El Grande
Année : 1995 (Hans im Glück)
Rééditions :
- VF 1998 chez Descartes
- Decennial Edition, en anglais, 2006 chez Rio Grande Games
- Big Box VF 2015 chez Filosofia Editions
- Nouvelle édition VF 2023 chez Hans im Glück
Version possédée : VF 2023
Auteurs : Wolfgang Kramer, Richard Ulrich
Illustratrice : Doris Matthäus
Commençons ce voyage ludique par un jeu maintes fois édités, par deux auteurs très largement connus et reconnus. Récompensé par un Speil des Jarhes en 1996, il fait parti des “classiques” du jeu de société. Et pourtant, même si ce nom résonnait dans mes oreilles depuis longtemps, je n’avais jamais pris le temps de l’essayer. Trop vieux, trop moche, trop allemand. J’avais certainement toutes les raisons -non recevables- pour ne pas m’y intéresser.
Si je commence par ce classique ultra connu, c’est parce qu’il est à la limite du Graal (Ca donne le ton
) dans mon classement. Il représente tout ce que j’aime dans un jeu de société: Règles simples, facile à apprendre et à expliquer. Des choix stratégiques poussés et une forte interaction.
Mais alors, qu’est ce que donc que c’est, ce El Grande ?
Un jeu de majorité se déroulant dans l’Espagne du 15e siècle, sur fond de conflits territoriaux et religieux. Nous représentons un Grande qui use de son pouvoir pour conquérir de nouvelles provinces. Notre but est d’être présent sur les différentes provinces du royaume d’Espagne et si possible, d’y être en majorité pour marquer un max de points lors des décomptes successifs.
mise en place
Comment qu’on joue ?
En début de partie chaque Grande reçoit un paquet de cartes Pouvoir, numérotées de 1 à 13. A chaque nouvelle manche, une carte devra être choisie parmi les 13. Le premier joueur pose sa carte et c’est au joueur suivant (dans le sens horaire) de choisir et de poser sa carte d’une autre valeur que celle posée par le (ou les) Grande précédent(s). Elles sont résolus par ordre de grandeur. Celui ayant joué la plus haute carte débute son tour. Il commence par ajouter le nombre de Caballeros de sa réserve (appelée Province dans le jeu) à sa zone de jeu (appelée cour). Ici, en jouant la carte 9, il place 2 caballeros dans sa cour. Chaque carte a sa propre valeur. Plus la carte est faible et plus vous ajouter de caballeros à votre cour. En jouant les cartes les plus faibles, vous serez dans les derniers à jouer. Mais le Grande ayant jouée la carte la plus faible, sera le premier joueur à la manche suivante. Parmi les 13 cartes Pouvoir, seules 9 seront utilisées durant la partie. Chaque carte n’est utilisable qu’une seule fois. L’enjeu est de trouver le bon équilibre entre la carte jouée, l’ordre du tour et le nombre de caballeros que l’on ajoute à sa cour.
les cartes pouvoirs
Une fois ses caballeros récupérés, le Grande effectue deux actions. récupérer une carte Action parmi les 5 de la rivière. Puis poser sur le plateau, le nombre de caballeros défini en bas de la carte qu’il a choisi. Les actions peuvent se faire dans l’ordre désiré. Plus un pouvoir est fort et moins le Grande peut poser de caballeros sur le plateau. Et inversement. Il est tout à fait possible de ne pas réaliser le pouvoir de la carte, ni de placer la totalité des caballeros indiqués sur la carte. Le placement des caballeros est contraint par plusieurs règles. Ils doivent forcément provenir de la cour du Grande. Ils ne peuvent pas être placés dans la province où se trouve le Roi actuellement mais ils doivent forcément être placés des les provinces adjacentes à celles du Roi. La répartition est libre, cependant. Le Grande a aussi la possibilité de placer un ou plusieurs de ses caballeros dans le “Castillo”. Il faut considérer cette tour, comme un investissement. En effet, à la fin de la 3e (6e et 9e) manche et avant d’effectuer le premier décompte, tous les caballeros présents dans le Castillo devront être posés, par leur propriétaire, dans UNE SEULE province du plateau. Cela peut grandement changer les majorités, alors en place.
cartes Action
Les Grande effectuent à tour de rôle leurs actions (ajoute des caballeros, choisisse une carte, pose ses caballeros). Une fois terminé, une nouvelle rivière de cartes Action est formée. Les cartes Pouvoir utilisées ce tour sont défaussées et une nouvelle manche débute en commençant par le Grande ayant jouée la carte la plus faible à la manche précédente.
