Non, je suis d’accord avec toi, on se laisse facilement avoir par les divers biais classiques (est-ce que j’ai faim ? Est-ce que j’ai pris un café ? etc.). D’où l’intérêt d’évaluations standardisées, au moins dans les matières où les corrections sont relativement objectivables.
Je ne suis pas contre le tirage au sort, mais il faut un filtrage objectif avant. Et le problème c’est qu’un master un peu côté peut recevoir 2800 candidatures pour 120 places (expérience d’un collègue cette année). Et tout est fait pour nous mettre dans une situation où on fait n’importe quoi parce qu’il n’y a pas justement d’évaluation standardisée.
C’est joli de faire de l’ironie mais çà tombe un peu à côté quand t’as pas compris ce qui est écrit.
Pas compris ce que le « velus » vient faire là, mais il faudra expliquer à ton « pas envie » qu’il faut que tu te bouges pour faire changer la loi, chez ton député par exemple ou par tout autre moyen à ta convenance, parce que pour l’instant, c’est légal.
Pas partout ! Ici (et tu sais où je suis ), il y a un arrêté municipal qui interdit de déambuler torse nu « en ville ». Bon, à l’origine, c’est pour éviter les touristes qui se balades « à poil » dans les magasins des rues piétonnes, mais techniquement cela pourrait s’appliquer à toute personne torse nue qui ne soit pas sur la plage ou sur le remblais, côté mer (bon, techniquement, c’est quand même là où on croise le plus de spécimens).
Je sais bien, et j’en comprends tout à fait le sens, surtout dans les stations balnéaires. Mais si j’ai bien compris, même certains de ces arrêtés ne sont pas légaux et des municipalités se sont fait retoquer là dessus.
Ah ah ah… J’ai l’impression qu’il y a un peu de biais dans ton jugement ;).
Alors moi aussi, mon expérience est identique à celle de @ran-cadren. Ma meilleure doctorante était issue d’une école d’ingénieurs. J’ai aussi un collègue polytechnicien qui est brillant (mais c’est aussi une crème et une personne tout à fait progressiste). Mon exemple ne peut pas servir de loi générale, mais il vaut bien le tien.
Et c’est un point important sur le sujet mérite/réussite. La plupart des personnes venant de grandes écoles sont des gens très adaptés depuis très jeunes au système scolaire et qui savent parfaitement ce qui est attendu d’elles et eux en très grande partie par héritage familial d’ailleurs. On considère ces gens « brillants » à l’aune de critères de performances attendus par les institutions, et bien évidemment dans la matière qui est la leur. Et ça reste des attendus de classe.
Mais je dois avouer que pour avoir côtoyé des gens en grande école, deux personnes dans ma famille, un ex ami, et une connaissance, je n’ai pas eu la meilleure expérience possible avec ces gens à l’égo (et au manque de recul sur eux même) suridimensionné à un point que s’en est gênant. Et il est clair que le bourrage de crâne (vous êtes l’élite de la nation blabla) induit par leur position sociale n’arrange pas ça. Maintenant oui, je me doute et heureusement que certains et certaines sont à l’opposé de ça.
Des masters à 120 places ? Fichtre. C’est quelle(s) matière(s) ?
Uniquement pour mon parcours (donc pas tout le master) c’est ~340 dossiers pour 18 places. Plus les dossiers parallèles (campus France notamment), qui rajoutent ~10%. En gros plus d’une semaine de boulot à plein temps à 3 personnes + de l’aide pour certaines auditions + les expertises extérieures que l’on fait pour les collègues (le tout pile dans la période de finalisation des dossiers ANR ). Je vais quand même devoir revoir notre niveau d’exigence dans l’analyse des dossiers. Forcément ça devient difficile de repérer les dossiers atypiques mais à potentiel. On y arrive encore mais c’est un choix (politique ?) de ma part pour ce parcours sur lequel je peux influer (et une équipe cool qui est ok avec l’idée).
Sur l’ensemble de l’établissement faudrait que je regarde les chiffres. Mais c’est des proportions comparables.
Comme je ne sais pas ce que tu veux dire par docile dans ce contexte, je te laisse expliquer pour répondre. Au passage, je ne parlais pas de mes thésards. J’ai encadré 17 thèses et je n’ai eu dans le tas que 2 doctorants d’écoles d’ingénieur ou d’ENS. Ils n’étaient pas particulièrement brillants, dans la moyenne de mon lot. Mes deux meilleurs thésards de loin sont un statisticien italien qui a été formé essentiellement en Italie et une archéologue de formation universitaire classique. Les deux ont eu des parcours exceptionnels et sont en poste, pas d’écoles d’ingé dans ces situations. Je parlais des thèses des labos que j’ai fréquenté, là où les gens font des vraies maths, pas des machins bâtards comme moi. Et là, bah grosso modo, les doctorants viennent en majorité de grandes écoles (grosse proportion d’ENS) et le niveau est stratosphérique.
