Loi Duplomb et enjeux territoriaux

Salut tout le monde,

Vu que la communauté vient de partout en France, je voulais savoir quels enjeux et comment se positionnaient les citoyens par chez vous selon vos territoires.

Ici dans les Côtes d’Armor en Bretagne, un lobbying agricole souhaite faciliter leur métier via cette loi mais beaucoup de citoyens (et pas spécialement des néo-ruraux) sont vent debout contre cette loi.

Par ailleurs une partie (certes minoritaire) du secteur agricole, loin des grosses « coopératives » et du syndicat de la FNSEA était aussi opposée à la loi Duplomb.

Ici je vois quand même beaucoup d’élus locaux qui électoralement ne peuvent pas aller à l’encontre des intérêts de l’agro-alimentaire productiviste et industriel bien qu’en terme de population, cela représente une infime minorité de nos concitoyens.

Par contre c’est tout le monde qui est concerné par les enjeux environnementaux et en matière de santé publique. Mais la sociologie électorale et encore plus le paysage économique de mon département troublent un peu les résultats.

Mais quand je vois des départementaux moins ruraux que le mien et qui ont grandement voté pour cette loi, je me demande quelle motivation avaient les députés issus de ces territoires.

Dès lors je serai curieux de savoir comment ont voté vos députés et surtout pourquoi par rapport à leur circonscription (même si je sais que logiquement un député est un député de la nation et vote pour le bien commun de la nation mais enfin, beaucoup votent avant tout les intérêts de leur circo)

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A chaque fois c’est la même histoire :

  • on met des normes en france, qui ne sont respectées que par la france
  • la production du produit concerné s’effondre en france (car les coûts pour respecter les normes augmentent)
  • la production du produit concerné finit par être délocalisée dans d’autres pays = la filière est fermée en france
  • en parallèle, on importe ce même produit de l’étranger, alors qu’il y a été fabriqué sans respecter aucune de ces normes

Conclusions :

  • le pays perd systématiquement ses filières (avec tout ce que celà entraîne, etc.)
  • le pays perd de plus en plus en souveraineté (alimentaire, médicamenteuse, industrielle, etc.)
  • les citoyens continuent d’utiliser des produits (ou de manger des aliments) qui ne respectent pas les normes mises en place en france.
  • et la seule et unique chose qu’aura gagné la france (ou l’europe, quand ce sont des normes européennes), ce sont des règlements et des normes à n’en plus finir.

Bref : perdants sur toute la ligne dans tous ces cas.

De fait, je suis POUR cette loi (seule la france avait ce niveau de normes).
Même si bien sûr tout n’est pas si simple, et si des choses peuvent évoluer dans le temps, etc.
Et si bien sûr il ne s’agit pas de ne pas du tout avoir de normes et de limites : mais il faut raison garder.

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Sacrifions nos valeurs, les abeilles et nos gosses, parce que tout le monde n’a pas les mêmes valeurs, de fait, mettons nous tous sur les normes des moins valeureux.
Bonne idée tiens !

Sinon pour ce qui est de mon député voici son message :

Certaines personnes m’interrogent sur la loi visant à lever les contraintes à l’exercice du metier d’agriculteur dite Duplomb ,

Je veux donc répondre bien loin des caricatures ou des titres racoleurs de certains idéologues.

C’est avec des agriculteurs vosgiens que J’ai travaillé sur ce texte
-Parce que je soutiens, depuis toujours, les agriculteurs
-Parce que la concurrence déloyale détruit nos emplois et fragilise notre souveraineté alimentaire

Le texte initial, contenait des dispositions préoccupantes : mise sous tutelle de l’ANSES, réautorisation sans condition des néonicotinoïdes, affaiblissement des procédures de concertation…

Mais après la navette parlementaire, nous avons pu obtenir des avancées notables :

  • L’ANSES reste une agence indépendante, libre de ses méthodes d’évaluation scientifique et de son calendrier.

  • L’usage dérogatoire du néonicotinoïde acétamipride (autorisé dans les 26 autres pays de l’UE) est encadré ( d’ailleurs une utilisation maximale sur 1,6% de la surface agricole utilisée est concernée)

  • La concertation publique reste obligatoire pour les projets d’installation ou d’agrandissement d’élevages, avec la possibilité de la tenir sous forme de permanence en mairie.

