On est bien d’accord, et ça participe selon moi à la dégradation des conditions d’exercice. Et la hiérarchie semble plus souvent enfoncer ses profs en mode « pas de vagues ».
Et puis merde, je vote à droite.
Juste pour voir comment ça fait ?
Ca arrive vraiment ? Il y a des propositions pour réduire les vacances (notamment celles de l’été) ou augmenter les heures, mais cela ne signifie pas que les profs sont considérés comme des feignants. J’ai en fait dans ma vie rarement entendu des gens dire que les profs sont feignants.
Je me permets car je baigne dans ce milieu (ma femme est prof et j’ai beaucoup d’amis qui le sont), et finalement, je me demande si c’est vraiment un truc si important.
Pour moi les leviers c’est déjà de revoir le système de concours & vacation + affectation sur les postes (on envoie tous les jeunes dans les zones les plus difficiles, ce qui ne semble pas une bonne stratégie). Il y potentiellement la question du salaire, mais ça se pose surtout dans les zones où l’immobilier est très cher.
Tu n’as pas entendu parler de l’intervention de Sarkozy dans un salon quelconque ? Ca a avait fait grincer pas mal de dents…
Je ne fais pas forcément attention aux propos de Sarkozy non (je ne suis pas toutes son oeuvre
). Ca remontre à quand il était prez ? Genre y’a 15 ans ? Je ne sais pas ce qu’il a dit, mais je pense pas que le manque de prof d’aujourd’hui soit du aux propos de Sarkozy de cette époque…
Non, y a moins d’un an. Disons que venant d’un ancien président c’est quand même assez problématique.
Mais Sarkozy est lui-même problématique. Je crois qu’il est bien grillé et je ne pense pas que sa parole compte beaucoup.
@Guillaume : merci, je n’avais pas du tout suivi l’affaire (encore une fois, je ne m’intéresse pas à lui et ses propos juste à la limite à ses condamnations).
Je serais pas aussi catégorique sur le fait que sa parole ne porte plus du tout. En tout cas personne de son camp ne s’est désolidarisé de ses propos.
J’en sais rien, mais même si il est écouté par certains (et qu’a priori sa remarque a fait rire dans l’auditoire), ça n’induit pas que les profs entendent H24 qu’ils sont de gros fainéants.
A noter que personnellement, je pense que c’est une profession (encore mieux quand on est agrégé) qui laisse du temps libre (je ne comprendrais jamais les profs qui disent bosser 40h / semaine, sauf à se barder d’heures sup). Mais c’est plutôt un point positif ; Ma femme a choisi ce métier pour ça, car elle a beaucoup d’activités en dehors de son travail (j’ai passé l’agreg pour ça aussi d’ailleurs). En plus, le salaire est évalué sur cette base. Et ça ne veut pas dire qu’on est fainéant ou que l’on aime pas travailler ou je ne sais quoi. J’aimerais d’ailleurs qu’un jour on soit tous sur ce régime là (travailler moins et avoir plus de temps pour le reste).
Je sais que c’est sans doute pas une majorité mais je voyais ma mère bosser comme une dingue alors qu’elle était enseignante en maternelle. J’ai jamais compris comment c’était possible mais tout les soirs c’était boulot boulot et le dimanche également et elle quittait rarement l’école avant 18h. Clairement je la voyais plus souvent quand elle était secrétaire. ![]()
Je ne peux pas te dire, mais c’est pas du tout le cas à la maison (et comme je l’ai dit, ce n’est pas du tout un problème, bien au contraire). Après, je pense que les professeurs des écoles sont moins bien lotis que les enseignants du secondaire. Même parmi eux, il est évident qu’être prof de français induit en moyenne plus de travail qu’être prof de math (préparation de cours et correction). Ma femme est prof de science en lycée hotelier, et je dois dire que les copies à corriger ne sont pas très longues (par contre, faut réussir à déchiffrer). Le programme étant le même chaque année, la prépa est minimale passée la première année.
Je suis ancien dans la profession et pourtant je travaille toujours beaucoup, bien au-delà des 1607 heures annuelles théoriques. Alors certes, je suis engagé dans des fonctions annexes au sein de mon établissement et j’apprécie que tout y soit carré mais au-delà de cela (ni pacte ni heures sup pléthoriques cependant), le temps spécifique lié à l’enseignement est conséquent: corrections (longues dans ma discipline), évolution des contenus même si le programme ne change pas, que ce soit au plan pédagogique (toujours un truc à ajuster) ou disciplinaire avec une veille régulière mais plaisante car j’apprécie ce que j’enseigne. EDIT: + tout ce qui touche à l’accompagnement des élèves au quotidien, en dehors du temps de la classe, qui est aussi chronophage.
