Un Film, un avis

Samedi soir, c'était soirée ciné en famille à la maison. Nous avons poursuivi la saga Pirates des Caraïbes avec le 4ème opus, La Fontaine de Jouvence. J'en gardais un assez mauvais souvenir mais après (re)visionnage, je veux bien revoir mon jugement à la hausse. Comme dirait mon fils, "c'est le plus faible de la saga mais cela reste un bon divertissement !".

Côté défauts (ils sont quand même assez nombreux), le principal reste un scénario qui est bourré d'incohérences et de deus ex. Ainsi, les espagnols (une bonne idée sur le papier) sont totalement sous exploités, ont des motivations absolument obscures ce qui entrainent des actions illogiques au regard du but à atteindre (Pourquoi veulent-ils détruire la Fontaine de Jouvence ? Si tel est leur but, pourquoi ne pas simplement détruire les calices qu'ils ont en leur possession et ainsi en interdire l'action pour toujours ?). Il en va de même pour Jack Sparrow (mais bon, on connait ses -souvent incompréhensibles- lubies) qui semble chercher la Fontaine pour en être le découvreur... alors que si on en croit le nombre de cadavres de sirènes à proximité du lieu, il y a déjà un paquet de monde qui l'a trouvé ! Ou encore Angelica dont je ne sais toujours pas qui elle est et ce qu'elle veut après 2h30 de film !

Tout le message sur la foi et la religion est particulièrement brouillon et brouillé... et n'amène pas grand chose au récit, si ce n'est pas encore plus d'incohérences. Ainsi, si l'arc narratif entre le missionnaire et la sirène pourrait être intéressant, sa conclusion est... bizarre, de même que le comportement de Sirèna (ce nom ! :downcast_face_with_sweat:) qui n'a absolument aucun intérêt à filer donner les calices à Jack si ce n'est à sauver le final. C'est particulièrement grossier et pas brillant comme écriture.

Autre faiblesse de mon point de vue, les nouveaux personnages. Si Barbe Noire est plutôt intéressant et mériterait beaucoup plus d'attention, Angelica est une sous Elizabeth Swann ; le personnage est très mal écrit et peine à (m')intéresser. Même sa relation avec Jack Sparrow ne provoque qu'une indifférence totale, quand ce n'est pas de la gênance.

Et pourtant, malgré tout cela, cela reste une aventure très pulp et très divertissante. Il y a de nombreuses scènes d'action qui mêlent combats de capes et d'épées, courses poursuites et humour de façon très bien dosée (l'évasion du palais du roi à Londres est un plaisir coupable). J'ai beaucoup aimé toute la mise en scène autour des sirènes (la scène de l'attaque est géniale). Et j'aime la façon dont le fantastique s'intègre parfaitement à l'univers (le vaudou, la façon dont Barbe Noire commande à son navire).

Bref, pas le meilleur de la série, mais un bon divertissement malgré tout.

4 « J'aime »

J'adore la saga mais je te rejoins en disant que le 4 est le plus faible. Son vrai défaut est d'être arrivé après le 2 et 3 ce qui le rend plus bas de gamme à côté de ce diptyque. Et punaise, je ne sais pas ce que Barbosa leur à fait mais il devaient pas aimer le personnage pour l'avoir rendu aussi insipide...

2 « J'aime »

Hier, dans notre programme 'Un film quand il fait trop chaud pour sortir', on a vu A pied d'oeuvre, réalisé par Valérie Donzelli. Le film est une adaptation du roman du même nom de Franck Courtès. On y suit la trajectoire de Paul, photographe renommé qui a choisi d'abandonner sa carrière solide pour se lancer de toute ses forces dans l'écriture. Ses premiers romans ont obtenu un succès d'estime, mais pas assez pour en vivre. C'est là que commence le film. L'enjeu pour Paul sera de pouvoir écrire un nouveau livre alors que ses conditions matérielles se dégradent et devant l'incompréhension de ses proches. Le film arrive à capter d'une très belle façon le cheminement de Paul. J'ai trouvé le film particulièrement fin et bien écrit, que ce soit pour le personnage de Paul ou son entourage (son père notamment). J'imagine que certaines scènes, ou certains dialogues sont directement tirés du livre. Je ne connais pas de travail de Franck Courtès mais cela donne envie de lire ses livres. La mise en scène de Donzelli est un peu plus sobre que dans d'autres films que j'ai vu d'elle, mais elle sonne juste. L'interprétation de Bastien Bouillon participe aussi de cette réussite. Il arrive très bien à faire vivre l'obstination, mais aussi l'émotion du personnage.
Un film que je ne peux que conseiller.

5 « J'aime »

J'ai bien aimé l'idée d'en faire un corsaire au service de la couronne d'Angleterre, mais j'ai trouvé qu'il était très (trop) caricatural par rapport aux précédents opus.

C'est dommage parce que c'est un bon personnage.

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Hier soir, on a regardé The Criminals (FUZE en anglais ???), film de braquage qui propose un angle un peu différent. Bien sympa pour finir un weekend.

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Je l'ai loupé à sa sortie celui là, il faudrait que je fasse une séance de rattrapage.

Vu hier après-midi La Bataille de Gaulle : j'écris ton nom, deuxième volet du diptyque d'Antonin Baudry sur le combat de de Gaulle (et de ses alliés) pour faire exister la France après sa défaite de 1940. J'avais été très agréablement surpris par le premier film et je n'ai qu'un mot pour le deuxième...

