45. Take Time
Intro
Sélectionné à l’As d’or en catégorie initié, Take Time a marqué la fin de l’année 2025. C’est un jeu de Julien Prothière et Alexi Piovesan, joliment illustré par Maud Chalmel et édité chez Libellud.
Matériel
Vous jouez simplement avec 24 cartes, 12 cartes blanches (jour) et 12 cartes noires (nuit), très joliment illustrées. A cela vous ajoutez les 40 plateaux horloges regroupés en 10 groupes de 4 qui vous imposent diverses contraintes de placement.
Règles
Elles sont bien écrites et assez simples. Je trouve même particulièrement intelligent d’avoir consacré une phase à la discussion dans les règles pour éviter la confusion et le doute en jeu.
Principes du jeu
Je l’ai vu parfois comparé à The Mind car chaque joueur va placer des cartes face cachée sans parler jusqu’à la fin de la partie. Mais là comparaison s’arrête là.
Vous avez devant vous un plateau horloge composé de six quadrants. Lorsque vous jouez à trois ou quatre, vous distribuez 12 cartes parmi les 24 à tous les joueurs. Chaque joueur devra placer face cachée l’une de ses cartes devant le quadrant de son choix. Plusieurs cartes peuvent bien sûr être posées devant le même quadrant.
Lorsque les 12 cartes ont été placées, on les retourne et on vérifie si les contraintes ont été respectées. Si c’est le cas, la partie est gagnée. Les contraintes varient et évoluent au fur et à mesure des plateaux horloges et renouvellent assez bien les sensations. Les seules contraintes communes à tous les plateaux (hormis les trois premiers) sont d’avoir une évolution croissante entre les quadrants (une égalité est acceptée) et une limitation à 24 pour le dernier quadrant.
Mais justement ce qui fait le sel du jeu, c’est la phase de discussion avant de placer les cartes en silence. On découvre le plateau ensemble ainsi que ses contraintes et on établit une stratégie. Il existe presque autant de stratégies que de groupes de joueurs mais cela peut aller de « je mets mes petites cartes là en premier » à « vous jouez un 7 ou un 8 là en premier » en passant par « si j’ai un blanc c’est moi qui le joue ici ».
La Partie
J’ai joué quelques parties ce samedi avec nos amis et depuis notre découverte nous jouons à trois. Nous avons donc chacun quatre cartes à placer. Nous avons désormais terminé le chapitre 3 et entamé le chapitre 4 (13 plateaux réalisés).
Sur ces quelques parties, j’ai pu remarquer une évolution. En effet avec l’expérience des défaites, nos stratégies d’avant partie sont plus précises et correspondent mieux aux contraintes. La dernière fois nous sommes restés bloqués 6 ou 7 parties sur un plateau alors qu’ici nous avons enchaîné les victoires.
Il est amusant également de remarquer qu’un petit détail ou un petit changement de contrainte peut parfois modifier complètement la stratégie (parfois non, la même stratégie a ici fonctionné trois fois de suite). C’est là l’un des gros points forts du jeu. Parfois le tirage est tellement mauvais ou tellement spécial qu’il est impossible de gagner. Une de nos défaites de samedi est arrivée sur un tirage où nous avions un 1 et le reste de nos cartes supérieures ou égales à 6.
La satisfaction est bien présente lors de la réussite d’une horloge, les parties sont rapides on a toujours envie de lancer la suivante.
Mon avis
Déjà, nous ne jouons qu’à trois parce que ma compagne déteste le jeu. Donc il ne peut clairement pas plaire à tout le monde. Je dirais malgré tout que parmi ses avantages, la rapidité de mise en place, d’explications et de partie le rend très facile à sortir et accessible pour beaucoup de gens.
Personnellement j’aime beaucoup. Je le préfère à un Bomb Busters qui est plus long à installer (surtout en cas de défaite) et comme je le disais j’ai toujours envie d’enchaîner les parties.
J’attends donc de voir ce que nous réserve la suite mais j’aimerais également tester le jeu avec un autre groupe pour voir les différentes réflexions qui pourraient sortir. En coopératif à communication limitée, je le conseille très clairement.
Normalement, vous aurez la suite tout à l’heure !



