transparentes (second titre simple avec Dive, en ce moment en boutique, à le faire avec intelligence et justesse thématique) : on en associe trois pour créer une peinture plus vraie que nature (j’exagère mais c’est vraiment bluffant). C’est simple, assez rapide, avec un (petit) peu de réflexion et c’est beau. Et engageant.

Malheureusement, comme souvent avec les jeux très accessibles, l’extension n’apporte rien de vraiment indispensable; ou qui change la donne. Et même si le matériel est sans texte, autant attendre la version française qui devrait arriver dans l’année. Rien que pour donner des titres bien de chez nous aux œuvres réalisées. Pas sûr que Thoughtful Duty parle à tout le monde. Se termine le mercredi 12 mai à 6h59. On en discute


Keyper at Sea. Une extension pour Keyper de Richard Breese (Keyflower, Keymarket etc). Vu le score de la campagne, pas vraiment le titre le plus apprécié/recherché du monsieur (si vous en doutiez^^). Se termine le mercredi 12 mai à 9h. On en discute


Cyberpunk Red: Combat Zone. Un petit millier de backers à une semaine de la fin… Même avec la licence Cyberpunk, pas facile de vendre de l’escarmouche. le projet ne donne pas non plus l’impression de révolutionner le genre, que ce soit niveau règles ou figs. Se termine le jeudi 13 mai à 19h59. On en discute


En ce moment chez Philibert


Au programme des jours à venir


Seconde semaine en retard, seconde semaine en abrégé (et certains seront déjà financés quand vous me lirez…)

Donc en urgence, cette semaine, on aura/a/a eu le mardi :

Tout cela donc mardi. Jeudi, sera partagé entre :

  • une campagne qui parlera aux figurinistes/peintres : Scale75 lancera si j’ai bien suivi son équivalent de la Contrast (par ici).
  • une autre aux amateurs de jeux de trains avec une nouvelle déclinaison de Railways of, cette fois en Australie.

Et ce sera tout pour aujourd’hui. Il reste encore à voir ce qui a été lancé la semaine dernière. Eventuellement celle d’avant. En retard en retard…

N’oubliez pas que backer, c’est bien. Jouer, c’est encore mieux.


En ce moment chez Philibert

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Nop, c’était la campagne de l’an dernier Instant Color de scale qui se voulait concurrente au contrast de Citadel !

Là, c’est surprise, on ne sait pas trop ce que cela va être comme gamme de peinture avec en plus, une série de figs sur le thème des signes du zodiaque :wink:

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ça donne une bonne idée de depuis quand je n’ai pas touché les pinceaux :smiley:

Ça se termine il y a cinq jours Hidden Leaders ? Déjà ? :smiley:

ah merci, je trouvais ça bizarre :laughing:

Tu as joué à Dive ? C’est bien ?
Il m’attire par son thème mais j’ai peur de me lasser vite du gimmick.

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Parfois le meilleur moyen de rattraper son retard est de faire une impasse, :wink:

Tu peins!? :stuck_out_tongue:

Juste testé celui d’un pote de passage. J’ai bien aimé, c’est super malin et loin d’être évident (du tout!). Donc je vais le prendre aussi.

Après, c’est plus je pense le jeu que tu vas sortir de temps en temps. A l’occasion. Pas le passage obligé chaque semaine (bon, avec les enfants, ce sera peut-être différent^^). Et je dirais que c’est mieux car rien qu’après quelques parties, les feuilles semblent s’user; mineur après la demi-douzaine de vécus de celui testé mais faut pas, amha, viser les dizaines de parties (je peux me tromper)

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je ne sais même plus depuis combien de temps je n’ai pas sorti les pinceaux. Deux ans au moins. Trois ?

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