Le passage au quinquennat n’a pas changé grand chose.
Avant, l’alternance des législatives et des présidentielles faisait que le président nouvellement élu n’avait pas forcément de majorité au parlement. Du coup, il dissolvait l’assemblée et on ne retrouvait dans le même cas qu’actuellement, à part qu’on évite la période de deux ans de fin de mandat ou soit le parti en place est reconduit et tu as deux ans de plus, soit tu avais une cohabitation entrainant une paralysie partielle du pays pour deux ans.
Il nous manque vraiment une culture du débat et de la confrontation d’idées et la V république a mis en place beaucoup d’outils pour éviter les débats et la confrontation d’idées et ce n’est pas pour cela que le pays a plus avancé
Plus qu’une culture du débat, c’est une culture du compromis qui nous manque.
On se sait que imposer si on est dans le camp dominant ou s’opposer systématiquement si on n’y est pas (comme par exemple réclamer la démission de quelqu’un avant même de savoir ce qui s’est passé et pourquoi ça s’est passé comme ça).
ou crier au drame de la démocratie en perdition alors qu’on organise encore les élections comme il y a un siècle avec distribution de tracts (joli bilan carbone), serrage de paluche (marche pas en Covid), déplacement obligatoire dans un bureau de vote sur le jour de repos dominical etc.
Oui, effectivement, la Vème est aussi le fruit de l’instabilité politique de la IVème, il s’agissait de concentrer les pouvoirs pour que le pays redevienne gouvernable. Mais oui, le quinquennat et l’alignement des élections législatives sur la présidentielle n’a rien arrangé sur ce sentiment de perte de « controle » du citoyen sur la vie politique du pays.
Après, je ne pense pas qu’une supposée perte de valeurs morales de nos dirigeants soit responsable de la crise institutionnelle que nous traversons. Le grand Charles n’était d’ailleurs pas le dernier des filous. Je me permets de recommander d’ailleurs l’excellente bédé « Cher pays de notre enfance ».
Je pense par contre que le quinquennat a conduit à une accélération de la vie politique. ça, couplé aux réseaux sociaux et aux médias en continu, c’est un tunnel permanent et plus personne n’a de recul sur rien. Il faut décider et agir en permanence, sauf que l’exercice de l’Etat ne peut se limiter à ça.
Il y’a eu des propositions en ce sens, et le consensus politique est à peu près là pour qu’on puisse voter sur un smartphone. Mais outre la nécessaire solennité de l’acte (ça se discute), de l’aveu même du gouvernement, c’est surtout une peur panique d’une faille de sécurité qui permettrait à un état étranger de venir traficoter tout ça, et qui pour le coup ferait bien plus mal à notre démocratie qu’une abstention record.
Juste pour preciser, je suis pas gaulliste hein mais je pense que comme beaucoup d’instances, la politique est devenue un milieu d’affairistes. Était-ce moins le cas avant ? je ne sais pas, mais je crois qu’avant les annees 60/70 on avait certaines valeurs qui devaient contrebalancer l’argent roi.
Non mais je dis pas qu’il n’y avait pas deja celle collusion industriel-politique, et même une forme d’intérêt, mais avec les annees 80 on a quand meme une modification des valeurs (et notamment un passage de l’industrie a la finance), et on avait avant (sans regret aucun de ma part) d’autres motivations qui venaient complexifier cela (religion, interet national apres guerre, patriotisme…). Sans compter que l’impact de la mondialisation et de la construction européenne qui ont changée une perception de ces valeurs. C’est plus à ça que je pense.
Je te recommande ce film alors. Chef d’œuvre (plus que le livre de Simenon dont il est dérivé qui aborde plus l’histoire sous un angle temporel, moins marquant).
Au passage, c’'est assez amusant. Macron a déclaré qu’il ne tirerait aucune conséquence nationale du scrutin de ce week end. Forcément, 10% de 30% de votants, ça ne fait vraiment pas grand chose.
