Jeux en financement participatif : la revue de la semaine (26 avril 2021)

Avec un emploi du temps qui laissait peu de place à l’écriture (et encore moins à la mise en relation de neurones), j’étais persuadé que la revue serait décalée au mardi. Au mieux. Et puis j’ai réalisé que cette semaine était quasiment dépourvue de projets se terminant.

Quelques seconds couteaux. Et un gros truc qui doit aussi figurer parmi les nouveautés, saletés de campagnes de dix jours. Mais à propos duquel je n’ai aucune envie de dire du bien. D’ailleurs, s’il n’y avait pas, potentiellement, 20.000 souscripteurs… j’aurais même plutôt envie de l’ignorer.

Cette semaine sera donc plus axée projets à venir.

Ils se terminent

Hippocrates

Se termine le vendredi 30 avril à 16h. Jeu en français.
La page KS. On en discute.

Alain Orban est venu nous inciter à aimer son nouveau bébé. Mais peu doutaient de l’intérêt ludique de l’objet rien qu’à voir son nom sur la boîte. Celui ne vous dit rien ? Le monsieur a tout de même son nom au générique de quelques jeux qui ne sont pas passés inaperçu : Troyes, Black Angel, Tournay…

Après ses jolis bébés pondus en compagnie de ses compères Sébastien Dujardin et Xavier Georges, on le retrouve cette fois seul aux manettes. Chez Game Brewer (plutôt que Pearl Games) qui est un habitué de ce genre de jeu « expert mais pas trop ».

Ne vous attendez donc pas à la profondeur de certains de ses précédents titres. Mais vous retrouverez la patte du monsieur au service d’un thème original : l’aube de la médecine en plein siècle de Périclès et la gestion du premier « hôpital » de l’histoire (enfin, dont l’histoire a conservé une trace).


La campagne enregistre des chiffres conformes aux précédents projets de l’éditeur (entre trois et quatre milliers de souscripteurs en fin de parcours). Malgré un thème qui, en ce moment, aurait plutôt tendance à repousser les gens (bonne idée de le plonger dans l’antiquité plutôt que l’actualité avec déjà de nombreux jeux qui s’y frottent). Et une version Deluxe qui manque un peu de glamour, de raisons de succomber tout de suite plutôt que d’attendre la sortie boutique.

Du coup… gros coup de mou parmi les membres. Le jeu est de toute évidence pétri de qualités. Et, sous des apparences classiques, se révèle plutôt novateur avec de la pose de tuiles permettant d’enchaîner les actions. Bénéficie du savoir-faire de Game Brewer. Mais la tendance est plutôt au « je verrai en boutique ». Où je le vois bien cartonner.


En ce moment chez Philibert


Monster Hunter World

Se termine le vendredi 30 avril à 19h.
La page KS. On en discute.

Ce n’est un secret pour personne que les jeux à licence ne font pas appel à notre sens critique. Mais à l’affect. Aux souvenirs. Le vieux fan de Star Wars que je suis a cessé de se mentir depuis longtemps : notre attachement à ces univers est irrationnel. Deux mots sur un jeu, un livre ou… ou peu importe l’objet, on a dégainé la CB.

S’il y en a un autre qui l’a bien compris, c’est Steamforged Games. Ce n’est plus, non plus, un secret : l’éditeur a de très bon titres à son catalogue (Guild Ball, Godtear). Tous développés « maison ». Et une floppée de bouses, toutes dérivées d’univers sous licence (Dark Souls, Resident Evil 2, Horizon Zero Dawn).

Par bouse, il faut entendre : si le titre ne replongeait pas les joueurs dans un univers auquel ils sont attachés émotionnellement, personne ne se donnerait la peine d’y jouer. Et encore moins de se retrouver entre fans pour travailler des règles qui font le job. Parce que Steamforged ne s’embête jamais à faire ce qui justifie qu’un éditeur fasse des bénéficies : son travail éditorial.

Quand on pledge un de leurs jeux à licence, on achète en réalité du fan service : des illustrations, des figs plutôt réussies et un jeu reprenant plus ou moins l’esprit du jeu vidéo d’origine (puisque c’est leur fond de commerce).


Sans me risquer, celui-ci sera comme les précédents. Un plateau, des figs (grosses), des jetons et des dés pour se bastonner. Avec des règles sans grand intérêt qui suffiront pour une soirée occasionnelle entre fans de. Mais un bon jeu ? Probablement pas. Autant ne pas s’y attendre.

Si vous êtes fan au point de juger que l’objet vaut la somme demandée (avec le risque de complétisme qui guette le fanboy -le premier niveau de pledge n’existe évidemment que pour le marketing), que l’aspect ludique est secondaire ou que vous souhaitiez jouer avec des amateurs de la licence peu habitués aux jeux de plateau, oubliez tout ce que j’ai écrit : ce KS est pour vous.

