Selon vous, le jeu est-il toujours ludique?

Epreuve bac pro de français, 2022.

Vous avez 1D6 heures.

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Dire que beaucoup d’élèves ne connaissaient pas le mot « ludique ».

Le niveau s’abaisse de plus en plus…

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Selon vous, le jeu est-il toujours ludique?

Selon moi, oui.

J’ai bon?

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Basiquement

Que veut dire le mot ludique ? Le mot ludique s’emploie pour qualifier ce qui est relatif au jeu, à l’amusement. On emploie notamment ce mot quand on parle d’activités ludiques à faire avec des enfants. Par définition, un jeu est une activité ludique ; donc, parler de jeu ludique constitue un pléonasme.

Après on peut corser la chose :

A.− PHILOS., SC. HUM. Qui concerne le jeu en tant que secteur d’activité dont la motivation n’est pas l’action efficace sur la réalité mais la libre expression des tendances instinctives, sans aucun contrôle d’efficacité pragmatique.La conscience artistique semble réaliser un équilibre tourmenté et qualitativement unique entre les tendances introversives, ludiques, spectaculaires et le goût de la réalisation (Mounier, *Traité caract.,*1946, p. 392).Le symbolisme ludique peut (…) arriver à remplir la fonction de ce que serait pour un adulte le langage intérieur, mais (…) l’enfant a besoin d’un symbolisme plus direct qui lui permette de revivre cet événement (J. Piaget, B. Inhelder, *La Psychol. de l’enfant,*Paris, P.U.F., 1966, p. 48).

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Pour aller plus loin sur ce sujet, la définition communément admise de ludique est

« relatif au jeu »

Donc si on reformule le sujet en "selon vous, le jeu est-il toujours relatif au jeu?", on voit bien que c’est un sujet qui va vite tourner en rond.

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A mon sens la question porte sur l’emploi du mot « jeu ».

Parce que les pseudos jeux pour les entreprises, les formations, etc. méritent-ils cette appellation qui devraient être protégée ?

Je cite volontairement le Figaro, qu’est jamais le dernier à rappeler que c’était mieux avant :

« Je m’interroge. Le terme ludique est-il si courant en 2022 ? Je n’en suis pas convaincue », s’interroge alors Auphélie Ferreira, doctorante en Sciences du langage. La sociolinguiste, pour qui il est important de remettre l’église au milieu du village, le mot « ludique » ne fait tout bonnement pas partie du quotidien des lycéens : « Le vocabulaire a changé. Il ne recouvre pas les mêmes zones et les mêmes âges. »

Une question de génération et d’usages qui pousse notre doctorante à se poser une autre question. « Une personne âgée connait-elle le terme « disrupter » ? Ou « distanciel » ? Pour autant, dit-on de cette même personne âgée que son niveau de français dégringole ? ». La réponse est… non.

Et puis foi de sociologue, avant de faire une conclusion, il faut d’abord faire une recherche : « A ce jour il n’existe aucune étude qui compare le niveau de vocabulaire des jeunes de même profil sociodémographique sur différentes générations. » Pas d’étude, pas de constat. Voilà qui est clair.

Bien sûr ça n’est pas le seul avis, le reste de l’article est là : Bac 2022 : Face au mot « ludique », les lycéens en détresse ont-ils vraiment manqué de vocabulaire ?

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Selon vous, le sel est t-il toujours salé?
Selon vous, un globe est-il toujours rond?
Selon vous, Top Chef est-il toujours croquant-gourmand?
Selon vous, l’avis de Radho est-il toujours Amaaazing?
Selon vous, le forum de TT est-il toujours moribond?

Toutes ces évidences…

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Je ne suis pas d’accord avec le Figaro. Le nombre de fois où on dit que il faut faire tel ou tel cours de manière ludique sinon les élèves ne s’intéressent pas, je ne les compte plus

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Pas d’accord. Pour travailler justement dans un lycée, le niveau est incroyablement bas, surtout en bac pro. En français, en math, etc…

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Jeux de pouvoir, jeux de séduction, jeux de plaquettes de frein, jeu de l’oie, que des trucs qui n’ont rien à voir avec le fait de s’amuser…

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Lisez l’article, j’ai dit que j’avais choisi ma citation :wink:

Ça fait longtemps que t’as pas eu cours de philo toi :smiley:

Le freinage peut devenir extrêmement ludique avec le bon jeu de plaquettes (sensations fortes garanties)!