Magistral !

Vraiment ! J'ai eu plusieurs fois des frissons et même la larme à l'oeil. Et à en juger par les réactions autour de moi au sortir de la séance, je n'étais pas le seul.

J'ai bien conscience d'être probablement le spectateur idéal pour cette oeuvre ; j'aime l'Histoire, j'aime particulièrement cette période, et malgré ses (nombreux ?) défauts qui me font râler, j'aime mon pays. Pour autant, je pense sincèrement que le film peut plaire à bien d'autres profils, en plus d'éclairer la seconde guerre mondiale sous un nouveau jour autres que les classiques D-day et Stalingrad. Au sortir de la salle, j'ai véritablement envie d'améliorer mes connaissances sur tout l'aspect politique de ce conflit, l'aspect militaire étant globalement maîtrisé.

Pour en revenir au film en lui-même, ce dernier reprend là où le précédent s'était arrêté (début 1943) et pourrait se résumer à une phrase de Churchill : "Jamais tant de gens n'ont dû autant à si peu !". On y découvre un de Gaulle qui malgré les premiers succès de "ses" français libres" peine encore à assoir sa légitimité, notamment aux yeux des américains bien décidés à l'évincer au profit de personnalités plus favorables aux USA, voir d'une administration américaine.

Dans son combat, le grand Charles n'est toutefois pas seul (en tout cas, bien moins que lors de son arrivée en Angleterre au début du premier film). Ainsi, le film jongle entre trois fronts différents ; le combat politique (dans les bureaux d'Alger, de Londres ou de Washington), le combat sur le terrain (les exploits de la Force L en Afrique du Nord) et le combat intérieur (les efforts de Jean Moulin pour unir les mouvements de résistance en France).

Et la grande force d'Antonin Baudry est de réussir à mettre tout autant de tension et d'intensité dans une scène de bataille au milieu du désert (la bataille de la ligne Mareth, grandiose !) que dans un échange de protocoles d'accord (entre de Gaulle et Giraud) ou dans une réunion cruciale de la résistance (la création du Conseil National de la Résistance). Même l'envoi d'un simple télégramme devient un enjeu majeur et une scène captivante.

Comme dans le premier opus, les évènements s'enchainent et on ne voit pas passer les 2h30. Bien évidemment, certains évènements sont simplifiés, voir même ignorés, ce qui chagrinera sans doute les historiens les plus pointilleux. Mais ces choix permettent de faire avancer un récit aux enjeux déjà très complexes et profitent à la dramaturgie de l'histoire sans pour autant tordre le cou à l'Histoire.

J'ai par ailleurs apprécié certains détails historiques, preuve de la volonté de l'auteur de rester le plus fidèle possible à la période, comme l'importance des troupes coloniales françaises (beaucoup plus présentes dans cet opus) ou le drapeau espagnol sur un char de la 2ème DB lors de la libération de Paris dû à la présence d'anarchistes espagnols au sein de l'unité de Leclerc. Des clins d'oeil mais qui m'ont impacté car me renvoyant aux récits de mes grands-parents qui ont vécu ces moments.

Je terminerai par les aspects techniques, même si je ne suis pas un professionnel du cinéma.

Le casting tout d'abord. Déjà parfait dans le premier, il est tout aussi excellent dans le second. D'un Simon Abkarian vraiment bluffant dans le costume du général (il y a une scène de discours à Alger où dans ses intonations et sa gestuel, il est de Gaulle !) à un excellent Thierry Lhermite dans le rôle de Giraud (j'avais un peu peur de ne pas y croire mais comme Kassovitz en Darlan, ça passe tout seul), en passant par Félix Kysyl en Jean Moulin (pas sûr que Gilles Lelouche fasse mieux dans le film à venir) ou encore Anamaria Vartolomei (Livia, figure fictive qui incarne tout à la fois la jeunesse résistante et la place des femmes dans l'armée des ombres)... rien à dire, ils sont tou(te)s parfait(e)s. Même les seconds rôles historiques comme Montgomery ou Eisenhower sont bien choisis, notamment physiquement.

Mais celui qui crève véritablement l'écran dans ce film, c'est Niels Schneider en Leclerc. Habité, charismatique, impressionnant. Une prestation XXL, j'ai adoré...

Sur le plan de la photographie, j'ai trouvé là encore le film remarquable. Des couleurs ocres et chaudes pour les scènes de bataille dans le désert, un ton plus neutre pour les scènes de bureau, et un ton froid, presque grisâtre, pour les scènes en France occupée. C'est soigné et bien pensé. Certaines idées sont particulièrement marquantes ; j'ai notamment adoré deux scènes de discours qui s'entremêlent et qui se renvoient l'une à l'autre.

Mais le rush final (la libération de Paris) où se mêlent images d'archive et scènes tournées, le tout soutenu par le poème de Paul Eluard qui donne son sous-titre au film. Là j'avoue, ça a été le grand frisson... et ce jusqu'à la toute dernière image (l'arc de triomphe de nos jours). Waoh !

Magistral.

11 « J'aime »

Je n’aurais pas fait meilleure critique ! J’encourage moi aussi à tous ceux qui s’intéressent un temps soit peu à l’histoire de France à aller le voir au ciné, surtout qu’il va refaire chaud ces prochains jours :wink:

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