Mais comment qu’on marque des points avec les majo ?
Chaque Province distribue un nombre de points défini dans son encart. Par exemple, lors des décomptes, la Province de Granada donnera 6 points au Grande majoritaire dans cette zone, puis 3 points au 2e Grande majoritaire et enfin 1 point au 3e Grande majoritaire. Ainsi, chaque province distribue ses points aux Grande majoritaires lors des 3 décomptes à la fin des manches 3, 6 et 9.
Le Grande avec le plus grand nombre de points à la fin des 9 manches, est déclaré, El Grande !
Et voilà, c’est tout ! Vous savez (quasiment) jouer à El Grande. En 4 paragraphes, c’est baclé.
c’est beau 
j’omets volontairement certaines petites règles. Le but ici est de vous présentez le jeu dans les grandes lignes.
Pourquoi qu’jaime ce jeu alors ?
Les choix, la tension, les coups de p*te, les retournements de situation, le Castillo des enfers. Tout dans ce jeu est un choix cornélien qui demande réflexion.
Et ça commence dès la carte Pouvoir que l’on doit jouer. Parce que ce choix est triple ! L’ordre du tour, le nombre Caballeros, la position du premier joueur à la manche suivante. Sans oublier que les cartes sont à usage unique. Jouer son 13 sur un mauvais tour et c’est perdre une précieuse première place qui aurait pu nous sauver les miches dans la partie. Ce choix de carte apporte aussi un ordre de tour dynamique, ce qui est toujours intéressant dans ce type de jeu.
Vient ensuite le choix de la carte Action. Elle aussi à le double effet Kiss Cool. Est ce que je choisi une carte faible (c’est vite dit quand même) mais qui me permet de placer plus de caballeros ou alors je choisis un puissant effet mais qui m’empêche d’accroitre mon influence sur le plateau ? Surtout, quelle carte Action je n’ai pas envie de laisser aux autres Grande car elle(s) risque(nt) fortement d’éclater mes armées bien en place ? AAaaahhh mais pourquoi ???
le castillo
Et on en parle de ce Castillo de la muerte là ? Et oui, si placer un caballero sur le plateau ne change rien à la configuration actuelle, il peut être intéressant de le ou les mettre dans le Castillo en s’cred. Bon, pas vraiment en s’cred parce qu’il faut annoncer le nombre que l’on met dedans mais aucun Grande n’a le droit de regarder dans cette tour. Donc si personne n’essaie de retenir qui a mi quoi à l’intérieur, je vous garanti de grosses sueurs froides lors du décompte. Un Grande trop confiant avec 4 caballeros d’avance dans une province peut se faire balayer d’un coup de vent s’il n’a pas anticiper les caballeros du Castillo des enfers. Mouhahahaha
Encore un jeu qui s’explique en cinq minutes avec des règles des plus simples. Mais qu’est ce que c’est bon 
Allez, histoire ne pas faire que des éloges sur ce jeu, même si niveau gameplay y’a absolument rien à lui reprocher, le matériel aurait pu être mieux pensé. Le plateau de jeu est assez conséquent (spoiler: y’a pire ! Et ça sera aussi en review ici
) et comme il est central, ça oblige à mettre les cartes Action d’un coté. C’est un peu moins lisible pour les joueurs à l’opposé. Il aurait pu être plus petit, vraiment plus petit, et intégrer une place pour les cartes.
Mais objectivement, c’est juste pour pinailler. Ce jeu est proche du zéro défaut, si tant est que vous aimez ce style de gameplay méchant et hautement interactif.