Et c'est sans grand intérêt tant les hypothèses sont bien trop simplificatrices.
la démonstration repose sur l’identité de Kaya qui est fortement contestée (par le GIEC notmment) et au mieux capable de donner des ordres de grandeur. Le souci est qu'elle fait varier individuellement des facteurs qui sont liés.
Par exemple, le PIB/hab n'est pas juste une variable qui bouge mais la faire bouger modifie aussi toute la structure, la démographie, les investissements et la technologie etc. de sorte que baisser le PIB/hab en "gardant la technologie actuelle et la population constante" n'est pas réellement cohérent. Sur un plan comptable -et encore, un comptable peu regardant, ce serait mathématiquement possible. Dans la réalité, ça modifie l'ensemble des facteurs (surtout qu'il faudrait trouver le bouton magique 'y'aka diviser le PIB par trois'). Et il faudrait en plus imaginer que le changement d'échelle se fasse sans chaos, sans perturbation, dans un système constant, stable... LOL
Et ça repose sur des outils quand même bien bancals comme l’empreinte écologique par exemple. Les métaux ou la plus grande difficulté d'extraction, par exemple, ne sont pas intégrés.
à titre personnel, c'est plus la référence absolue au sacro-saint PIB qui me fait fuir toute démonstration de ce genre. Pour rappel, on n'a aucune littérature sur le coût en bien‑être de ce genre d'hypothèse (on connait parfaitement les limites du gain de PIB sur le bien-être mais absolument rien des effets d'une décroissance et encore moins d'une chute brutale).
et, enfin, je considère absurde de vouloir opposer les différentes stratégies. Toute stratégie climatique sérieuse doit mobiliser simultanément sobriété, travail sur la demande, innovation technique et évolution politique.
Et puis, la finalité quoi... La question n'est pas de savoir si bougie ou pas bougie mais comment pourrait-on maintenir le système complexe actuel en divisant par 3 le PIB. Sur un plan structurel, ce n'est probablement pas très différent de repasser à la bougie pour faire des saignées.
Maintenant, je le redis : vouloir revenir à la bougie est certes radical mais c'est une opinion entendable. Prétendre qu'on pourrait diviser le PIB par 3 sans que ça pose problème (parce qu'on ne reviendrait pas à la bougie), c'est naze.