Alors que pendant des semaines, on a eu droit pendant la campagne à une instrumentalisation de l’élection sur le sujet « Sécurité » entre LREM/LR/RN, auquel le gouvernement a largement pris part.
Le Président! Superbe film.
Plus récemment, sur ce qui rapproche le plus de la réalité de l’exercice du pouvoir, tu as « L’exercice de l’Etat » avec Olivier Gourmet et Michel Blanc.
C’est classique ça. Ils l’ont tous faits, sauf que là, c’est ptet bien vrai. Difficile de tirer des conclusions sur les forces politiques du pays quand 67% des français sont allés à la pêche.
Et encore heureux. C’est du local, que ça impacte le local. Si les gens font un choix local dans le but de transmettre un message au national, tant pis pour eux.
Ok, mais dans ce cas pourquoi toute la campagne des régionales s’est focalisée sur la bataille RN/LR/LREM dans la région PACA, essentiellement sur des aspects de politique nationale (en bonne partie à cause de Macron, même s’il n’est pas le seul) ?
@Thierry Je comprend ce que tu veux dire par obliger les gens à se bouger pour voter. Si on faisait ça électroniquement, ça limiterait sûrement un peu l’abstention.
Mais perso, le vote numérique, pour le coup, je suis archi pas pour du tout tout. Une fraude massive électronique, c’est beaucoup plus simple à faire qu’en physique. Et du coup, c’est la porte ouverte à tout et n’importe quoi, y compris du complotisme de la part de tout le monde. Autant la technologie, ça a plein d’avantage, autant pour le vote, je ne suis pas du tout pour.
C’est pas que le vote physique n’ait pas de défaut, mais j’en vois moins qu’en numérique.
Oui, voter en physique c’est chiant, mais c’est pas tous les jours non plus. Et je pense que ce n’est pas la technologie qui est le souci majeur. J’attends de voir les grosses campagnes gouvernementales pour inciter les gens à voter. C’est quand même grave d’avoir plus de trucs sur google ou facebook que de la part du gouvernement. Et si on avait des politiques un peu moins déconnectés, ça ferait pas de mal.
C’est l’argument traditionnel anti vote électronique. Mais dans aucune expérimentation qui a eu lieu où que ce soit dans le monde on a assisté à une fraude. Des erreurs, oui. Des soucis aussi. Mais des fraudes, jamais. Au point que des solutions existent (comme des SIMS individuelles uniquement pour les votes) qui répondent à des risques plus qu’improbables. Mais le spectre de la fraude continue d’être agité systématiquement. Et généralement en s’appuyant sur des expérimentations/solutions d’il y a dix ou vingt ans (aujourd’hui, ton téléphine/PC fait de la reconnaissance d’empreinte, de rétine ou de visage, le moindre compte bénéficie d’une double authentification etc.).
Parce que dans ce pays, c’est la vie politique nationale qui domine et qui reste le graal pour beaucoup d’hommes et femmes politiques. Donc, pour une élection locale, tout le monde fait monter la mayonnaise en ce sens, preuve en est le thème sécuritaire qui a dominé la campagne alors que ce n’est pas du tout une compétence régionale. Une fois l’élection passée, les gagnants vont dire que c’est un message envoyé au gouvernement et le gouvernement dira que c’est avant tout un scrutin local et que ça ne remet en rien en cause sa politique national.
Ça pour le coup, c’est vraiment le jeu politique dans toute sa splendeur et c’est de bonne guerre.
Pas sûr qu’un état victime de fraude soit prêt à l’admettre.
Pour le coup, je trouve ça assez naïf de penser qu’il n’y en a pas/ne peut pas y en avoir. C’est un peu comme le nucléaire : c’est bien, pas beaucoup d’erreur, beaucoup d’avantages indéniables. Mais si ça merde, même une fois, c’est quand même ultra grave et pour le coup, même si le risque est très faible, l’infime fraction d’erreur ne justifie pas forcément que l’on prenne le risque.
(et au passage, je n’ai rien contre le nucléaire et j’en mesure bien les avantages )