  • Des avancées sont actées sur le dialogue entre agriculteurs et agents de l’OFB, avec la possibilité de recourir à des caméras individuelles.

  • Enfin, le texte ouvre la voie à une sécurisation juridique et à une gouvernance concertée de la ressource en eau, indispensable pour le bon usage des réserves

  • l’adoption d’une disposition que nous avions porté avec le groupe LIOT imposant à l’Etat d’indemniser et d’accompagner les agriculteurs en cas « d’interdiction sans solution » pour l’utilisation des produits phytosanitaires.

Bien sur cette loi n’est pas parfaite, conscient des inquiétudes mais éloigné des caricatures inutiles je continue mon combat pour
-Une alimentation locale traçable et de qualité
-Une gestion intelligente de l’eau qui permet de la stocker en période d’abondance afin de faire face aux sécheresses
-Une sortie progressive des pesticides sans sacrifier notre souveraineté ni nos producteurs
-Une autorisation temporaire encadrée scientifiquement lorsqu’aucune alternative n’existe encore.
Pour ma part, je resterai vigilant à l’application des mesures et continuerai à défendre une agriculture compétitive, durable et ancrée dans les territoires et qui n’oppose pas conventionnel et bio.

Quand j’ai mis en avant le fait que cela mettait en danger la biodiversité ainsi que la vie future des agriculteurs et de nos concitoyens il a répondu cela :

J’ai voté pour la fin des Neonicotinoides en 2020, mais concernant l’acetamipride il est utilisé dans tous les pays voisins…nous concernant il est excrément contrôlé et possible uniquement pour la culture de la noisette de de la.betterave sucrière, ce qui représente moins de 1,6% de la surface agricole utilisée en France …mais en effet la question se pose…mais faut il jeter tout le reste de la loi…

Finalement à la fin c’est le capitalisme qui l’emporte systématiquement… On bouffe de la merde, on porte de la merde, on utilise de la merde, et on crèvera tous dans la merde… Enfin pas les plus riches :wink:

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Je souhaite juste que la cantine des ministres ne propose que des produits issues de ces plantations 100% pesticides.

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Quelque part, ton député te l’avait déjà annoncé que ce serait la merde ^^

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Dans ton déroulé y a quand même un truc qui me chiffonne : pourquoi si les coûts augmentent chez nous afin de respecter les normes ne taxe-t-on pas les produits étrangers qui ne respectent pas ces normes et pratiquent de fait une concurrence déloyale ?

D’ailleurs pourquoi ne taxe-t-on pas un produit sur les kilomètres qu’il a parcouru aussi tant qu’à faire ?

Je comprends bien que tu décris ce qui se passe mais je ne comprends pas pourquoi on laisse faire cela alors que cela contrevient à nos choix souverains (et donc démocratiques) car les normes sont la plupart du temps des décisions issues de la représentation nationale.

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moi, c’est ça qui me pose souci. Parce que la concurrence de pays à plus faibles coûts s’exerce de la même façon peu importe qu’on impose des normes additionnelles ou pas. Ca se constate tout aussi bien dans des domaines sans normes soi-disant coûteuses où la production est tout autant remplacée.

Il faudrait donc démontrer :

  • que l’ajout de nouvelles normes augmente réellement le coût de production de façon significative
  • que cette augmentation soit réelle à long terme et pas, in fine, un gain à terme (ce qui est assez souvent le cas)
  • que les surcouts supposés de la nouvelle norme aient un effet causal, autrement dit que la production ne se serait pas effondrée sans ajout de norme.
  • et, dans ce cas, que le maintien de l’avantage concurrentiel soit supérieur aux bénéfices apportés par la norme. C’est facile de critiquer les normes comme des monstres absurdes mais, dans la réalité, ces normes sauvent des vies et peuvent permettre à la société de fonctionner mieux (et être rentables en termes de santé publique par exemple).

Bref, ce genre d’argument, ça a tout du récit forgé pour ne jamais avoir à faire l’effort de réflexion sur chaque décision en particulier.

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J’habite dans le Var, un département dominé par le RN (bien malgré mon vote). Autant dire que nos députés sont à fond pour cette loi.

