Politique [sujet non modéré, Cwowd et ses modérateurs ne sauraient être tenus pour responsables de ce qui s'écrit ici]

Je lis, j’entends, des profs en longueur de journée, je lis aussi leurs revendications dans la presse, et la réalité c’est qu’il y a un manque de moyens, c’est vague dit comme ça, mais le fait est qu’iels n’arrivent pas toujours à faire leur travail dans des conditions acceptables.

Je me moque juste du « mantra », « le niveau baisse », les élèves du bac au XIXème siècle avaient un niveau en maths équivalent à des élèves d’école d’ingé aujourd’hui. Si on s’arrête à cette petite phrase sans explications, ça laisse à sourire. Les profs ont probablement des réponses de l’intérieur, mais ce qui serait intéressant d’avoir, c’est quelqu’un qui s’intéresse et s’y connait niveau raisons systémiques propres à cette « baisse de niveau ».

2 « J'aime »

En temps qu’enseignant-chercheur, fils de prof du secondaire et compagnon de prof du primaire je suis assez interloqué.

J’ai toujours entendu casser du sucre sur les prof, avec envie dans les années 80, mépris dans les années 2000.

Pour les EC je suis aussi assez interloqué. Perso le seul truc qui fait que j’ai le temps de zoner sur cwowd depuis 2-3 ans c’est l’absence de financements significatifs. Si j’avais de quoi bosser comme je veux, j’aurais zéro temps libre pour écrire ici (because le vrai temps libre c’est famille et JdS, ici c’est mon temps « mort »). Oui la liberté académique (mon cul) mais bon hein.

3 « J'aime »

C’était d’autant plus absurde de voir Macron dire aux chercheurs poussés dehors par Trump que la France serait une terre d’asile de la recherche alors que chez nous la recherche a plutôt la gueule dans le caniveau, d’après ce que je lis ici et là.

2 « J'aime »

Le problème c’est que suivant que tu es ici ou là tu as des réalités très (très très) différentes dans un même domaine de recherche. Il y a des laboratoires au niveau du top absolu à l’échelle internationale en France. Et pas juste un ou deux.

Mais les besoins en financement étant en croissance forte dans pas mal de secteurs, alors que les budgets ne bougent pas des caisses, la tendance (logique) est à concentrer au max. Donc de plus en plus de « pauvres ».

Ça coince très fort à ce sujet en ce moment même.

2 « J'aime »

Les chercheurs américains vont courir dans le sens inverse quand ils vont voir le niveau de salaire en France.

Tu as des exemples de secteurs en besoin de fort budget mais où ca ne suit pas ? Et là ou au contraire ça se passe plutôt bien ?

Tu sous entends que les classes populaires font baisser le niveau ?
Par ailleurs ta comparaison est totalement bancale : tu parles du XIX ème siècle. Alors allons-y : as-tu lu les programmes de la fin du XIX ème siècle ? Étudiait -on les théorèmes ? La périurbanisation ? La mondialisation ? Les systèmes politiques ? Les langues vivantes ? Les sciences physiques ? Un élève du XIX ème, tout aussi « bourgeois » qu’il etait pouvait-il expliquer en qq phrases le système solaire ? Définir un atome …
Bref cette comparaison ne tient pas la route.
Au certificat d’étude, fin XIX, tu avais des TP genre recette du pot-au-feu, travaux agricoles… L’AG et la démocratisation se sont accompagnés d’une élévation du niveau des élèves.
Bref, propos à l’emporte piece et au « doigt mouillé ».

1 « J'aime »

En tout cas ma femme, dans le primaire, bosse tous les soirs, tous les WE, et pendant les vacances.
Systématiquement.
Vu le temps de travail, le salaire, et la considération, ça fait des années que je l’encourage en vain à se réorienter…

3 « J'aime »

Je ne travaille pas sur le sujet des heures de travail effectif par profession, mais je fais des questionnaires parfois. Je sais (il y a une littérature dessus) que le déclaratif est souvent très biaisé notamment quand il y a des enjeux de désirabilité sociale, et cela même si c’est anonyme. Encore plus vrai ici car il y a aussi la nécessité pour la profession de monter qu’elle travaille beaucoup. A mon avis les résultats de cette enquête n’ont pas beaucoup de valeurs. Je ne peux tirer de conclusions sur le maigre échantillon des profs que je connais, mais ils sont bien plus proches des 30h hebdo que des 35 ou 40h.

Pour les Enseignants Chercheurs, et Chercheurs, la c’est plus difficile à évaluer. Car mon travail de bureau fait moins de 39h par semaine et c’est le cas d’à peu près tout le monde dans mon unité de recherche, mais il y a possibilité de travailler à la maison en faisant des mails, en trouvant des idées de recherche (moi ça m’arrive en faisant des balades avec le toutou).. Mais en tous les cas, je travaille nettement moins qu’un cadre et ça me va très bien. A noter que ça n’empêche pas d’avoir une production scientifique honnête (je suis passé DR). Mais je trouve qu’il y a parfois de l’hypocrisie sur le temps effectif de travail (valable aussi dans le privé). Si au lieu de s’enorgueillir de travailler plein d’heures on savait plus mettre en avant notre investissement hors du travail (jds, sports, asso…) je pense que ce serait mieux.