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Je pense qu’il faut élargir le sens de ludique à « amusant », « divertissant ».
Or certains jouent pour gagner, pas pour s’amuser ou se divertir. Il y a une dimension de domination sur l’autre dans la compétition qui peut annihiler toute notion de fun. Je crois qu’on a tous déjà fait une partie de jeu de plateau où on se faisait royalement chier (personnellement, j’en ai cumulé des parties de Catan où mes chiffres ne sortaient pas : bah c’était une plaie d’attendre la fin de partie).

Mais je crois surtout que l’énoncé aurait pu être mieux rédigé. Cette mode de vouloir des sujets de philo qui tiennent sur un post-it…

Oui, il est courant. C’est un mot qui n’a pas été inventé au début des années 2000, contrairement à l’usage de distanciel ou disruptif (qui font la joie et le bonheur des managers) et qu’on peut retrouver dans toute sorte de littérature (BD, romans, nouvelles…). Or si les jeunes ne lisent pas (ou plus) et que leur vocabulaire s’étiole, ça n’est pas la faute de l’enseignant ou de l’équipe qui rédige les sujets de philo.
S’ils ne veulent pas lire et avoir une maîtrise de leur langue digne d’un album de Jul, il n’y a aucun problème (à titre personnel, je m’en fous, chacun fait bien ce qu’il veut). Par contre, derrière cela, il ne faut pas jeter la pierre à celui qui utilise un vocabulaire plus riche en lui prétextant que c’est trop intellectuel. C’est un sujet de philo quand même. On n’imaginerait pas une épreuve de bac en mathématiques en disant « ah par contre, on n’a pas mis trop de chiffres parce que bon, c’est pas évident de s’y retrouver aujourd’hui pour les jeunes avec tous ces chiffres ».

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Elément de réponse comme ils disent à la TV :

Étymologie : du latin ludus (jeu).

Et toujours pour revenir au sujet en lui-même, j’aurais trouvé plus pertinent un sujet type « le jeu est-il toujours désintéressé », ou « le jeu est-il toujours amusant ».

Bon ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’il ne s’agit pas d’un sujet de philo mais de français. La question en elle-même n’a pas d’intérêt (la réponse non plus d’ailleurs), c’est l’aisance, l’articulation et la clarté de la réponse qui est notée (sans parler de l’orthographe, la grammaire et la lisibilité de l’écriture).
Et la richesse du vocabulaire, d’où le fait que ne pas comprendre ludique est logiquement un handicap.

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Au temps pour moi, j’avais amalgamé.

Je pense que le mot ludique est à mettre en opposition à d’autres synonymes comme plaisant, amusant, intéressant voir à des anglicismes plus utilisés dans notre monde geek comme « fun ».

Dans ce cas, ludique à plus une connotation familiale, de partage ou permettant de faire société autour d’une activité.
Les autres synonymes ayant une connotation plus individualiste, lié à une sensation.

Aprés, je suis peut-être completement à coté de la plaque, étant un vieux « con » avec uniquement un BEPC comme niveau d’instruction. :wink::laughing:

OSS 117 à Essen:
« monsieur, tout ce qui est ludique n’est pas forcément un jeu »
« Oui je connais cette théorie »

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Ancien ne veut pas dire courant.
« Vitupérer » est repéré au XVIIème siècle et pourtant…

Je cite un autre article du Figaro, étudiant cette fois :

Domitille Rivière, professeur de français, explique: «Connaître un mot et savoir l’employer est différent de le comprendre sans l’utiliser» . Elle poursuit: «un élève de 17 ans ne se sert pas de ce terme au quotidien, il parle plutôt de quelque chose de “fun”, d’autant que dans ces conditions, il manque souvent de confiance en lui, et le stress de l’épreuve joue aussi» . L’enseignante tempère néanmoins: «Un jeune de cet âge est malgré tout censé maîtriser ce mot, surtout que le texte de Leïla Slimani donnait de nombreux indices. Un élève qui avait bien compris le texte se trouvait parfaitement en mesure de répondre».

Parce que justement,

Apparemment le texte à étudier donnait pas mal d’éléments de contexte, qui auraient dû aider à comprendre le terme.
Donc il y a aussi un problème d’analyse et de compréhension manifestement.

Après, ne vous trompez pas sur mes intentions, moi aussi je trouve ça très regrettable que les jeunes ne connaissent pas ce mot qui à moi aussi me paraît ultra-courant (bon, forcément hein), et je ne suis pas en train de dire que c’est normal de ne pas le connaître.
Je dis que ça n’est pas très surprenant :wink:

Y a qu’à voir :

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