Personnellement, c’est le genre de loi qui me pousserait à plus de radicalité, alors que je suis très modéré. Je trouve ça fou que l’on puisse proposer une loi allant à ce point à contre-sens de tout ce qu’il faudrait faire. Ré-autoriser un pesticide dont les méfaits ont été largement méconnus, favoriser l’élevage industriel et les méga-bassines… Il n’y a rien qui va. On ne va pas favoriser notre compétitivité, mais juste les grands exploitants agricoles (ceux de la FNSEA) au détriment des agriculteurs qui placent au centre le respect de l’environnement et qui font un travail à taille humaine. Cette loi est d’ailleurs loin de faire l’unanimité chez les agriculteurs (ma belle-famille sont agriculteurs et je peux vous promettre qu’ils sont les premiers à critiquer cette loi).

Faire croire que cette loi est la seule façon de maintenir une agriculture en France est une juste le témoignage d’une méconnaissance des travaux de l’INRAE et des pratiques de nombreux agriculteurs. Après c’est une question politique. Qu’est ce qu’on subventionne ? Les grandes exploitations industriels sans aucun respect pour l’environnement ou des pratiques qui s’inscrivent dans un souci de respect de l’environnement, et de l’agriculteur. Car il se pose aussi la question des impacts des pesticides sur la santé des agriculteurs et sur le métier lui-même. C’est ces points qui, avant même l’enjeu environnemental, avaient fait basculé mon beau-père dans le bio. Au final, miser sur les pesticides, les méga-bassines fait sens à très court terme, et si on regarde que le critère du rendement, mais si on intègre le coût pour la sécu, et de la destruction de l’environnement, cette politique est loin d’être rentable. Si on acceptait de rentrer dans une logique « One health » on s’en apercevrait rapidement.

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J’avoue que du point de vue purement budgétaire, si l’on intègre les externalités hyper onéreuses que sont la santé et encore plus l’environnement (qui sont inter-dependantes), cette loi est une gabegie budgétaire.

Bref même le calcul économique n’est pas bon avec cette loi.

Un peu comme le tabac ou l’alcool dont certains pensent que les taxes qui y sont associées sont des recettes pour l’état alors que cela coûte incroyablement plus cher en dépenses de santé derrière.

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Le problème est extrêmement simple :
Et si on n’achetait pas de produit n’ayant pas appliqué les normes que nous nous imposons ? C’est bête cette notion mais c’est tellement logique. Je ne veux pas que mon agriculteur donne des antibiotiques à ces bovins, je n’achète pas de viande ou les antibiotiques font partis des protocoles d’élevage, Je ne veux pas de pesticide, je n’achète pas de produits ayant utilisés ces pesticides !

Mais, là où ça coince, c’est que si au niveau Européen, les allemands veulent vendre leur Mercedes, aujourd’hui, seul l’Amérique du Sud le leur permet, sans taxe si, et seulement si, nous leur prenons X tonnes de viandes bourrées aux hormones et aux antibiotiques sans compter la déforestation pour avoir des élevages aux dimensions interdites en France !!!

L’Ukraine est prête à nous acheter des canons César si et seulement si on leur ventile leur production de volaille élevé aux antibiotiques, nettoyé au Chlore, dans des fermes de 2 000 000 de volailles … Et si l’Ukraine s’effondre, c’est l’Europe qui est en danger … CQFD !

Alors, au milieu de tout cela, je dirais que seul le consommateur est l’arbitre.

Pour ma part, j’achète français, je ne prend pas de veaux NZ, et je consomme les fruits et légumes de saison.

Je consomme moins de viande qu’il y a 30 ans, car comme je prends de la viande Limousin, elle est un peu plus chère mais au moins, elle est bonne et comme je suis moins actif qu’il y a 30 ans, c’est meilleur pour ma santé

Lorsque je vois que dans certains magasin, ils vendent des moules du Chili alors que nous en avons d’excellentes en France, c’est qu’il doit y avoir un public et là, j’ai un peu de mal à comprendre !!!

Comme d’habitude en France on pond des lois, des normes sans donner aux cibles de ses normes, une alternative : On veut empêcher, à juste titre, les pesticides mais on ne fait aucune recherche pour fournir un remplaçant sans risque, on interdit les voitures dans les grandes villes mais aucun palliatif n’est proposé pour que cette mesure soit au final, accepté, on interdit les méga bassines, à juste titre également mais rien n’est fait pour collecter les eaux de pluies, au niveau des villages, des habitations afin qu’elles puissent être redistribuées pour ceux en ayant besoin, gratuitement …

On fait toujours tout, à l’envers : On veut que les séniors bossent plus longtemps mais rien n’est fait pour leur permettre de basculer dans des emplois moins physiques … Tout est comme ça dans ce pays … Et c’est à grand coup de normes, de lois, de règlements qu’on croit avancer !!!

