Quand mon fils sort un jeu de carte au bar à une soirée entre potes pour faire un President, est ce que c’est moins « sale » que s’il avait fait un Monopoly ?
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Le truc c’est qu’un combat de pouce, c’est un jeu de société. Une marelle aussi.
Les jeux de cartes au bar, généralement, c’est sale car les surfaces sont rapidement collantes et grasses ![]()
Ah mais ça ne me dérange pas du tout de compter le Monop et la belote.
C’est juste que dans ma famille et les amis de mes parents, le jeu n’est absolument pas présent, même pas la belote ou la pétanque, c’est pour ça que le 87% me surprend, mais en fait on doit être une exception.
sauf qu’il faut arrêter de se mettre sur un piédestal en se disant qu’on joue à des « vrais » jeux de société… tandis que le Belote ou le Monopoly, c’est pour les ringards.
Ils font juste partie des 13% ![]()
Pour ma part, c’est dans la domaine du sport que je suis choqué parfois : il y a des gens qui n’y connaissent et que ça n’a jamais intéressé.
Comme je disais, les billes, la marelle, le combat de pouce ou l’elastique, SONT des jeux de société.
Les questions Apéricubes sont un jeu de société.
Les petits jeux Danette également.
Il ne s’agit pas de dire qu’on est les meilleurs parce qu’on joue à de VRAIS jeux de société, mais de dire que le jeu de société, c’est vaste, et qu’on y mélange un peu tout.
pour rappel, la source, c’est ça : https://www.festivaldesjeux-cannes.com/media/documents/2026/DP_2026_06_02_26_WEB.pdf
91% des Français aiment jouer, ils sont 79% à se déclarer bons joueurs et jouent quasiment tous à des jeux de société et à des jeux de cartes. 87% des Français jouent à des jeux de société, 58% jouent au moins une fois par mois et 25% au moins une fois par semaine. Le jeu est joué dans 75% des cas en famille. Le confinement a fait la part belle à ce loisir qui a séduit 30% de joueurs supplémentaire depuis la crise de la COVID19.
(3) Étude 2023 menée par l’Union des Éditeurs de Jeux. 1011 sondé(e)s
qui a aussi une intéressante stat sur les achats :
62%(3) des français achètent 2 à 5 boîtes de jeux de société par an
quivi de
Avec plus de 37 millions(1) de boites de jeux de société vendues en France l’année dernière
Soit environ 0.5 boite par an par habitant / 1 par foyer… Au mieux ce dossier de presse est un parfait exemple de cherry picking bien moisi. Plus réalistiquement, c’est un dossier de presse torché avec tous les chiffres intéressants à caser même s’ils n’ont aucun lien entre eux ni réalité.
La réalité, c’est 35M de boîtes vendues. Soit un jeu par foyer par an. Et ça ne fait finalement pas tant rêver que ça (surtout qu’ici, on a quand même une population totalement hors norme qui défonce ces stats)
Mais pour en revenir à la pratique, même selon cette étude que j’aimerais beaucoup creuser tant elle me semble bancale, on a un chiffre bien plus intéressant à analyser :
- 58% : jouent au moins une fois par mois.
Est-ce qu’une personne qui ne pratique pas une fois par mois au moins peut être considérée comme « jouant à des jeux de société ». Si je cours une fois par an, est-ce que je suis considéré comme « sportif » ou même « coureur » ?
Et parmi ces réels pratiquants, qui jouent au moins une fois par mois (ça semble un minima peu exigeant, mon voisin de 80 ans joue à la belotte au moins deux fois par semaine), il faudrait encore enlever les parents qui ne le font pas pour leur plaisir et de façon volontaire mais contrainte. Vu que cette pratique ne rentre pas dans le cadre de la reconnaissance d’une activité ludique telle que définie par la théorie des jeux.
Bref, on est ici devant les chiffres d’une enquête « business », dont la question couvre des usages très larges : Monopoly à Noël, cartes en famille, party games, jeux enfants, ou encore une partie sortie une ou deux fois par an. Parce que les porteurs de l’enquête n’avaient réellement rien à foutre de comprendre mais juste envie de claquer des chiffres valorisants qui servent le récit d’un marché dynamique.