Bref, au-delà de mon cas dont on se fiche finalement, je suis d’accord avec la perspective d’une évolution généralisée vers un temps personnel disponible plus important, beaucoup moins avec l’idée que la profession enseignante ne demande par nature qu’un temps de travail modéré, comme tu sembles le suggérer. Je pense que c’est erroné pour pas mal de collègues et c’est un discours qui a tendance à me hérisser.
Je trouve que l’agrégation est un scandale, je ne comprends pas à quel titre on permets à certains de travailler moins en étant payer plus alors que les missions sont les mêmes.
Il y a toujours des exceptions il y a de quoi en faire plus pour ceux qui veulent (comme tu l’as dit ) mais je maintiens, des profs que j’ai côtoyé et de ce ceux que je fréquente je dirais que la charge de travail est modérément élevée. Moi même j’ai été prof (enseignant chercheur) pendant près de 10 ans et j’enseigne toujours un peu, mais sa auf la première année je n’ai trouvé ça chronophage.
Par contre le temps devant élève/étudiant est fatigant. Encore une fois je pense que c’est plutôt une bonne chose d’avoir du temps pour autre chose. Cela me herisse cette culture française selon laquelle pour bien faire son boulot il faudrait y passer des heures et des heures. Je préférais qu’il soit assumé que dans certaines professions on bosse moins et que c’est épanouissant. Je suis chercheur et en plus d’avoir un métier lui même passionnant je peux quand je le souhaite relâcher la pédale et prendre du temps pour moi. Je m’investis à 'a hauteur de ce que j’ai envie et çae va très bien. Aucun besoin pour moi de prétendre que je travaille 50h/semaine.
Aucune idée du fonctionnement de l’enseignement supérieur, donc je ne m’aventurerai pas sur ce terrain, j’enseigne dans le secondaire. Il y a une partie de mon investissement qui tient sans doute à la conception que j’ai de mon métier mais la nature même de ce qui est demandé aux enseignants est chronophage: je pourrai diminuer mon temps de travail mais ce serait au détriment de la qualité et il ne s’agit pas de « prétendre » ici. Je n’y arrive pas et ce n’est pas une exception. A cet égard, les dernières données transmises par le ministère datent de 2022 et sont cohérentes avec celles qui avaient précédées: https://www.education.gouv.fr/media/118505/download (note de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance). Pour nuancer peut-être, c’est du déclaratif.
Comme déjà dit, je suis favorable au fait d’avoir du temps personnel disponible plus important mais les injonctions envers la profession enseignante ces dernières années ne vont pas dans cette direction.
EDIT: pas d’animosité de ma part mais ces histoires de temps de travail des enseignants me font réagir, qui plus est quand je suis en vacances, en train de corriger des copies et que je vais jeter un œil sur Cwowd pour me détendre. ![]()
C’est exactement ça ; on a une honte sociale à dire qu’on ne travaille pas assez. Il y a une injonction à dire « c’est moins qui est la plus grosse » quantité d’heure de travail. Je pense que dans notre culture capitliste, la valeur travail est tellement mise en avant que c’est honteux de dire qu’on ne travaille pas beaucoup d’heures.
Mais en off, à chaque fois que j’en parle à des enseignants du secondaires, ils assument très bien être très heureux d’avoir du temps pour eux. Et ça ne remet pas du tout en question la qualité de leur enseignement. Je suis persuadé que ma femme est une excellente prof, mais je ne pense pas qu’elle dépasse les 25h de travail hebdomadaire (allez 30h pour les semaines avec correction du CAPET et/ou beaucoup de conseils de classe).
Il manquait un terme dans ta phrase je trouve.
Cette notion de nombre d’heures travaillées comme mètre étalon de la performance ne se retrouve pas toujours (loin de là) dans d’autre pays.
Bon courage à moi si je veux avoir mes collègues allemands après 17H par exemple.
D’ailleurs quelqu’un qui a besoin d’être là jusqu’à tard pour faire son travail peut être vu comme inefficace dans son travail dans des pays.
et ce n’est en effet absolument pas une culture capitalistique (au contraire, même). Juste un biais local