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Ce déroulé ne listait que l’état actuel de ce qui se passe à chaque fois qu’on ajoute des normes.

Pas ce qu’il faudrait faire.

Et oui, il faudrait mettre en place des taxes. Mais ça s’appelle du protectionnisme.

Et le protectionnisme se heurte au monde tel qu’il a été construit ces 30-40 dernières années, sur la base d’un libre-échange commercial (théories de Fukuyama, ne pas avoir de frontières est censé éviter les guerres, vu que chaque pays a alors accès tant à l’achat des produits qui lui manque qu’à la capacité à vendre ceux qu’ils peut produire).

Et oui, ce déroulé s’applique aussi « même sans qu’il y ait des normes en place » dans l’absolu, mais je pense que la différence se joue dans la vitesse du déport : avec des normes restrictives, l’ensemble des conséquences se met en place bien plus vite. Alors que le temps est une composante majeure.

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Le x n’est pas un secret : 195.000 tonnes de bovine en 2023 (derniers chiffres connus il me semble). Soit environ 2% de la consommation européennes. Et pas les plus mauvais morceaux, bien au contraire (ça, c’est plutôt pour la Chine qui est moins regardante… pour l’instant). Rien que la production française représente quasiment un million et demi de tonnes (soit un cinquième de la production européenne).

Dans le genre, lié aux soi-disant effets néfastes des normes, la production française est certainement en baisse mais rien ne permet de lier cette baisse aux normes plus exigeantes (même s’il y a une forme de concurrence assez déloyale, aucun souci là-dessus); au moins la moitié de la baisse de prod se retrouve par exemple déjà dans la baisse de consommation (et, à l’inverse, l’export de viande bovine française est en hausse, essentiellement vers les autres pays européens, même si pour un volume modeste)

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Cette loi va à rebours de tout ce qu il faudrait faire : les pesticides nous empoisonnent : Duplomb les favorise, l’eau est en tension et ça ne va pas s améliorer : Duplomb va dans le sens des méga bassines.

Cette loi favorise les cancers et les lobbys des gros agriculteur alors que ne suis persuadé qu une très grosse majorité de la population voterait contre.

On va dans le mur et on accélère.

Déprimant…

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Encore une fois : en quoi empêcher ces pesticides en france va aller dans ton sens, alors que tous les autres pays européens les utilisent ?

Et que la france est en perte de vitesse continue depuis des décennies sur sa souveraineté alimentaire (= on importe de plus en plus de nourriture depuis les autres pays).

L’activation de cette seule norme sur la france ne peut qu’accentuer ce mouvement.

Donc tu vas continuer à t’intoxiquer in-fine avec des produits importés, produits sans ces normes (en partant du principe que ce pesticide soit vraiment nocif) (sauf si tu achètes bio avec garantie de production locale, mais apparemment ceux qui soutiennent ces normes ne vont pas au bout de la logique, vu que les ventes de bio s’effondrent ces dernières années).
Et financer les filières agricoles des autres pays au lieu de financer les locales (et après on nous dira qu’il faut consommer local …).
Et réduire encore plus la souveraineté alimentaire en france.
Et accroître les risques (au prochain COVID, à la prochaine guerre, etc.) de se retrouver en difficulté (comme ça a été le cas pour du simple paracétamol (et d’autes médicaments) pendant le COVID (qui n’a heureusement pas duré longtemps, car intégralement produits désormais en inde).

Moi c’est ça que je trouve déséspéremment déprimant.

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Un contrôle de m… ? :grin:

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C’est à nuancer. Beaucoup.

On importe plus mais on exporte aussi beaucoup plus, au point que plus de 40% des terres agricoles servent à l’exportation (il me semble, je ne vérifie pas ma mémoire, trop chaud). Au final, et toujours de mémoire, il me semble que le bilan est en faveur de l’export avec quasiment 2M d’ha.

Mais même si ce n’était pas le cas, ce ne serait en rien un souci. C’est le bilan de ces imports / exports qui est à observer, pas les volumes ou chaque portion individuelle déconnectée de l’ensemble.

