Je ne crois pas qu’il y ait un lien de causalité direct entre excellent jeu et succès de vente.
Le jeu doit surtout être accessible et abordable pour être un succès de vente. Du coup s’il ne reste que les blockbusters, on nous enlève les pépites (prend le cinéma pour exemple, heureusement qu’il y a encore des studios indépendants).
J’avoue, j’ai une piètre opinion de Terraforming Mars et IAWW.
En revanche, j’adore The Big Book Of Madness et First Martian qui ne sont sans doute pas vendus de la même façon, ni ne bénéficient de la même aura.
Comme quoi, le bon jeu, pour la joueuse, c’est juste celui qui lui plaît. Le bon jeu, pour l’éditrice, c’est celui qui se vend par palettes de 150 jeux même 24 mois après sa sortie. Lequel est un bon jeu ? Balek. L’opinion ne sera pas la même entre les deux.
J’ai la même à la maison. C’est louuuuuuuuurd…
(Je ne sais pas pourquoi, la citation ne fonctionne pas, je vais donc le faire à l’ancienne).
@froh « Le problème ici c’est que tu considères qu’il n’y a qu’un seul manuel à relire. Et sur un seul jeu.
Oui effectivement si on ne sortait qu’un jeu par mois, ce serait pas tres impactant. »
Non, je sais qu’il y en a plusieurs. De même que lorsque je bossais dans le milieu de l’imprimerie/PAO, on ne faisait pas qu’un seul catalogue ou imprimé par mois. De même que lorsque je bossais en agence web, on ne faisait pas qu’un site par mois.
« Et du coup tu étais payé un salaire pour ça. »
Evidemment, mais j’étais payé en tant que graphiste, puis en tant que développeur. Mes métiers, ce pour quoi j’avais été embauché dans les deux exemples cités, c’était pour faire du graphisme ou pour taper du code, pas faire de la relecture. Mais que ce soit moi, graphiste ou développeur, mes collègues chefs de projet ou commerciaux, aucun n’était relecteur officiellement. Sauf qu’on prenait quand même le temps de relire…parce que si on livre quelque chose plein de fautes, même si ce n’est pas nous qui l’avons écrit, ça nous retombera dessus. Idem pour LDG, je m’en fous qu’ils n’aient pas pris de relecteur, mais si c’est blindé de fautes, c’est mon droit de leur tomber dessus en tant que client.
@Transludis Je me suis effectivement mal exprimé, ou tout du moins, je n’ai pas été au bout de ma pensée. Quand je disais qu’il fallait demander à Pif, Paf et Pouf de relire, même si ce n’était pas leur métier, c’était APRES une relecture par quelqu’un dont c’est le boulot. Une sécurité supplémentaire en quelque sorte.
Et le travail sous pression, je l’ai connu, comme je l’ai dit j’ai bossé dans le milieu de l’impression (plus ou moins tout le long de la chaîne graphique, du graphiste à l’opérateur PAO, à l’imprimeur numérique, au massicoteur, au façonneur, à l’expédition…j’ai touché à tout). Je sais que c’est toujours pour la veille. La différence, c’est que les projets sur lesquels on bossait pouvaient être créés un jour et livrés dans la semaine. Je pense que ce n’est pas le cas dans le milieu du jeu de société, vu le temps que ça prend via les financements participatifs. Quand on attend 1 an ou 2 pour recevoir son jeu, on n’est pas à 48h près pour faire une relecture. Surtout que de mobiliser 3 personnes pendant quelques heures, ça ne va pas arrêter toute la chaîne non plus…les autres peuvent avancer sur d’autres points aussi.
Et je sais que la relecture c’est potentiellement infini. De même qu’un site internet n’est jamais terminé. Au bout d’un moment il faut dire stop, on livre. Je sais. Mais quand LDG se vante d’avoir livré les premiers leur traduction de Sleeping Gods, par rapport aux autres langues…faut pas se foutre du monde une semaine après en disant qu’ils avaient la pression…ils avaient le temps de relire et de changer les tournures qu’on leur avait fait remonter.
