Et, là, tu as commencé à former un comité qui ne sera jamais d’accord pour rien, chacun poussant son domaine.
Donc, en fait, ce qu’il te faut, c’est un spécialiste de l’arbitrage.
Et, là, tu as commencé à former un comité qui ne sera jamais d’accord pour rien, chacun poussant son domaine.
Donc, en fait, ce qu’il te faut, c’est un spécialiste de l’arbitrage.
Exactement et ça peut être le rôle du politique, informé par les spécialistes.
C’est exactement ça ! Et le spécialiste de l’arbitrage, c’est qui ? Le politique. En tout cas, c’est son boulot.
Pour l’anecdote, , ça me rappelait deux thématiques dans mon labo portés par 2 directeurs de recherches, clairement des personnes pointues et reconnues dans leur domaine.
Sauf qu’un faisait de la catalyse à base d’Étain, tandis que l’autre en faisait à base de complexes de Fer. Un des composants est reconnu comme tres toxique (même à l’état de traces) tandis que l’autre non. Et il ne comprenait pas pourquoi, a chaque commission ANR, c’était l’autre projet qui était sélectionné et pas le sien. C’était un choix, de considérer qu’investir sur des composés chiant à retraiter n’était pas la bonne solution.
Tout choix est discutable, mais ça reste une décision.
Mais qu’est-ce qui fait le spécialiste dans le domaine de l’art ? Une formation ? Un diplôme ? Être soi-même artiste ?
Les mots spécialistes et experts, j’ai tendance (d’expérience) à m’en méfier énormément. Je dis ça dans le sens qu’un décideur public peut tout à fait l’être.
C’est généralement le rôle qu’il occupe, oui. Le problème étant qu’il sera ensuite jugé par des non spécialistes sur la valeur d’une décision qu’il prend en général après audition de spécialistes (directement ou indirectement, celui qui est visible est souvent la partie immergée d’un groupe). Ce qui pose donc le souci de la neutralité du politique et de ses choix qui sont aussi forcément dictés par son intérêt personnel (le jugement des non spécialistes prime sur celui des spécialistes).
Un politique, tel qu’actuellement élu, ne peut donc amha pas être un bon arbitre puisqu’on (nous, citoyens, qui jugeons a posteriori) ne le lui permet pas.
Est ce que c’est un mal ? Est le role de l’état de financer le lifestyle d’une partie des citoyens? Si un boulanger fait des baguettes que personne ne veut acheter, est-ce que l’état doit le soutenir et pour combien de temps ? Dans la même veine KS devrait donner des coups de pousses aux campagnes qui financent pas ?
La Nation ? Ou l’Etat ?
L’art enrichit une Nation. Tout autant (et bien plus) que nombre d’activités assujetties à la TVA. Et l’art fait aussi travailler des millions de personnes qui servent finalement au bien de tous.
(et résumer l’art à un style de vie semble excessivement réducteur…)
Fais gaffe parce qu’avec ce genre de raisonnement on arrive très vite à « et puis est-ce que c’est le rôle de l’état de payer l’école et les soins pour les gens qui ont pas réussi à gagner assez d’argent avec leur travail ? »
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Je vois pas le rapport.
Simple suggestion, pourquoi ne pas aussi demander l’avis aux usagers/habitants sur la future œuvre d’art ? Certes, c’est un peu populiste (hou le gros mot) mais après tout ils seront les principaux concernés.
Le mécénat privé j’ai aussi du mal, on voit ce que ça donne avec la « Fondation Pinault » et autres aspirateurs à fric qui ne servent qu’à l’évasion fiscale et s’acheter un statut. Sans parler de l’effet délétère sur la spéculation dans le monde de l’art contemporain. Il n’y a qu’à voir comment un guignol comme Jeff Koons a vu sa cote exploser grâce notamment à nos propres oligarques qui acquièrent ses « œuvres » et poussent ensuite au buzz histoire de faire monter les prix. The Gallerist mais dans la vie réelle.
Mais dans ce cas, tu transportes le problème de devoir plaire au plus grand nombre du politique à l’artiste. Reste-t-il artiste s’il se retrouve contraint d’exprimer la pensée du plus grand nombre, ou une pensée prisée du plus grand nombre, plutôt que la sienne, de pensée ?
C’est potentiellement pire : le politique peut se remettre d’un vote défavorable; voire tourner un choix impopulaire en sa faveur. L’artiste, ça me semble nettement plus difficile.
Surtout que j’ai l’impression que l’art et la culture de manière générale n’est absolument pas un aspect marquant/ important dans une élection. Dans un sens ou dans l’autre, j’ai l’impression que ca n’influe pas dans l’élection .