D’ailleurs, si la France a reculé au classement, c’est parce que les voisins ont accéléré plus, pas parce qu’on a régressé. On était en avance, les autres ont suivi et rattrapé (parce que la PAC, c’est quand même beaucoup la France et ses intérêts). Ce qui n’a rien de problématique encore une fois et ne peut être jugé à un instant t mais à terme (et en intégrant aussi le coût de ces gains de productivité, certaines régions espagnoles par exemple se sont mises dans des situations absurdes).

Le souci de ce genre de logique, c’est qu’on fait la même chose que Trump avec ses tarifs : on compare des données qui ne sont pas corrélées et on en tire des conclusions qui parlent bien au bon sens mais ne s’appuient pas sur une réalité. Par exemple, la souveraineté alimentaire, soutenir la totalité de l’alimentation française et donc ne plus importer, demanderait de doubler la surface agricole. Pour compenser quelle part en importation actuellement ? 20%. Remplacer ces 20% d’imports demande « simplement » de doubler la surface agricole (sans perdre pour autant en rentabilité, donc avec les mêmes merdes dedans). L’alternative ? « on satisfait 80% en divisant les surfaces par deux et on importe le reste » est au contraire très sensée.


La discussion réelle est sur ce qu’on fait et comment. Le souci n’est pas dans l’importation mais dans l’usage des terres. Les 40% environ qui servent à l’exportation, généralement sur des produits haut de gamme qu’on surproduit (et le recul de la perf française s’explique aussi par ce positionnement qui souffre en période économique « tendue »). Et la spécialisation qui permet d’aboutir à ce résultat et n’a pas réellement de sens hors économique; mais il est aujourd’hui évident qu’il est absurde de supposer que le bilan réel, incluant écologie, aménagement des territoires, santé publique etc. soit positif.

Et, enfin, parce que tout cela servait surtout à débunker un raisonnement un peu léger, un regard sur sa conclusion qui, elle, est mensongère :


Non seulement le secteur « bio » est reparti en croissance mais en plus son recul est inexact : ce qui a baissé et s’est retrouvé exploité médiatiquement (mais par qui donc ?), c’est la performance du bio dans la Grande Distri. Qui tient pour beaucoup d’une période de plus forte inflation. Durant laquelle la Grabnde Distri a souvent réduit son offre en période inflationniste. Et qui a surtout baissé pour le non-alimentaire.

Sans oublier que cela cache aussi la montée en puissance de la concurrence comme les circuits courts, les enseignes spécialisées, les garanties « sans pesticide » hors du label bio etc.


la souveraineté, c’est juste du bullshit électoral. Aucun pays au monde, pas même la Chine, c’est capable d’assurer la souveraineté de sa production industrielle ou agricole. Notre monde n’est tout simplement pas compatible avec cette chimère.

Mais le pire est que ce petit délice pour réac est finalement contre-productif en ne faisant pas travailler sur ce qui peut être fait pour assurer une transition pas trop douloureuse vers un monde où la politique agricole, et avec elle l’aménagement des territoires, par exemple, ne serait pas dictée par la seule profitabilité, par la rentabilité. On a amha bien plus à gagner à intégrer des objectifs écologiques et de mieux-être, quitte à importer la portion qu’on ne peut ou veut produire. Qu’à se draper dans l’honneur national pour 20% d’un marché en agissant comme des connards sur le reste.

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La souveraineté ce n’est pas juste pour faire joli sur le mur du salon des réactionnaires, c’est aussi pour éviter qu’une part croissante de la production ne fassent constamment le tour du globe (avec tout ce que celà implique : pollutions supplémentaires à court terme, et risques que ça ne soit plus du tout viable à moyen terme (à moins que certains n’imaginent avoir des porte-containers électriques dans quelques décennies)).

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Le souci est alors un manque d’industries de transformation. Et c’est un autre débat (mais pour lequel la notion de souveraineté est tout autant mensongère). A supposer que ces industries de transformation soient nécessaires et/ou que la société permette de s’en passer à l’avenir (mais le modèle social est alors à revoir, met on risque vite de devoir remettre en cause la contrainte « travail »)

De toute façon, depuis maintenant au moins 30 ans, nos politiques ont décidé que la France serait un pays de services et devait abandonner la production. Le gros avantage est que la masse de travailleurs industriels qui fournissaient les gros bataillons des syndicats, s’amincit et le patronat n’a quasiment plus personne en face de lui.