Si vous cherchez un jeu avec un peu de profondeur, de choix, cherchez encore. Ou ailleurs; il y a eu Primal: The Awakening il n’y a pas si longtemps, par exemple. Probablement meilleur; plus « joueurs », certainement.


PS : je sais. Tu n’es pas d’accord. Tu trouves que xxx est un excellent jeu. C’est même un de tes préférés. Je compatis mais cela n’en fera pas un bon jeu.



Bone to Pick. Un jeu de cartes semi-coopératif contre des morts-vivants. Pas traduit. Et avec TVA en plus. Beaucoup de raisons pour expliquer qu’on a à peine noté son existence. Se termine le mercredi 28 avril à 15h. On en discute


Empyreal: Far Corners. Le reprint d’un excellent jeu de trains signé Level 99, plus connu pour
Millennium Blades, BattleCON et Argent: The Consortium qui partage le même univers. S’il était en français, il aurait été tout en haut de cette revue, ne serait-ce que pour l’originalité de l’univers qui tranche avec la monotonie pseudo-réaliste des jeux à wagons. Se termine le jeudi 29 à 19h44. On en discute


Deluxe Board Game Train Sets. Wow! à la découverte de ces répliques de trains pour pimper comme un ouf les jeux en utilisant (Aventuriers du Rail, 18XX… peu importe). Phase de rationalisation « dommage de proposer que des locos et aucun wagon, ça fait bizarre un train de locos »; et si on partageait les pledges. Soufflé qui redescend doucement. Tout de même déjà plus de 4000 souscripteurs, ce genre d’initiative ne manque pas de clients potentiels. Se termine le vendredi 29 avril à minuit. On en discute


En ce moment chez Philibert


Au programme des jours à venir


Ce lundi, donc il y a quelques heures pour vous, Alley Cat a lancé le successeur de Dice Hospital, Dice Theme Park. Deux jeux à base de dés à placer mais exploitant des mécaniques bien différentes. Et pas de panique, l’éditeur est peut-être au niveau zéro de la recherche de noms mais sait faire des jeux intéressant (comme l’excellent Dice Hospital). Jeu en français, la traduction est assurée par Super Meeple (comme le précédent).


Mardi, les francophones fans de cyberpunk ont rendez-vous avec Cyber Odyssey de The Red Joker. Ce n’est pas le seul steampunk du moment/annoncé, il y aurait même comme un regain d’activité dans cet univers^^. Ce n’est pas le mien mais il me semble réunir tous les traceurs du genre… même sans la licence. On manque par contre encore beaucoup d’information sur un gameplay qui semble néanmoins plutôt touffu.


Dans un genre bien différent, Renegade Games lancera My Father’s Work. Et bonne nouvelle, une version française sera proposée pendant le Kickstarter (par Origames). Ce qui semblait nécessaire vu que ce jeu, qui nous invite à diriger des familles de savants fous au bord du gouffre de génération en génération fait la part belle au texte.

Mécaniquement, de la pose d’ouvriers avec spécialités mais le jeu va bien au-delà avec des scénarios à embranchements multiples, des intrigues, des remises à zéro lors de changement de génération, des secrets à découvrir et transmettre etc. Le tout dans l’atmosphère gothique victorienne qui convient.

Un mélange intriguant. Très différent. A mon avis le projet à suivre cette semaine (Dice Theme Park, il y a des dés et le précédent était à mon avis excellent donc zéro réflexion; toujours pour moi^^).


Mantic nous proposera des extensions et une « suite » à son Hellboy. Un coop à figs qui avait séduit mais finalement pas fait tant de bruit que cela après livraison. Et pourtant… il y avait du bon. Peut-être une bonne occasion de plonger avec les nouvelles aventures annoncées.


Kolossal Games ne fait pas vraiment dans l’original avec son prochain jeu de cartes Lost Empires. De la SF très classique, du titre aux images (mais la boîte s’en sort bien). Par curiosité. Histoire de peut-être avoir une bonne surprise au niveaud es mécaniques (?). Et parce que la version française est confirmée.


On terminera avec l’inévitable MOBA (en fait, ça faisait un moment qu’on n’en avait pas vu, non ?). Signé cette fois Gunmeister Games et Creature Caster, spécialiste de la figurine haut de gamme : Judgement.


Mercredi, les français de The Freaky 42, déjà passé par KS pour des projets au style pas banal (Crazy Farmers and the Clôtures Electriques, Zombie A Social Club), reviendront avec Gare aux Relous. Rien que le titre est une promesse même si ce petit jeu de carte semble plus « sage » (visuellement en tout cas) que les précédents.


Et ce sera tout pour aujourd’hui. Retrouvez les projets sur Kickstarter depuis une semaine dans la seconde partie de l’article [clic ici].

N’oubliez pas que backer, c’est bien. Jouer, c’est encore mieux.


Notre partenaire d’avril

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