D’être brillant en maths ? Je ne te parle pas de gens qui ont réussi un concours d’entrée (là, je te rejoins, il y a beaucoup de reproduction sociale), je te parle de gens qui ont des prix divers et variés, et une reconnaissance internationale. L’expérience des autres pays montre qu’on n’a pas besoin de grandes écoles pour faire émerger ces talents, il faut simplement des filières sélectives très imbriquées avec la recherche. Mais en France, une part considérable des chercheurs brillants des domaines couverts par les grandes écoles viennent des grandes écoles. Ce qui ne veut pas dire que les gens qui sortent des grandes écoles sont tous brillants. Et donc je veux bien croire que dans ton échantillon très réduit (4, mazette), personne ne le soit.
Informatique à tendance data science et IA.
Argh. Entre le taux de sélection fou et le nombre de places, la composante random naturelle va dominer (ordre de lecture de dossiers, par exemple).
Alors pour le coup ils et elles ont des postes considérés comme importants, dans le spatial notamment sans trop en dire. Mais je suis toujours étonné de voir qu’ils et elles s’intéressent à assez peu de choses en dehors de leur spécialité, ce qui, dans mon cas n’est pas le genre de gens que je qualifie de « brillants », mais je comprends qu’ils et elles puissent l’être dans leur spécialité. Cela dit dans mon entourage les personnes les plus cultivées et pertinentes que je connaisse (donc que je considère brillant•es) sont des « généralistes » au chômage et/ou artistes qui n’ont pas toujours leur bac ou sortent de la fac pour faire de la recherche en indépendant.
Biologie. Un parcours un peu bâtards à cheval etr scènes de l’environnement et biologie cellulaire et moléculaire.
On a aussi un très fort taux de désistement (certains collègues en sont à suggérer de gamifier en ne classant plus les dossiers les « meilleurs » dossiers). Mais au final la corrélation entre le rang de classement dans monmaster et celui de sortie du M1 est plutôt bonne.
Dit comme ça, je pense qu’on peut se rejoindre. Je suis en général assez étonné du peu d’intérêt que les gens portent à ce qui les entoure, en fait. Mon préjugé est que mieux on est formé (au sesn du niveau d’études), plus on devient « encyclopédistes » mais je constate (sans stats) que c’est assez faux et ça me désole. Il faudrait que trouve des études pour voir si c’est général ou une simple impression fausse.
Enfants de poissonnier, de facteur ou de circassien, Isabelle, Tom et Victor viennent d’être admis à la prestigieuse école de commerce HEC Paris. Ce documentaire nous immerge dans ce qui est, pour eux, un brutal changement de monde.
Rien ne prédestinait Isabelle, Tom et Victor à intégrer HEC Paris, une école qui a formé de nombreux ministres, des patrons du CAC 40, et même un ancien président de la République. Victor a grandi près de Marseille et ne connaissait rien au monde des écoles de commerce. Isabelle, qui vient du quartier Olympiades à Paris et rêvait d’être footballeuse professionnelle, est la première de sa famille à poursuivre des études après le bac. Depuis qu’il a 14 ans, Tom, lui, travaille chaque week-end comme poissonnier sur l’étal que tient sa mère dans un marché couvert du Val d’Oise. Pour ces jeunes, l’arrivée à HEC s’avère un brutal changement de monde et marque le début d’un voyage accéléré d’un bout à l’autre de l’échelle sociale.
Trouver sa place
À 20 ans, comment trouver sa place lorsqu’on est projeté dans un univers dont on ne connaît pas les codes ? Isabelle, Tom et Victor trouvent progressivement leurs marques dans un monde où, dès les bancs de l’école, se constituer un réseau est une priorité. Mais ils sont rattrapés par une implacable réalité. Pour payer leur scolarité, ils ont dû s’endetter en empruntant jusqu’à 80 000 euros. Ce paramètre pèse lourd dans leurs choix de cursus après l’école. Des élections au bureau des étudiants (BDE) aux soirées sur le campus, des cours aux recherches de stage, sans oublier leurs passions personnelles – moto, rugby ou football féminin –, Camille Poulain (passée elle-même par HEC) et Jules Giraudat ont suivi ces jeunes transclasses dans leur nouvel environnement, recueillant au fil des mois leurs doutes et leurs difficultés à concilier leur désir d’ascension sociale et leur crainte de trahir leur milieu d’origine.
HEC, admis sans les codes
Documentaire de Camille Poulain et Jules Giraudat (France, 2023, 52mn)
Oh merci pour ce partage !!
Je ne connaissais pas ce doc, mais Tom, le fils des poissonniers, c’est un ancien élève à moi. !
(Un type très sympa, d’ailleurs.)
Intéressant mais trop court et en surface, je reste sur ma faim.
J’aurais souhaitais plus de témoignages et un suivi de leurs parcours sur du plus long terme.
Mais j’imagine que c’était délicat d’avoir beaucoup de vidéos des « coulisses » de l’école ou de lieux de stages, idem pour faire parler des profs face à la caméra.
Dire qu’il ne faut pas prendre position politique, tout en déclarant un truc qui est totalement une prise de position politique, c’est vraiment quelquechose qui me fascinera toujours !
Ps : Fryxelius, il est quand même sacrément plus problématique que juste dire que les hommes trans qui ont leur règle ne sont pas des hommes. (Oui c’est ça que tu viens de dire, et oui c’est transphobe.)