L’enquête a donc posé une question du type « jouez-vous à des jeux de société ? » avec une définition large (on ne définit pas l’objet ni sa pratique), puis a compté comme joueurs tous ceux qui répondaient oui. Et basta, job done!
Ca ne dit rien de la pratique. De sa réalité. De ce que l’interviewé estime être un jeu de société (pour certains, ça inclura la pétanque, la Française des jeux ou même les jeux viodéo). Ca souffre de biais de mesure (étude déclarative -sondage- et pas une mesures objective de consommation / pratique). De biais de désirabilité sociale (tendance à se déclarer « joueur » car c’est perçu positivement) qui dans ce genre de question joue souvent un rôle important. etc. Sociologiquement, ce genre d’étude, c’est de la merde.
D’ailleurs, c’est étonnamment le même chiffre que lors de l’étude précédente datant de quasiment 10 ans auparavant (la source, je n’ai jamais trouvé la nouvelle, y compris sur le propre site de l’Union des éditeurs). On retrouve ce 87% de pratiquants qui n’aurait donc pas évolué en 10 ans alors que la génération montante (z) serait supposée nettement plus joueuse.
Bref, c’est de l’étude business. Ca n’a globalement aucune valeur explicative ou de compréhension des activités, c’est uniquement là pour un narratif de dynamique du secteur. Ce qui n’a rien de mal; c’est par contre bien mal faire son travail d’analyse personnel que de retenir ce chiffre ou de lui donner du sens.
+1000.
Moi qui croyais que c’était la fréquence d’achat qui définissait le joueur… ![]()
tout ceci nous renvoie à la citation apocryphe de Churchill
je suppose que tu parles de celle sur les statistiques qui serait en réalité une création nazie ?
Et qui en plus est absurde. Les statistiques disent une réalité, c’est nous et nos biais qui cherchons à les utiliser pour décrire d’autres choses que ce qu’elles disent.
87% des personnes répondent « oui » quand on leur demande si elles « jouent à des jeux de société ». Si on cadre sur la pratique, ils ne sont déjà plus que 50% à joueur au moins une fois par mois (ce qui correspond plus à la réalité de quelqu’un qui joue - Dans els 87% de 2013, ça inclut même plus de 10% de gens qui répondent « oui, moins d’une fois par an »). Si on cherchait à mieux cadrer car la définition de « jeu de société » est un peu floue, on aurait une autre vérité.
Aucune n’est réellement fausse ou truquée. Tant qu’on reste à ce qu’elles décrivent. C’est du déclaratif, non cadré, 87% des gens interviewés pensent jouer à des jeux de société (probablement, vu qu’on n’a pas les question du questionnaire 2023 -autant dire que c’est un document de valeur…). Combien le font en réalité de façon assez fréquente pour que ça ait un réel sens ? Aucune idée…
(si c’est celle sur la guerre ou le déshonneur, elle ne semble pas nazie mais je ne vois pas le rapport^^. Ou alors c’est une autre ? Je ne connais guère que ces deux-là pour Churchill, désolé si je passe à côté)
Je ne sais pas s’il est nécessaire de pondre un tel pavé agressif et condescendant.
Je découvre la vidéo : c’est quoi le jeu avec le chat auquel ils jouent au début ?
Chat bête.
À pas confondre.
Yes, la fameuse dont on a bien du mal à savoir ce qu’elle a de sérieuse ou pas sur les statistiques
(cette histoire de « création nazie », j’ai encore trouvé aucune source sérieuse pour la corroborer, pas plus que de trace sérieuse du fait qu’elle ait vraiment été prononcée un jour par Churchill lui-même).
Tout ça pour dire, cette infographie et ces données, je suis d’accord que c’est de la communication très « business », mais c’est juste des stats à prendre pour ce qu’elles sont (comme n’importe quelle stat au demeurant).
J’ai pas l’impression qu’il y ait masse d’études hyper pointues et rigoureuses (et encore moins fréquentes) sur les jeux de société et les joueurs.
L’intérêt que je vois à ce genre de chiffres et de sorties médiatiques, c’est que ça puisse provoquer un étonnement ou des questionnements sur le sujet, mettre un coup de projecteur sur le domaine. Surtout qu’on est sur un sujet ni racoleur, ni polémique. Et sur une approche moins bling bling que les délires à la « kidulte » ![]()
Je suis globalement d’accord avec @Thierry sur la valeur qu’on donne aux chiffres.