1 « J'aime »

Ah oui tu m’as pris premier degré, comme si c’était dans mon habitude d’attaquer les « classes populaires ». C’était évidemment pour montrer toute l’inanité de la phrase « le niveau baisse », si on s’arrête à la comparaison seule des « capacités des élèves » (pour ce que ça veut dire), on oublie qu’il y a des raisons contextuelles. Quand j’entends dire que le niveau baisse depuis 10-15 ans je réponds ironiquement en montrant que si on se base sur des critères centenaires, le niveau baisse depuis toujours.

Je sais que ces comparaisons ne tiennent pas pour plusieurs raisons. Mais il est parfois bien de rappeler que l’école est une structure mouvante et sensible à la casse, soumise aux affres de l’histoire. Je suis évidemment d’accord avec ce que tu ajoutes, aujourd’hui les programmes sont probablement beaucoup plus diversifiés.

1 « J'aime »

Petit souci de. Méthodologie, là. Ça peut baisser depuis 15 ans (je n’en sais rien) tout en ayant progressé depuis 100. Ou l’inverse.

Ça n’est pas étonnant vue que, dans nos modèles de société actuels, c’est le PIB qui compte. Tout ce qui n’y rentre pas est mal (pas ?) considéré. Ça rejoint toute la ritournelle actuelle disant que les Français doivent travailler plus, plus longtemps, etc.

2 « J'aime »

Ben. Tous. Ce n’est pas un problème de secteur, c’est un problème de concentration des moyens quasi constants face à des besoins globaux en croissance.

Donc sur un champ thématique donné tu vas avoir des équipes qui auront accès aux financements et d’autres non. Avec un effet win to win. Le pire c’est que c’est peut-être pas débile niveau innovation.

https://www.nature.com/articles/s41586-019-0941-9

A titre personnel je trouve le système actuel plutôt violent. Mais c’est pas mal lié à des considérations circonstancielles j’en ai conscience.

Lorsqu’on analyse sur le temps long l’évolution du niveau de scolarisation générale de la population, le décalage entre les discours sur le déclin de l’institution scolaire et la réalité est frappant. L’instauration de l’obligation scolaire à la veille de la Première Guerre mondiale (de même que l’interdiction du travail des enfants, rappelons-le), sa prolongation jusqu’à dix-huit ans dans les années 1980, ainsi que les mouvements de démocratisation à différents échelons du système éducatif qui les ont accompagnées, ont amené une proportion progressivement plus grande de la population à fréquenter l’école, et plus longtemps.

Ainsi, la qualité des savoirs acquis par l’ensemble de la population (et pas uniquement par celleux qui ont été scolarisé·es, ce qui modifie profondément le raisonnement) a connu des progrès considérables depuis le XIXe siècle. Néanmoins, l’accès grandissant à l’institution scolaire a engendré des défis majeurs et des changements profonds – plus souvent subis que voulus d’ailleurs – les pratiques des enseignant·es, les apprentissages des élèves et les savoirs qui sont enseignés.
En ce sens, la baisse avérée ces dernières décennies de la maitrise de certaines habiletés, par exemple en calcul ou en orthographe pour ne citer que des exemples emblématiques, ne contredit pas les progrès acquis depuis plus d’un siècle.

Elle ne permet pas plus de conclure que « le » niveau est en baisse de manière généralisée puisqu’elle porte sur certains apprentissages mais pas sur tous…

https://shs.cairn.info/revue-nouvelle-2023-8-page-45?lang=fr

Malheureusement je n’ai pas accès à l’article…

Faut demander à @Slymene , il a des accès partout.

Le niveau moyen des scolarisés baisse, celui de la population monte si je résume en une phrase ?

Zut, mauvais topic.

La massification scolaire a permis une démocratisation significative des « savoirs » au sein de la population générale, c’est indéniable, en moyenne les gens disposent de plus de savoirs « valorisables » et valorisés par l’école à notre époque qu’il y a 40, 50, 100 ans. Cela dit, en se focalisant essentiellement sur la baisse de niveau avérée en calculs et orthographe qui sont des compétences socialement très légitimées et qu’on a construite comme un « miroir » d’une prétendue baisse de niveau générale, en fait on biaise notre regard, puisque ça nous empêche de voir que d’autres apprentissages probablement moins valorisés (mais pas moins importants) existent mais on s’empêche de les considérer.

Quels sont ces savoirs valorisables et valorisés que les élèves ont en plus par rapport à il y a 10 ans par exemple ? ce n’est pas une question rethorique, je suis juste curieux de ce que tu mets derrière.

1 « J'aime »

Sauf que justement, faire plein d’heures n’est pas valorisé dans d’autres pays vivant dans le même modèle societal.