Est ce que quelqu’un a le temps que la culture a mobilisé lors de la dernière campagne présidentielle ?
Oui…0 % à quelques imprécisions prêt …
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Ah oui c’est un mal. Les artistes sont donc devenus inutiles ? On aurait besoin de l’expert comptable, du soudeur, du boulanger, du coiffeur, du vendeur de cigarettes électroniques, du community manager et coach en développement personnel, de l’infirmier… mais pas de l’artiste ?
D’abord, artiste, c’est pas un life style. Quand tu t’appelles Céline Dion, tu vis très bien. Quand tu es joueuse de balafon pour un orchestre local ou une asso, c’est autrement plus compliqué. Pareil pour les illustrateurs.
Ca n’a rien d’un life style ! C’est un taf comme un autre. Le boulanger, il a besoin d’un banquier pour lui prêter la somme dont il a besoin pour lancer son affaire. Un artiste a besoin de gens qui le font travailler, dans le public comme dans le privé. Mais entre nous, heureusement qu’il y a le public, sinon, ils ne bosseraient pas.
Et comme le dit Thierry, les artistes participent au développement culturel d’un pays et génèrent des revenus (techniciens, managers, gestionnaires, prestataires, salles d’expo, musée…).
Non, le boulanger a besoin que des gens lui achète sa production pour pouvoir vivre de son activité. Et si personne ne le fait, personne n’ira mobiliser l’argent public pour lui acheter son stock uniquement pour qu’il puisse en vivre.
Non, avant d’espérer pouvoir convaincre les gens d’acheter son pain, il lui faut du blé (
quel génie…).
Ensuite, il vendra son pain (ou tentera de le faire).
Mais concernant les artistes, si tu retires la capacité de l’Etat à pouvoir leur permettre d’obtenir des zones d’expression, je ne vois pas comment faire.
Par exemple, je suis en train d’organiser un festival en ce moment : on récupère 15k€ d’argent de la comcom pour proposer un festival entièrement gratuit sur 3 jours. On peut trouver ça scandaleux, mais à titre personnel, je ne peux pas demander un prêt à ma banque pour financer le festival, pas plus que je ne songe à faire payer les concerts aux citoyens (qui, du coup, à mon avis, ne viendraient pas ou trouveraient ça trop cher, parce que c’est bien connu qu’un musicien, il ne fait pas un « vrai » travail, c’est qu’un saltimbanque qui vit des aides de l’état et se la coule douce 8 mois sur 12).
Merci pour tes postes autrement plus argumentés et concis que je n’arriverais à le faire. Pour être en partie dans ce milieu (théâtre), effectivement certains intervenants de ce forum sont un peu à côté de la plaque s’ils estiment qu’« un artiste et un boulanger c pareil ».
Si on reprend le débat qui avait été fait plus haut sur l’utilité social des métiers et leur juste rémunération, certains auraient du souci à se faire. Et les éboueurs porteraient des Rollex.
Je conseille la lecture de ce livre, très instructive :
Le mec qui est en place de marché à l’agence france trésor, pour aider à financer les investissements publics ou tout simplement les politiques sociales. C’est un boulot de merde ou pas ?
J’en sais rien, à toi de me le dire.
Ce n’est pas mon propos. Je dis que si un richard veut se financer son musée perso, grand bien lui fasse et tant mieux pour les artistes retenus. Quand c’est avec l’argent de la communauté, ça me pose un problème que ça repose sur les goûts personnels d’un élu.
C’est exactement ce que j’ai écrit. Mais ni Ben ni Jeff Koons n’ont besoin du soutien de l’état.
Il y a plusieurs sources d’expertise en art : les études dans le domaine à l’université, la pratique personnelle reconnue, la participation à des associations de soutien, etc. Ce n’est pas aussi tranché que dans le domaine de la physique des tokamaks, mais il y a clairement des gens qui savent et des gens qui ne savent pas. Ça n’a pas beaucoup de lien avec le goût. Tu peux aimer ou pas certaines créations, ça ne fait pas de toi un expert du domaine.
Sauf que là tu parles d’un jury constitué par des pairs, pas par des politiques.
Cf au dessus. Ta liste contient des choses qui vont dans le bon sens, oui.
Certes. Ou pas.
On peut légitimement se poser la question pour l’opéra, par exemple, musique d’extrême niche qui touche de façon très largement majoritaire des gens aisés et qui est subventionnée de façon très importante (relativement au nombre d’opéras).
Historiquement c’est assez rarissime que le succès populaire soit un bon prédicteur de la tenu dans le temps des œuvres, il me semble.
Pinault est un bon curateur ou est très bien conseillé. Le soutien fiscal est scandaleux, en effet.