Bon, pis faut dire aussi, c’est mon métier.
Mais ce que je trouve intéressant dans ces chiffres c’est que même si les gens déclarent « abusivement » jouer aux jeux de société (dans le sens où ce ne seraient pas de « vrais joueurs » mais des occasionnels, des joueurs du dimanche, ce que vous voulez) on a tout de même 87% des personnes interrogées qui ne s’interdisent pas de s’y adonner, même une fois l’an après la bûche.
Si on met ça en rapport avec l’évolution du loisir qui a très longtemps été cantonné au domaine familial et enfantin, je trouve ça chouette.
Mais c’est bien sûr plus complexe que cela parce que pendant que les enfants jouaient déjà à la Bonne Paie, les adultes eux faisaient une belotte ou un tarot. Donc jouaient.
Et c’est amusant de constater l’inversion de regard de certains (moi le premier hein) : les jeux sérieux d’hier sont devenus les jeux planplan d’aujourd’hui et ce qui est sérieux c’est de construire des royaumes de petits lapins ou d’envoyer des oiseaux se mettre sur le pif avec des chats et des loutres ![]()
Donc ce qui est intéressant pour moi c’est l’évolution de la pratique, et du regard sur le loisir.
Qui d’après ce que dit @Thierry est quasi nulle, donc ça fout toute ma théorie en l’air ![]()
Il me semble qu’@hexolitemax avait partagé une étude assez intéressante aussi sur le sujet, faudrait que je la retrouve.
j’avais cherché il y a quelques années et jamais rien trouvé de particulièrement pertinent. Il a pu y avoir des travaux intéressants post COVID mais pas eu le temps /envie de creuser. Si quelqu’un a ça sous la main, je suis volontiers preneur !
Par contre, ce serait probablement de l’étude de comportement et pas du sondage qui montre bien trop vite ses limites pour ce genre de questionnement.
Je n’ai pas creusé donc ne t’appuie pas trop sur ma lecture rapide, je peux être totalement à côté de la plaque. Mon ressenti est aussi que ça joue plus mais je suis évidemment totalement biaisé de par mes pratiques et mon entourage (quand je participe à une réunion de parents d’élèves ou un pique-nique de locaux, les gens me racontent le dernier jeu auquel ils ont accroché… difficile de se faire une idée neutre^^).
Que ça joue à des jeux différents, ça par contre c’est très probable. Un délaissement de certains « classiques » ou têtes de gondole pour des produits plus modernes, plus proches de nos habitudes, c’est très probable (mais, là encore, j’ai zéro visibilité sur des pans entiers de la société où la transition ne s’est peut-être pas encore produite).
Après, est-ce que ça joue plus… J’ai surtout l’impression qu’il a existé une période / (1-2) génération(s) durant laquelle les gens ont moins joué. Grosso modo ceux des 30 Glorieuses puis Crises pétrolières, durant lesquelles le jeu faisait mauvais ménage avec le productivisme omniprésent. Alors qu’avant, le jeu n’était pas une activité réservée aux improductifs (belote, tarot, coinche etc.).
Mais, encore une fois, je ne me pense pas objectif sur cette question qui se retrouve à la croisée de certaines de mes croyances les plus ancrées. De mon point de vue, ça ressemble plus à un retour à la normale à une époque où productivisme et utilitarisme sont (enfin!) en déclin.
Mais, ça, ça ne fait pas des données ![]()
Mon avis à moi que j’ai c’est que tout ça c’est grâce à Steve Jobs.
Avec l’iPhone, puis l’iPad, et tous leurs concurrents, des jeux comme Candy Crush ou Angry Birds ont pu trouver leur place chez les adultes et tout d’un coup il était devenu respectable de jouer.
Vous ajoutez un petit confinement pour qu’on puisse se demander si on a toujours le vieux Scotland Yard à la cave et hop, on se retrouve avec douze éditions différentes de Blanc Manger Coco.
Donc Steve Jobs, et le pangolin.
Sinon j’ai retrouvé l’étude en question mais elle date en fait de 2021.
Il y a plein de choses super intéressantes sur ce site d’ailleurs.
Et en cherchant, je suis tombé sur ceci, que je ne connais pas :