C’est sur la carte d’introduction du personnage du chasseur, donc pas tellement un spoil non…
Plus on a de jeux, moins on a de temps pour les découvrir. Parce qu’en théorie, un top 10 sur 1000 jeux sera probablement plus qualitatif qu’un top 10 sur 100 jeux.
Mais en réalité, à moins de consacrer sa vie à faire des tops, c’est juste pas possible. Et c’est la com’ qui prend le relais : le design de la boite, l’avis amaaaazing du youtubeur lambda, le cash dépensé en bannière sur TT ou MyLudo, la pub facebook…
Bref, quantité c’est pas synonyme de qualité. Et je suis persuadé qu’un éditeur qui chouchoute sa petite production a plus de chances de produire un bon jeu qu’un éditeur de mass market.
Totalement d’accord avec tout ce que tu dis.
Et a la chance de pouvoir compter sur un public qui les suit presque les yeux fermés !
Alors perso, des tâches que je n’avais pas du tout envie de faire, dans les entreprises où j’ai bossé, ça représentait environ 99% de mon temps de présence. Ca s’appelle « travailler » ![]()
« Justement, le marché est noyé, donc on est « obligé » de diversifier, vu que si on sort qu’un seul titre qui marche pas, ben t’es niqué. »
Ca rappelle fichtrement la crise du jeu vidéo en 1983, quand les éditeurs sortaient plein plein de jeux pourris…
En effet. Tout comme l’inverse. Mais, du coup, sans surprise, on a bien plus de bons jeux qu’à l’époque où cent jeux sortaient par an. Beaucoup plus, même. Au point qu’on a inventé les « OK GameS » pour désigner des titres qui, il y a vingt ans, auraient été des tops.
Le souci est que ce n’est pas suffisant. Encore une fois, un bon jeu, ça n’existe pas. Et l’acheteur ne peut décider de le mettre parmi ses bons à lui que s’il est au moins au courant de son existence et ressent le besoin/envie de l’acheter.
Mais les daubes oui par contre !
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Moi j’ai joué le noble (?) et je ne le savais pas ![]()
Et trop de vie tue l’anchois.
Eva Green ?
C’est encore le cas actuellement, regarde Ubisoft et ses 30 000 licences.
Le truc c’est que sur les localisations, ben, on va sortir de bons jeux (enfin en tout cas, moi, oui) parce que les éditeurs (plus petits) de base, l’ont bossé bien plus longtemps que ce qu’on va le bosser (vu qu’on fait juste la trad et mise en page). On peut donc faire plein de localisations qui sont aussi des bons jeux relativement facilement.
D’ailleurs, j’irais même jusqu’à dire que maintenant y’a plus souvent des bons jeux que des mauvais qui sortent sur le marché par rapport à avant, car au vu du choix, si tu veux être compétitif, va falloir que tu sortes du lot soit par tes mécaniques, soit par ton graphisme, mais il faut à minima un peu des deux. Gloomhaven serait un tableau excel, il n’aurait pas connu le succès qu’il connait actuellement (malgré de très bonnes mécaniques).
Everdell non plus parce qu’Everdell révolutionne pas le jeu de société, mais il est très beau ET il est « efficace ».
Quelques exceptions à cette règle existent et existeront, comme par exemple Terraforming Mars qui me fait saigner des yeux. Mais bon. C’est un réflexe sain de ne pas compter que sur un seul « produit » quand tu montes une entreprise et que ton produit n°1 fonctionne.
Oh que non. Je préfère me passer d’un potentiel bon jeu que de soutenir un éditeur qui s’en bat les steaks de ses clients.
Si je dois finir par l’acheter, ce sera d’occasion afin que pas un centime ne finisse dans leur poche.

