Tout est dans le « prétendre » je ne vais pas t’apprendre qu’on peut donner un vernis scientifique à un peu près n’importe quelle thèse. (Sans t’accuser ici de le faire ou accuser la sociologie de le faire en général).
En somme ce que l’on peut reprocher aux « sciences humaines » c’est d’être humaines justement, donc imparfaites et porteuses des mêmes failles.
Ok une paraphrase de Russel qu’Orwell a reprise à son compte. C’est pas loupé de peu!
« It is similar in meaning to Orwell’s line from Notes on Nationalism (1945):
« One has to belong to the intelligentsia to believe things like that: no ordinary man could be such a fool." » »
Le sens est le même.
Toutes les sciences sont construites et interprétées par des humains, oui même les mathématiques. Le procès en « humanité » fait aux SHS est produit par des gens, et je suis désolé de le dire, qui ne se sont jamais intéressé ni à l’histoire des sciences, ni à la sociologie/philosophie des sciences (qui sont des champs absolument passionnants).
En matière d’ironie, l’époque est généreuse. Les mêmes qui nous faisaient un procès pour incompétence sur le sujet de l’EN, nous disent maintenant qu’ils en savent plus en sociologie qu’une personne qui l’a étudiée. Et c’est nous qui sommes sectaires
Rien que cette phrase-là par exemple est un bon exemple de malhonnêteté intellectuelle.
Mais bon, la terre, elle, ne ment pas comme disait « un grand soldat » (askip).
Alors pour le coup tu as raison! C’est pour ça que je regrette d’avoir trollé.
Une nuance cependant: je ne fais pas la leçon à Bierre sur comment faire de la sociologie. Je lui fais part de mes réserves de néophyte concernant l’objectivité de ce champ de recherche. À aucun moment je prétends lui apprendre son métier, lui dire qu’il ne vit pas ce qu’il vit, que les études de sociologie devrait plutôt se faire de telle ou telle façon ou autre.
De même que je suis tout à fait prêt à admettre des critiques sur le possible manque d’objectivité de certains profs etc… bref les profs et l’Education Nationale, tout comme les sociologues et la sociologie ne sont pas au dessus de toute critique…
Non mais personne n’est objectif, personne, faut vraiment aller contre ça. Il faut tendre vers, essayer de faire des retours sur soi, sur son parcours, mais la neutralité n’existe pas. S’en persuader est le premier pas vers l’aveuglement.
Depuis le début je parle des sciences humaines. J’ai même précisé depuis le début que je ne parlais pas des sciences dites « dures » (oui je considère la médecine comme une science « dure »,) où les questions «d’objectivité » ne sont pas vraiment un sujet.
Même la technologie n’est pas forcément neutre. Un exemple tout bête, d’il y a quelques décennies : on s’est rendu compte que le papier argentique Kodak noir et blanc ne permettait pas de photographier sous de bonnes conditions les peaux noirs. Ce qui est logique puisqu’à l’origine cela a été conçu pour et par des blancs.
Donc vraiment, il faut vraiment manier le concept de neutralité avec prudence.
Je ne dis pas autre chose. D’où mes posts où j’émets des réserves (de néophyte) sur le fait qu’une science sociale qui décrirait le réel avec objectivité me semble impossible.
Mais personne n’a prétendu cela. Par contre, dire plus haut que la réalité personnelle, et la situation personnelle, permettent de tirer des généralités, je ne comprends même pourquoi je suis obligé d’expliquer en quoi c’est faux.
La frontière sciences « dures »/« molles » est quand même sacrément caduque depuis un petit moment…
Et c’est justement là ou tu te trompes, les médecins sont aux prises avec tout ça également. Il suffit de voir les désaccords de diagnostics parfois entre deux spécialistes.
Il me semble avoir lu quelque part que le diagnostic de la douleur n’était pas forcément le même selon que l’on avait affaire à un homme ou une femme, puisque qu’on considérait que les femmes (je crois) se plaignaient plus rapidement.
Je me contente de dire ce que j’ai lu. Sur le champ de la recherche la psychanalyse est pas mal remise en question, notamment sur l’absence de validation par les pairs, la reproductibilité des expériences, etc.
Toute l’histoire de la psychiatrie est traversée par des considérations idéologiques (son existence même par ailleurs). Je t’invite à voir comment Frantz Fanon (médecin psy) a transformé positivement son unité de psychiatrie en Algérie avec des méthodes de soin nouvelles qui allaient à l’encontre d’une psychiatrie plus punitive (qui faisait science à l’époque).
Tu prends l’exemple de la psychiatrie qui est un cas à part. Les diagnostics reposant essentiellement sur une capacité d’écoute, d’analyse et d’interprétation de récits de patients et de leurs comportements. Je te rejoins pour ce domaine mais j’avais plus en tête, quand tu parlais de différences de diagnostics, des cas de maladies physiques (et non pas mentales).
Il y a également un gros problème de prise en charge en fonction de l’origine du malade dans les hôpitaux. La douleur n’est pas exprimée de la même façon en fonction des cultures, ce qui a eu pour effet de produire des diagnostics à rebours, et a coûté la vie à beaucoup de gens.
A noter que des anthropologues bossent parfois en hôpitaux sur ces sujets qui sont très préoccupants pour la médecine occidentale.