La France, un pays de service avec une masse salariale concentrée dans les villes a qui l’on va offrir pleins de services dans lesquels la grande majorité travaillent. La production ? Ben on le fait faire, à l’extérieur et on vend nos meilleurs produits pour acheter la production « bon marché ». Donc, on fait en sorte de doper cette population à la mode « temu », « shein », « Etsy » … alors que l’on a plus d’industrie métallurgique, plus d’industrie de textile, bientôt plus d’industrie automobiles, mécaniques, plus d’artisans car plus d’apprentis … On consomme mais on ne produit plus ! Les agriculteurs seront le dernier étage de cette fusée « startup nation » car produire de la viande, des légumes, des fruits c’est polluant, c’est dégradant, c’est contraire à l’écologie mais acheter des agneaux en NZ, faire venir du bœuf du Canada ou de Bolivie, ça c’est « green pact » … Cela nous permet de vendre du Chanel, LVMH, Rafale, Sous-Marins, Mercedes, Chimie, qui permet de ramener de la devise …

Malheureusement, nous avons accepté ce deal en 1992 lorsque l’Europe a décidé de basculer du Marché Commun au Libre échange, nouveau totem de l’économie Européenne. Dans un premier temps, nous y avons trouvé des avantages mais, maintenant on va en payer les dividendes. Ces pays qui produisent les biens que nous consommons, nous tiennent car nos économies ne sont pas en bon état, les salaires n’augmentent pas mais la dette se creuse et il va falloir revoir nos amortisseurs sociaux à la baisse, donc nous allons nous appauvrir encore plus et perdre le peu de souveraineté que nous avions encore sur la nourriture.

Hier c’était le textile et la métallurgie, aujourd’hui c’est l’automobile qui est en train de passer à la moulinette du libre échange, les prochains seront les agriculteurs !

Tous nos politiques depuis 30 ans mentent sur la protection, le devenir heureux, la fierté de nos productions agricoles, la fine fleur de la recherche médicale (on a pas été capable de sortir un vaccin COVID !) alors qu’ils savaient pertinemment vers quoi ils nous amenaient ! Mais, bon, que faire ! Personne n’est aujourd’hui en capacité de nous proposer un projet, une vision, un cap, un objectif qui fasse rêver ! Alors on va vers le mur en laissant faire un tel (s’il pouvait faire le sale boulot avant les prochaines échéances électorales !), les extrêmes montent puisque personne n’est capable de faire ce qu’un De Gaulle a fait en 1958 : Mettre tout à plat, tailler dans les dépenses, sortir du financement pour tendre vers un avenir, un but qui, à l’époque était la souveraineté alimentaire, énergétique, et militaire de la France. Au moins, on avait une vision ! Là on a rien, le néant, l’immobilisme, des paroles creuses, des partis qui se regardent, qui se jaugent, comme dans un peloton avant le sprint final !!! C’est assez pathétique ! :sleepy_face:

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L’agriculture en France c’est -5% de production Brut standard par an depuis 10 ans. Et quasi pareil de terre agricole en moins.
La moyenne d’âge des agris c’est 54 ans.
Le taux de reprise des exploitations est catastrophique.
Vous ajoutez à cela que l’on exporte beaucoup de nos céréales et que l’on en importe beaucoup plus. Pour résumer et caricaturer un peu, certains pays sont prêt à payer plus cher leurs céréales, pas les consommateurs français.:man_facepalming:t2:

Bref, oui l’agriculture française et européenne lutte quotidiennement pour baisser le phyto, avoir des pratiques responsables etc … Mais nous, consommateurs nous préférons encore consommer selon nos moyens et nous importons nos produits agricoles d’Europe pour la plupart.
Oui, il y a des exceptions, oui il y a des consommateurs bio et locaux mais ce n’est pas la majorité des consommateurs.
Dans tous les cas demain nous serons sans doute encore moins à pouvoir manger Français.

Dans le monde, globalement l’agriculture essaie à la fois de produire plus et de produire mieux. Les terres cultivables s’effondrant à vitesse grand V. Dans certains pays on est bien au delà des -5%. (Réchauffement+ urbanisme). L’enjeu c’est bien de d’abord nourrir tout le monde et ensuite de nourrir mieux.

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